Juste après Thriller (1982), Michael Jackson continue d’impacter le monde avec son nouvel album Bad, sorti en 1987. Une nouvelle playlist de morceaux populaires avec notamment la présence de Smooth Criminal ou Man in the Mirror.

Bad fait écho à l’un des titres de son précédent album : Beat It, retrouvant alors le milieu de « Bad Boys ». On le sait, Michael s’entoure des plus grands : John Landis pour Thriller (1984) Francis Ford Coppola pour Captain Eo (1986) et ni plus ni moins que Martin Scorsese, bien habitué du milieu des gangsters, pour réaliser le court-métrage du clip Bad. Même si les ventes de l’album est divisées par deux, par rapport à celles de Thriller, il réussit néanmoins à largement honorer l’image du génie de la pop.

Spoilers

JOUER LE JEU POUR SE FAIRE COMPRENDRE

Martin Scorsese met en scène un récit simple d’écolier retrouvant sa bande d’amis, peu fréquentable, composée notamment d’un nouvel acteur encore méconnu : Wesley Snipes. Il avait alors seulement joué dans ses quatre premiers films dans les années 80, dont ce court-métrage aux côtés de Michael Jackson et Martin Scorsese.

Une couleur froide, bleue presque grisâtre, accompagnée par un rythme lent, cadré de manière rudimentaire, comme si Darryl (Jackson) était cloisonné dans son cadre, soumis à la pression de ses « amis ». C’est alors que la deuxième partie prend place. La couleur arrive afin de donner de l’éclat à l’image ainsi qu’à la modulation du caractère et évidemment du rythme. Darryl troque le long manteau pour faire face au froid contre le mythique blouson en cuir noir aux manches retroussées. Son premier mouvement fait démarrer la musique, désormais c’est lui qui contrôle ce qui se passe. La caméra devient alors mobile aidant à glorifier la confiance et l’aura de l’artiste enrichie par les chorégraphies groupées, avec certains pas tirés de la danse classique ou de la comédie musicale s’inscrivant dans la légende de son interprète.

Le message : (selon mon interprétation) serait que le groupe a honte de son ami en l’accablant, car il n’est plus celui qu’il était. Il n’est plus un méchant. Darryl rentre alors dans leur jeu en devenant un Bad iconique pour pouvoir leur faire comprendre qu’ils ne peuvent plus être ensemble même s’ils s’apprécient.

Michael Jackson – Film Bad

Le dernier plan est une transition entre « les deux mondes » revenant à une forme de réalité, de calme, sans oublier que la tempête peut réapparaître à tout moment.