🇫🇷 Simon Abkarian
Acteur
Française
Détails
- Naissance :
- (Gonesse, France)
- Âge :
- 64 ans
- Carrière :
- Depuis 1984 (42 ans)
Simon Abkarian est un acteur, dramaturge et metteur en scène français d’origine arménienne, né le 5 mars 1962 à Gonesse. Après une jeunesse passée notamment au Liban et une formation aux États-Unis, il rejoint le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine en 1985. Récompensé par le Molière du comédien en 2001 pour Une bête sur la lune, il développe parallèlement une carrière au cinéma auprès de Cédric Klapisch, Atom Egoyan, Sally Potter et Robert Guédiguian. Il apparaît notamment dans Ararat, Casino Royale, L’Armée du crime et Le Procès de Viviane Amsalem, ainsi que dans la série Kaboul Kitchen. Auteur et metteur en scène d’Électre des bas-fonds, distingué par trois Molières en 2020, il incarne Charles de Gaulle dans le diptyque d’Antonin Baudry sorti en 2026.
Biographie complète
Acteur de cinéma, de télévision et de théâtre, Simon Abkarian est également dramaturge et metteur en scène. Né le 5 mars 1962 à Gonesse, dans une famille d’origine arménienne, il construit son parcours entre la France, le Liban et les États-Unis. Son apprentissage passe par la danse, les compagnies de théâtre et le travail collectif, avant une longue collaboration avec Ariane Mnouchkine. Cette formation scénique précède ses premiers tournages et demeure une composante essentielle de son activité, jusque dans les années où le cinéma et les séries élargissent considérablement son public.
Son parcours associe des collaborations avec Cédric Klapisch, Atom Egoyan, Sally Potter, Ronit et Shlomi Elkabetz ou Robert Guédiguian, ainsi que des participations à des productions internationales comme Casino Royale. Sur scène, la reconnaissance de l’interprète, récompensé en 2001 pour Une bête sur la lune, se prolonge par celle de l’auteur et du metteur en scène d’Électre des bas-fonds. Ces différentes activités se développent parallèlement : sa présence à l’écran ne remplace jamais durablement son travail théâtral.
Une enfance entre la France et le Liban
Simon Abkarian passe une partie de son enfance et de son adolescence au Liban, où sa famille s’installe en 1971. Il y fréquente une école arménienne et poursuit un apprentissage dans lequel plusieurs langues et cultures se rencontrent. La notice de l’association culturelle Hamazkayin situe son retour à Paris en 1977. Cette chronologie permet de distinguer les déplacements de sa jeunesse de ses débuts professionnels : son retour en France à quinze ans ne constitue pas, à lui seul, une preuve de commencement de carrière.
La danse occupe une place dans sa formation avant son installation durable dans le métier d’acteur. Au Liban, il apprend notamment des danses du Caucase. Il poursuit ensuite son apprentissage à New York, dans l’institution Antranik, puis séjourne à Los Angeles. Son parcours ne suit donc pas uniquement la voie d’une école dramatique française : il se forme au contact de pratiques corporelles, de traditions culturelles et de groupes de travail différents.
Les premières expériences américaines et la rencontre avec le Théâtre du Soleil
Entre 1983 et 1985, Simon Abkarian étudie le jeu et rejoint à Los Angeles la compagnie arménienne Artavazd, dirigée par Gérald Papasian. Ses premières participations théâtrales datées comprennent, en 1984, Dangerous Corner de J. B. Priestley et Much Ado About Nothing de William Shakespeare. Ces engagements précèdent de plusieurs années ses premiers rôles de cinéma.
Un stage consacré aux masques de la commedia dell’arte, dirigé par Georges Bigot à Los Angeles, prépare sa rencontre avec le Théâtre du Soleil. En 1985, il revient en France et rejoint la troupe d’Ariane Mnouchkine. Il participe notamment à L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge et à L’Indiade ou l’Inde de leurs rêves, d’Hélène Cixous, puis au cycle des Atrides, composé de textes d’Euripide et d’Eschyle. Cette collaboration se poursuit pendant environ huit ans.
Le passage au cinéma et la fidélité à Cédric Klapisch
Le cinéma entre dans son parcours à la fin des années 1980. Cédric Klapisch le fait tourner dans le court métrage Ce qui me meut, en 1989, puis dans plusieurs de ses films. Abkarian apparaît dans Riens du tout, en 1992, et dans Poisson rouge, en 1994. En 1996, il interprète Carlos dans Chacun cherche son chat. Cette succession de collaborations accompagne son installation progressive à l’écran, alors qu’il possède déjà une expérience de troupe et de répertoire.
Il retrouve Klapisch dans Ni pour, ni contre (bien au contraire), sorti en 2003, puis, bien plus tard, dans Deux moi, où il joue l’épicier Mansour. Entre ces retrouvailles, il travaille notamment avec Xavier Durringer dans J’irai au paradis car l’enfer est ici et Marie Vermillard dans Lila Lili. Sa filmographie commence ainsi à se diversifier entre personnages secondaires, rôles de premier plan et productions de dimensions différentes.
Une reconnaissance théâtrale avec Une bête sur la lune
En 2001, Simon Abkarian reçoit le Molière du comédien pour Une bête sur la lune, de Richard Kalinoski, dans la mise en scène d’Irina Brook. La pièce aborde la reconstruction d’une existence après le génocide des Arméniens. La même cérémonie récompense également Corinne Jaber, sa partenaire, avec le Molière de la comédienne. Cette reconnaissance intervient avant plusieurs des films qui feront connaître Abkarian à un public international.
La distinction éclaire une dimension parfois moins visible de sa carrière : avant d’être identifié à des personnages de policiers, de criminels ou de chefs militaires, il est un interprète de théâtre dont le travail se déploie dans des écritures et des dispositifs variés. Le succès d’Une bête sur la lune appartient à cette trajectoire scénique autonome, qui se poursuivra conjointement à ses engagements au cinéma.
Ararat et la question de la mémoire
En 2002, Atom Egoyan lui confie le rôle du peintre Arshile Gorky dans Ararat. Le film articule plusieurs époques et plusieurs niveaux de récit autour du génocide des Arméniens, de sa transmission et de sa représentation par le cinéma. Le personnage de Gorky inscrit Abkarian dans une œuvre où l’activité artistique entretient un rapport direct avec la mémoire familiale et historique. Sa participation à ce projet constitue également une étape dans l’internationalisation de sa carrière.
Abkarian a décrit concrètement la préparation de ce rôle dans un entretien accordé en 2005 à Peter Canavese. Déjà intéressé par l’œuvre de Gorky, il travaille avec des peintres pour apprendre à tenir et à manier les pinceaux. Il souligne aussi l’importance d’accepter les indications du réalisateur et de construire une conversation avec lui. Ce témoignage permet de documenter sa méthode sans lui attribuer une doctrine générale : pour ce personnage peu verbal, la préparation passe notamment par l’acquisition de gestes précis.
Sally Potter et l’expérience de Yes
Avec Yes, Simon Abkarian tient face à Joan Allen un rôle central dans un film anglophone de Sally Potter. L’œuvre suit une relation amoureuse traversée par les différences culturelles, l’exil et les déséquilibres sociaux. Sa singularité tient aussi à l’emploi de dialogues versifiés. Pour l’acteur, le projet implique donc un travail de langue et de rythme particulièrement lié à la forme choisie par la cinéaste.
Dans son entretien de 2005, Abkarian explique que sa rencontre avec Potter précède ce long métrage et que leurs échanges portent notamment sur un projet théâtral lié aux femmes de Troie. Il évoque ensuite l’évolution d’un premier travail court vers Yes et l’approfondissement de son anglais au cours de cette collaboration. À propos du personnage, il insiste sur la nécessité de lui donner une existence individuelle, au-delà des significations culturelles ou symboliques que le récit peut lui associer.
De Ronit Elkabetz à Casino Royale
La collaboration avec Ronit et Shlomi Elkabetz représente un autre ensemble important de sa carrière. Il participe à Prendre femme, puis aux Sept jours, avant de retrouver Ronit Elkabetz dans Le Procès de Viviane Amsalem, sorti en France en 2014. Ce dernier film clôt la trilogie centrée sur Viviane et son combat pour son émancipation. Abkarian y incarne Elisha, son mari, dont le refus du divorce entretient la procédure devant un tribunal rabbinique.
Ce rôle s’inscrit dans un dispositif resserré, organisé autour des audiences, des témoignages et de l’opposition entre les époux. Il appartient à un registre très différent de celui de Casino Royale, réalisé par Martin Campbell en 2006, où Abkarian joue Alex Dimitrios face à Daniel Craig. La présence de ces deux films dans son parcours illustre l’écart des formats auxquels il participe : un drame de chambre consacré à une lutte conjugale et institutionnelle, et une production d’espionnage destinée à une diffusion mondiale.
Robert Guédiguian et l’incarnation de Missak Manouchian
Dans L’Armée du crime, sorti en septembre 2009, Robert Guédiguian lui confie Missak Manouchian. Le film retrace l’engagement de résistants étrangers dans la France occupée et replace leur combat dans le contexte de la répression menée par les autorités allemandes et leurs collaborateurs. Virginie Ledoyen interprète Mélinée Manouchian. Le personnage joué par Abkarian associe la figure du poète à celle de l’organisateur d’un groupe engagé dans la lutte clandestine.
Le film est présenté hors compétition au Festival de Cannes en 2009. Abkarian retrouve ensuite Guédiguian pour Une histoire de fou, présenté en séance spéciale à Cannes en 2015. Ces deux participations prolongent une filmographie dans laquelle l’histoire arménienne rencontre régulièrement des questions de transmission, d’exil et d’engagement. Elles ne résument toutefois pas l’ensemble de ses choix : il continue parallèlement à travailler dans la comédie, le cinéma de genre et la télévision.
La télévision et le personnage du colonel Amanullah
Simon Abkarian développe également une activité suivie dans les séries. Il apparaît dans la production britannique MI-5, puis dans Pigalle, la nuit. Avec Kaboul Kitchen, diffusée sur Canal+ à partir de 2012, il incarne le colonel Amanullah. Le personnage participe au ressort comique d’une série organisée autour d’un établissement fréquenté par des expatriés en Afghanistan, dans lequel les arrangements locaux et les rapports de force compliquent les projets des protagonistes.
La première saison compte douze épisodes et met notamment en scène Gilbert Melki dans le rôle de Jacky. Amanullah intervient dans les difficultés quotidiennes de ce dernier, avec des solutions dont les conséquences peuvent devenir plus inquiétantes que le problème initial. Ce cadre permet à Abkarian de développer un personnage récurrent dans un registre comique, à distance de ses incarnations historiques. Il poursuit ensuite son activité télévisuelle avec, entre autres, Malaterra et Notre-Dame, la part du feu.
Une œuvre d’auteur nourrie par le théâtre antique
À côté de son activité d’interprète, Abkarian construit un travail de mise en scène puis une œuvre dramatique personnelle. Il monte notamment Peines d’amour perdues, L’Ultime Chant de Troie et Titus Andronicus. En 2008, il écrit et met en scène Pénélope, ô Pénélope, présenté au Théâtre national de Chaillot. Suivent Le Dernier Jour du jeûne et L’Envol des cigognes. Il anime également des stages et enseigne l’improvisation au Conservatoire national supérieur d’art dramatique entre 2002 et 2004.
Avec Ménélas rebétiko rapsodie, il reprend une figure de la guerre de Troie à travers l’expérience de l’abandon amoureux. La reprise présentée à l’Épée de Bois en 2024 associe son interprétation à la musique rébétiko. Le récit se concentre sur la plainte de Ménélas après le départ d’Hélène, déplaçant l’attention de l’affrontement militaire vers une parole intime.
Électre des bas-fonds et les Molières de 2020
Créé en 2019 au Théâtre du Soleil, Électre des bas-fonds revisite le mythe des Atrides en plaçant une large communauté féminine au centre du spectacle. La pièce fait intervenir des Troyennes réduites à la prostitution après la guerre et situe l’action dans les quartiers pauvres d’Argos. Le déplacement concerne donc à la fois le lieu d’où l’histoire est racontée et les personnages auxquels la parole est donnée.
Le spectacle associe théâtre, danse et musique, avec la participation du groupe Howlin’ Jaws. Porté par la Compagnie des Cinq Roues, il réunit une distribution nombreuse, dans laquelle Abkarian joue lui-même. Cette forme collective constitue une composante concrète du projet : l’œuvre ne repose pas uniquement sur le face-à-face des membres de la famille des Atrides, mais aussi sur la présence d’un groupe dont les voix et les corps participent au récit.
En 2020, Électre des bas-fonds remporte trois Molières : celui du théâtre public, celui de l’auteur francophone vivant et celui du metteur en scène d’un spectacle de théâtre public. Ces prix distinguent le spectacle et deux aspects du travail personnel d’Abkarian. Ils prolongent, près de vingt ans après son Molière d’interprétation, une reconnaissance qui concerne désormais aussi son écriture et sa direction scénique.
Hélène, Ménélas et les créations des années 2020
Son exploration du cycle troyen se poursuit avec Hélène après la chute, puis Nos âmes se reconnaîtront-elles ?, présenté aux Amandiers en 2025. Ce dernier spectacle réunit Marie-Sophie Ferdane et Simon Abkarian autour des retrouvailles d’Hélène et de Ménélas après la destruction de Troie. La pièce prolonge les deux voix déjà abordées séparément dans les œuvres précédentes et les confronte dans un même espace dramatique.
Le Quatrième Mur : le théâtre confronté à la guerre
Sorti en France le 15 janvier 2025, Le Quatrième Mur, de David Oelhoffen, donne à Abkarian le rôle de Marwan, aux côtés de Laurent Lafitte et Manal Issa. L’action se déroule au Liban en 1982 et suit un projet de représentation d’Antigone réunissant des interprètes issus de camps politiques et religieux opposés. Marwan accompagne Georges dans une ville et un conflit que celui-ci connaît mal.
Le film rapproche ainsi plusieurs éléments présents dans le parcours de l’acteur : le Liban, le théâtre et la guerre. Ce rapprochement reste celui d’une œuvre de fiction, dont le personnage ne se confond pas avec son interprète. Il constitue néanmoins une nouvelle occasion pour Abkarian de participer à un récit où la pratique artistique est mise à l’épreuve par une situation historique violente.
Incarner Charles de Gaulle en 2026
En 2026, Simon Abkarian interprète Charles de Gaulle dans le diptyque d’Antonin Baudry La Bataille de Gaulle, composé de L’Âge de fer et de J’écris ton nom. Le premier volet figure dans la sélection hors compétition du Festival de Cannes 2026. À la date de septembre 2026, il ne s’agit plus uniquement d’un projet annoncé : les deux films ont fait l’objet d’une exploitation en salles.
Dans un témoignage publié par Le Monde, l’acteur décrit une préparation associant consultation d’archives, recherche de la posture et travail de la voix. Il distingue cette démarche d’une simple reproduction extérieure du personnage. La transformation physique accompagne une recherche conduite avec le réalisateur à partir du scénario et de la situation historique représentée.
Transmission, engagements et continuité du travail
L’activité publique de Simon Abkarian comprend un soutien à des initiatives liées à la culture et aux causes arméniennes. Hamazkayin mentionne sa participation à des manifestations caritatives et culturelles. Cet engagement appartient à un parcours dans lequel l’histoire arménienne est présente à travers plusieurs rôles, sans constituer le sujet exclusif de son travail.
La diversité des œuvres auxquelles il participe demeure visible dans ses activités récentes : interprétation de figures historiques, travail d’auteur dramatique, reprises de spectacles et nouvelles collaborations cinématographiques. En septembre 2026, sa carrière se poursuit au cinéma comme au théâtre, avec le diptyque consacré à de Gaulle et les créations qui prolongent son exploration des personnages antiques.
Célèbre pour (2)
Interprétations (2)
La Bataille de Gaulle – Partie 2 : J’écris ton nom (2026)
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La Bataille de Gaulle – Partie 1 : L’Âge de fer (2026)
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