
I’ll Be gone in June a concouru dans la sélection « Un certain regard » du festival de Cannes 2026. Même s’il n’a pas remporté de prix, le film traite néanmoins d’un sujet qui contraste avec une certaine idée reçue, surtout avec une actualité creusant davantage son pays dans une anxiété générale : celle de ces étrangers voulant vivre le fameux rêve américain. Seulement, Est-ce que l’atteinte de cet objectif relève du rêve ?
–Spoilers–
L’ANTITHÈSE AMÉRICAINE
Franny (Naomi Cosma) est une adolescente allemande qui se rend dans le Nouveau-Mexique pour pouvoir découvrir les États-Unis. Seulement, dès son arrivée la sécheresse du décor aride et désertique annonce déjà d’une indication qui ne fait pas forcément paradisiaque.
Mais très vite, Franny va découvrir et apprendre ce qui constitue le climat anxiogène américain : la police présente dans des établissements scolaires, l’apprentissage des armes, les violences sexuelles, avant la grande rupture du pays devenant encore plus stricte, accentuant fortement la peur et la paranoïa en raison des attentats du 11 septembre 2001 des tours jumelles du World Trade Center à New York impactant considérablement les esprits des citoyens en s’attaquant à leur sécurité et donc à leur liberté.
Un triste marqueur historique qui va humainement alimenter la vengeance des américains présente et partagé à l’école à des étudiants par un professeur en énonçant des termes semant le drame tels que la conquête et donc, la vengeance. Cela éloigne les mentalités d’une résolution vers la paix. S’en suivent alors les conséquences de cette accumulation négative causant alors les troubles ainsi que les maladies mentaux telles que la dépression chez l’enfance et l’adolescence avec, par exemple, celle du personnage d’Elliott (David Flores), aux airs de Johnny Depp dans les années 1990, qui est la personnification des névroses américaines par son profond mal-être.
D’ailleurs une phrase poétique mais lourde de sens émise par ce dernier à Franny, permet de nous rendre compte que venir aux États-Unis n’est pas gage d’entrée vers l’accomplissement et l’épanouissement : « Pourquoi est-ce que quelqu’un de la lune voudrait venir ici ?«

UN DÉCOR LIBÉRATEUR
I’ll be gone in June est produit entre autre par Wim Wenders. On ressent, en effet, du Paris, Texas (1984) dans cette œuvre, par le décor désertique et aride permettant d’isoler le personnage. Ici, cette surface sèche ainsi que la météo apportent, malgré les traces du premier essai de la bombe atomique précédant l’attaque dévastatrice au Japon lors de la Seconde Guerre mondiale qui est d’ailleurs le résultat d’une vengeance américaine, le grand bol d’air frais permettant d’enfin respirer à travers l’air toxique omniprésente des problématiques américaines.
Franny va pouvoir crier, danser en toute liberté à travers une imagerie très esthétique en lumière naturelle afin de façonner ce cocon onirique aussi beau que poétique, avant de se terminer par cette pluie qui tombe enfin sur ce sol sec rafraîchissant la chaleur, comme un espoir apaisant les esprits.
I’ll be gone in June est une œuvre qui mérite d’être considérée grâce à sa manière de démystifier le rêve américain sans dénaturer l’expérience du voyage en ayant toutefois un regard engagé sur les différents constituants des tourments d’une nation que nous allons parcourir dans le cadre de la réalisatrice russe Katharina Rivilis empruntant les yeux étranger de l’allemande Franny qui va-elle même filmer ce témoignage américain via son caméscope.




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