Plus de dix ans après L’Etrange Noël de M. Jack (1994), grandement créé par Tim Burton sans être crédité en tant que réalisateur au profit d’un autre grand nom de l’animation : Henry Selick, Les Noces Funèbres, cette fois dirigé par Mike Johnson, mais surtout en co-réalisation avec Tim Burton, même si on a l’impression que ces deux métrages proviennent intégralement de l’imaginaire de ce dernier. Pour sûr, les deux œuvres vivent à travers deux mondes opposés, façonnés par le stop-motion accompagnés par les chansons régie par Danny Elfman. L’objectif est de pouvoir réunir, en amenant soit Noël dans un univers d’Halloween dans L’Etrange Noël de M. Jack soit l’union entre un vivant et une défunte dans Les Noces Funèbres.

Spoilers

LES HUMAINS SONT MONSTRUEUX

Victor (Johnny Depp) issu d’un milieu opposé à celui de Victoria (Emily Watson), va pourtant se marier avec elle, même s’ils ne se connaissent pas. Les parents des futurs mariés veulent unir non pas une relation amoureuse, mais une collaboration entre deux partis. Le duo de cinéastes imagine une ambiance sombre, froide, presque en noir et blanc pour représenter le monde des vivants. Seule la lumière bleue de la lune semble émettre une lumière « rassurante », mais cela reste tout de même un éclairage codifié par le genre horrifique.

Les parents de Victor sont opportunistes. Ils ne pensent pas au bonheur de leur fils ainsi que les parents de Victoria, propriétaires d’un manoir gothique aussi froid et malveillant que la colorimétrie du monde des vivants. De plus, l’antagoniste au-delà de la problématique principale d’Emily (Helena Bonham Carter) de pouvoir s’unir avec Victor et vice-versa, est le meurtrier et manipulateur Barkis interprété par Richard E. Grant.

LES MORTS SONT ATTACHANTS

Tout comme La légende de Manolo (2014) et Coco (2017), le personnage arpente deux mondes parallèles, en se retrouvant dans celui des morts alors qu’il est toujours vivant. Tim Burton dépeint alors une thématique qui va l’accompagner tout au long de sa carrière : celle de trouver réconfort dans l’horreur et la mort. En effet, ses monstres ont une image comique, bien aidé par la comédie musicale présentant, par exemple des squelettes musiciens pleins d’énergie, contrastant avec le jolie thème : « Victor’s Piano Solo » de Danny Elfman. Ensuite, l’image dans l’univers des morts est plus colorés, plus lumineux que celui des vivants, ce qui est paradoxale, mais pour cette œuvre et ce qu’elle raconte, tout-à-fait logique. Les Noces funèbres est donc l’une des pierre à l’édifice de Tim Burton pour parfaire son monde imaginaire de monstres pour accueillir les humains. L’un des premiers à poser les bases est d’ailleurs le court-métrage Vincent (1982). Petit clin d’œil à ce film de six minutes, avec Finis (Albert Finney) le père de Victoria qui confond le nom de Victor avec celui de Vincent, qui ressemble d’ailleurs à Victor, de par ses grands yeux ronds, sa peau pâle et sa forme de visage plutôt similaire.

Film Vincent

Finalement, c’est avec maturité que ce conte gothique s’achève en rendant certes le mariage entre Emily et Victor impossible, mais en laissant derrière eux, quelque chose d’ancré dans l’émotion : celui d’une union par le souvenir.

Copyright Warner Bros. France Film Les Noces funèbres