Plus fort que moi aborde un sujet méconnu des années 1980-1990. Le nom du syndrome appelé : Gilles de la Tourette va devenir connu par son nom, ainsi que par son fonctionnement, mais toujours assez méconnu par la souffrance ainsi que par les conséquences que ces troubles vont engendrer. C’est donc dans les années 1980 que John Davidson découvre ses spasmes moteurs, terrifié par l’incompréhension de ce qui lui arrive. Ce personnage est interprété par Robert Aramayo récompensé logiquement par le BAFTA du meilleur acteur en 2026.

Spoilers

DES IMPULSIONS CONTRAIGNANTES

Le film prend place en Écosse. Là où soudainement, en plein cours, John ressent des anomalies dans sa diction lors d’une lecture entendue par sa professeure ainsi que par ses camarades de classe. C’est alors que ses tics vont venir s’immiscer dans sa famille. Ces contractions bouleversent le quotidien de John, pourtant voué à « réussir dans la perfection » : un cadre scolaire intransigeant, une famille modèle, et un talent pour défendre ses cages, comme ce penalty arrêté qui va lui permettre de saisir une opportunité professionnelle. Cependant, il ne pourra pas présenter son portentiel en raison des conséquences de son problème neurologique (son proviseur qui le frappe à la main avec un ceinturon, ne pouvant donc s’en servir pour arrêter les frappes de ses adversaires).

Cette souffrance, John va la ressentir, tout d’abord par le fait de ne pas pouvoir contrôler ce qu’il fait ainsi que ce qu’il dit, mais aussi par la souffrance qu’il va attirer alors qu’il n’est pas responsable de ses troubles. De plus, la souffrance de John passe aussi par la famille amenant à la culpabilité de voir son père partir, fuyant la situation et d’une mère dépassée par la maladie de son fils en déétresse, n’ayant pas les bons mots ainsi que la bonne méthode pour l’accompagner.

UNE NOUVELLE FAMILLE, POUR UNE NOUVELLE VIE

C’est alors que John va faire la connaissance de Dottie (Maxine Peake), la mère de son ami Murray (Francesco Piacentini-Smith). Dottie traverse une situation de santé alarmante, mais elle va faire le choix de s’occuper de ce garçon préférant l’aider que de voir sa vie défiler sans pouvoir faire quelque chose d’utile avant qu’elle se termine. Travaillant anciennement dans un hôpital psychiatrique, elle a une approche beaucoup plus compréhensive et accompagnatrice que sa mère. C’est l’une des raisons pour laquelle Dottie décide d’héberger John et de l’aider comme un fils, créant une safe-place pour ce dernier, de par ce nouvel environnement, sans délaisser l’importance de sa mère qui ne peut plus réellement s’en occuper.

L’un des outils que va alors imposer Dottie à John, pour son bien, est : d’arrêter de s’excuser de dire des vulgarités ou d’avoir des gestes incontrôlables. Cela va être un moment clé, car combattre des troubles neurologiques ne va pas résoudre la situation et encore moins soulager le syndrome : l’une des solutions pour que John puisse progresser dans son développement, c’est de laisser passer, d’ignorer ses pensées qui lui pourrissent sa vie.

Copyright Graeme Hunter Film Plus fort que moi

Plus fort que moi met en lumière une maladie, ayant comme spécificité d’être très contraignante en société. En effet, le syndrome de Gilles de la Tourette n’était pas reconnu comme une maladie auprès de la justice. Tommy (Peter Mullan), un personnage important dans l’entourage de John, émet le non-sens de ne pas reconnaître le syndrome en prenant l’exemple d’un aveugle rentrant dans un bar, bousculant quelqu’un et qui n’aura logiquement pas de poursuite judiciaires ; alors pourquoi un individu qui ne peut s’empêcher de dire des obscénités devrait se faire juger dans un tribunal ?

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Ensuite, le film illustre l’évolution par la future guérison de cette maladie incurable par le biais d’un dispositif orné autour du poignet, permettant de fortement atténuer les troubles, comme le présente cette scène touchante dans la bibliothèque montrant John ému par les effets miraculeux dus à ce progrès médical révolutionnaire.

John va alors faire de sa souffrance une force, pour pouvoir accompagner ceux qui, tout comme lui ne comprenaient pas comment leurs cerveaux fonctionnent. Il va alors faire de cette minorité une majorité en sensibilisant les non-porteurs de la maladie tout en aidant ceux qui la contractent. Une mission de vie nécessaire et honorable qui sera récompensée en 2019 par la Reine d’Angleterre en personne, et qui aujourd’hui traverse le grand écran à travers une grande qualité par l’authenticité de cette souffrance visant à enseigner et à nous sensibiliser au syndrome de Gilles de la Tourette.