Antonin Baudry
Réalisateur, Scénariste
Française
Détails
- Naissance :
- (Paris, France)
- Âge :
- 51 ans
- Carrière :
- Depuis 2013 (13 ans)
Antonin Baudry est un réalisateur et scénariste français né le 6 mai 1975 à Paris. Ancien élève de l’École polytechnique et de l’École normale supérieure, il mène d’abord une carrière diplomatique, notamment auprès de Dominique de Villepin puis dans les services culturels français en Espagne et aux États-Unis. Sous le pseudonyme d’Abel Lanzac, il écrit avec Christophe Blain la bande dessinée Quai d’Orsay, dont le second tome reçoit le Fauve d’or à Angoulême en 2013. Il cosigne ensuite avec Blain et Bertrand Tavernier l’adaptation cinématographique de l’œuvre. En 2019, il réalise et écrit Le Chant du loup, son premier long métrage. Il revient en 2026 avec le diptyque historique La Bataille de Gaulle, dont L’Âge de fer est présenté hors compétition au Festival de Cannes.
Biographie complète
Réalisateur et scénariste français né le 6 mai 1975 à Paris, Antonin Baudry possède un parcours singulier qui relie grandes écoles, diplomatie, bande dessinée et cinéma. Polytechnicien puis élève de l’École normale supérieure, il travaille plusieurs années au cœur de la diplomatie française, notamment auprès de Dominique de Villepin, avant d’occuper des fonctions culturelles dans les ambassades de France en Espagne puis aux États-Unis. Cette expérience nourrit Quai d’Orsay, bande dessinée écrite sous le pseudonyme d’Abel Lanzac avec Christophe Blain et récompensée au Festival d’Angoulême. Il participe ensuite avec Blain et Bertrand Tavernier à l’adaptation cinématographique de l’œuvre. En 2019, il réalise son premier long métrage, Le Chant du loup, thriller consacré à l’univers des sous-marins nucléaires. Après plusieurs années de préparation, il revient au cinéma en 2026 avec La Bataille de Gaulle, diptyque historique consacré au général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale, dont le premier volet, L’Âge de fer, est présenté hors compétition au Festival de Cannes.
Naissance à Paris et formation entre sciences et lettres
Antonin Baudry naît le 6 mai 1975 à Paris. Son parcours académique se distingue par une double orientation scientifique et littéraire. Il intègre l’École polytechnique en 1994, avant de poursuivre également des études à l’École normale supérieure. Il y étudie notamment la littérature et la philosophie et appartient à la promotion Lettres 1998. Cette combinaison entre formation scientifique, culture littéraire et intérêt pour les arts constitue l’une des caractéristiques de son parcours avant même son entrée dans la diplomatie.
Baudry s’intéresse également très tôt au cinéma. Sa formation comprend un DEA en études cinématographiques. Pourtant, il ne choisit pas immédiatement la réalisation comme métier. Il expliquera plus tard avoir été marqué par des cinéastes dont l’œuvre lui semblait nourrie par une expérience concrète du monde et avoir lui-même souhaité acquérir cette expérience avant de passer derrière une caméra.
Son parcours professionnel commence donc loin des plateaux de tournage. Il rejoint l’administration française et s’oriente vers la diplomatie, domaine dans lequel sa formation et son intérêt pour les questions internationales trouvent un premier débouché. Les années qui suivent vont lui donner une connaissance directe des institutions, des négociations internationales et du fonctionnement quotidien du pouvoir politique, expérience qui deviendra ensuite la matière de son premier grand travail d’auteur.
Au cœur de la diplomatie française
Au début des années 2000, Antonin Baudry travaille auprès de Dominique de Villepin. Il exerce notamment des fonctions de conseiller lorsque celui-ci occupe des responsabilités gouvernementales. Cette période le place au contact direct des mécanismes de décision politique et diplomatique, dans un contexte international marqué notamment par la crise irakienne.
Son expérience auprès de Villepin lui permet d’observer de l’intérieur le fonctionnement d’un cabinet ministériel : préparation des dossiers, rédaction de discours, rapports entre conseillers, administration et responsables politiques, déplacements et négociations internationales. Plusieurs années plus tard, ces observations seront transformées en fiction dans Quai d’Orsay.
Baudry poursuit sa carrière diplomatique à l’étranger. En 2006, il devient conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France en Espagne. Il rejoint ensuite les États-Unis et exerce entre 2010 et 2014 comme conseiller culturel de l’ambassade de France à New York. Ses fonctions sont alors consacrées aux relations culturelles entre la France et les États-Unis.
À New York, il participe notamment au développement d’initiatives destinées à renforcer la présence de la culture et de la pensée françaises aux États-Unis. Il est associé à la création d’Albertine, librairie et espace culturel francophone installé sur la Cinquième Avenue dans les locaux des services culturels de l’ambassade de France. Ouverte en 2014, Albertine devient également un lieu de débats et de rencontres entre auteurs, intellectuels et artistes français et américains.
Abel Lanzac et la naissance de Quai d’Orsay
Alors qu’il poursuit encore sa carrière diplomatique, Antonin Baudry commence à transformer son expérience institutionnelle en matière narrative. Il s’associe au dessinateur et auteur Christophe Blain pour créer Quai d’Orsay : Chroniques diplomatiques. Baudry utilise alors le pseudonyme d’Abel Lanzac, sous lequel il demeure dans un premier temps anonyme.
Le premier volume paraît en 2010 chez Dargaud, suivi d’un second en 2011. La bande dessinée raconte l’arrivée d’Arthur Vlaminck, jeune conseiller chargé du langage au cabinet du ministre des Affaires étrangères Alexandre Taillard de Vorms. Le personnage du ministre est directement nourri de l’expérience de Baudry auprès de Dominique de Villepin, tandis que le fonctionnement du cabinet et les situations diplomatiques sont inspirés de ce qu’il a lui-même observé.
L’œuvre ne constitue toutefois pas une transcription documentaire de son passage au ministère. Baudry et Blain transforment les personnes, les situations et les mécanismes institutionnels en personnages et en séquences de fiction. La bande dessinée s’intéresse autant au rythme du travail, aux rapports humains et à la fabrication du discours politique qu’aux questions diplomatiques elles-mêmes.
Le premier tome reçoit notamment le Grand Prix RTL de la bande dessinée en 2010 et le prix Saint-Michel du meilleur album francophone. Le deuxième volume connaît à son tour une importante reconnaissance et obtient en 2013 le Fauve d’or du meilleur album au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Il reçoit également le prix Micheluzzi de la meilleure bande dessinée étrangère.
C’est au moment de cette reconnaissance à Angoulême qu’Antonin Baudry révèle publiquement qu’il se cache derrière le pseudonyme d’Abel Lanzac. Son identité d’auteur rejoint alors son parcours de diplomate, jusque-là volontairement séparé de la publication de la bande dessinée.
De la bande dessinée au scénario de cinéma
Le succès de Quai d’Orsay conduit rapidement à un projet d’adaptation cinématographique. Bertrand Tavernier réalise le film, sorti en France en 2013, avec Thierry Lhermitte dans le rôle du ministre Alexandre Taillard de Vorms et Raphaël Personnaz dans celui d’Arthur Vlaminck. Niels Arestrup, Julie Gayet, Anaïs Demoustier et Bruno Raffaelli figurent également dans la distribution.
Antonin Baudry participe directement à l’adaptation de son œuvre. Il cosigne le scénario avec Christophe Blain et Bertrand Tavernier. Cette collaboration constitue son premier crédit cinématographique attesté comme scénariste et marque donc le début de sa carrière professionnelle dans le cinéma en 2013.
Le passage de la bande dessinée à l’écran implique de repenser une matière initialement organisée autour du dessin, du rythme des cases et de situations inspirées de l’expérience administrative. Le film conserve les personnages et l’univers de l’œuvre tout en construisant sa propre dynamique cinématographique. Pour Baudry, le projet constitue surtout une première expérience concrète de la fabrication d’un long métrage aux côtés d’un réalisateur expérimenté.
Le scénario de Quai d’Orsay reçoit le prix du meilleur scénario au Festival international du film de Saint-Sébastien en 2013. Antonin Baudry, Christophe Blain et Bertrand Tavernier sont également nommés au César de la meilleure adaptation en 2014. Cette étape rapproche davantage Baudry du cinéma, sans qu’il abandonne immédiatement ses responsabilités dans la diplomatie culturelle.
Diplomatie culturelle et Institut français
Après ses années aux États-Unis, Antonin Baudry poursuit brièvement son parcours institutionnel au plus haut niveau de la diplomatie culturelle française. En janvier 2015, il est nommé ambassadeur chargé de la culture française et président exécutif de l’Institut français, succédant à Xavier Darcos.
Son passage à la tête de l’institution est cependant bref. Quelques mois après sa nomination, il quitte ses fonctions afin de poursuivre des projets personnels. Cette décision intervient à un moment où son activité d’auteur s’est déjà imposée grâce à Quai d’Orsay et où son intérêt ancien pour le cinéma peut désormais prendre une place centrale.
En 2016, il préside le jury du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, trois ans après l’obtention du Fauve d’or pour le second tome de Quai d’Orsay. Son parcours demeure alors encore situé à la croisée de plusieurs univers : diplomatie, institutions culturelles, bande dessinée et cinéma.
Le passage à la réalisation
Antonin Baudry se tourne ensuite pleinement vers la réalisation. Pour son premier long métrage, il choisit un univers rarement représenté avec cette ampleur dans le cinéma français : celui des sous-marins nucléaires et de la dissuasion. Le projet devient Le Chant du loup.
Baudry écrit lui-même le scénario original et entreprend un important travail de documentation. Le film s’intéresse aux procédures militaires, à l’acoustique sous-marine, aux chaînes de commandement et aux mécanismes de la dissuasion nucléaire. L’enjeu consiste à transformer cet univers technique en matière cinématographique compréhensible sans supprimer la précision nécessaire au récit.
Cette méthode rejoint certains aspects de son travail sur Quai d’Orsay. Dans les deux cas, Baudry part d’un système professionnel ou institutionnel régi par son propre langage, ses règles et ses procédures. Le cinéma lui permet toutefois de développer une approche différente, fondée cette fois sur le son, le montage, l’espace et la tension dramatique.
Le Chant du loup
Sorti en 2019, Le Chant du loup réunit François Civil, Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassovitz et Paula Beer. François Civil interprète Chanteraide, jeune analyste en guerre acoustique doté d’une capacité exceptionnelle à identifier les sons sous-marins. L’intrigue se développe autour d’une erreur d’identification susceptible d’avoir des conséquences majeures dans le contexte de la dissuasion nucléaire française.
Le titre désigne le bruit produit par le sonar actif d’un sous-marin. Cette importance accordée au son structure directement la mise en scène. L’univers sous-marin impose en effet aux personnages d’interpréter ce qu’ils entendent plutôt que ce qu’ils voient : la perception acoustique devient une source d’information, de doute et de décision.
Pour son premier long métrage, Baudry travaille ainsi sur un cinéma où la précision technique participe directement au suspense. Les procédures de commandement, la communication entre bâtiments et la question de l’identification acoustique ne sont pas seulement utilisées comme décor : elles organisent la progression dramatique du film.
Le Chant du loup constitue une étape décisive dans son parcours. Après avoir participé au scénario de Quai d’Orsay, Baudry est désormais à la fois auteur et réalisateur de son propre long métrage. Le film lui permet de s’établir professionnellement comme cinéaste après une carrière commencée dans la diplomatie.
Réception et distinctions du premier film
Le Chant du loup rencontre un important public en France et bénéficie d’une large exposition. Lors de la 45e cérémonie des César, organisée en 2020, le film obtient plusieurs nominations. Antonin Baudry est notamment nommé au César du meilleur premier film.
Le César du meilleur son est attribué à Nicolas Cantin, Thomas Desjonquères, Raphaël Mouterde, Olivier Goinard et Randy Thom. Cette distinction est particulièrement cohérente avec la conception d’un film dont l’univers dramatique repose largement sur l’écoute et sur la restitution acoustique du monde sous-marin.
La réussite de ce premier long métrage confirme le changement professionnel amorcé quelques années plus tôt. Baudry n’est plus seulement un ancien diplomate devenu auteur de bande dessinée et scénariste : la réalisation devient désormais l’un des axes principaux de son activité.
Un long travail avant le retour au cinéma
Après Le Chant du loup, Antonin Baudry ne réalise pas immédiatement un deuxième film. Son retour au cinéma prend la forme d’un projet d’une ampleur considérable consacré à Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le cinéaste entreprend un travail de documentation historique destiné à reconstituer non seulement les grands événements politiques et militaires, mais aussi les mécanismes de décision et les rapports entre les acteurs français, britanniques et américains de la période. Le projet finit par prendre la forme de deux longs métrages complémentaires réunis sous le titre La Bataille de Gaulle.
Cette entreprise retrouve plusieurs thèmes déjà présents dans son parcours : la décision politique en situation de crise, la diplomatie, les rapports de force internationaux, les institutions et la manière dont des individus doivent agir à l’intérieur de systèmes complexes. Mais le cadre n’est plus celui d’une fiction contemporaine ou d’une satire inspirée de son expérience personnelle. Baudry s’appuie cette fois sur des événements historiques et sur une documentation consacrée à la France libre et à la Seconde Guerre mondiale.
La Bataille de Gaulle : un diptyque historique
La Bataille de Gaulle est conçu comme un diptyque. Le premier volet porte le titre La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer et le second La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom. Antonin Baudry assure la réalisation et participe à l’écriture des deux films.
Simon Abkarian incarne Charles de Gaulle. Autour de lui, le projet rassemble une vaste distribution française et internationale comprenant notamment Simon Russell Beale, Benoît Magimel, Anamaria Vartolomei, Niels Schneider, Karim Leklou, Tom Mison, Campbell Scott, Daniel Betts, Mathieu Kassovitz et plusieurs autres interprètes.
Le choix de construire deux films permet à Baudry de traiter une période historique dont les événements se déploient sur plusieurs années et plusieurs territoires. Le récit traverse la France, le Royaume-Uni et différents espaces liés à la France libre, tout en accordant une place importante aux relations entre de Gaulle et les dirigeants alliés.
L’Âge de fer et le Festival de Cannes 2026
Le premier volet, La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer, est sélectionné hors compétition au Festival de Cannes 2026. Il s’agit de la première sélection d’un film d’Antonin Baudry au Festival de Cannes.
Le film prend pour point de départ l’effondrement français de juin 1940. Alors que l’armistice est engagé, Charles de Gaulle gagne Londres et tente de poursuivre le combat. Le récit s’intéresse à la construction progressive d’une légitimité politique et militaire alors que le général dispose initialement de moyens extrêmement limités.
Le film est présenté à Cannes en mai 2026 puis sort dans les salles françaises le 3 juin 2026. Sa durée annoncée par le Festival de Cannes est de 160 minutes. Le projet constitue ainsi un changement d’échelle considérable par rapport au Chant du loup, tant par son ampleur historique que par le nombre de personnages, de lieux et de situations politiques représentés.
J’écris ton nom et l’achèvement du diptyque
Le second volet, La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom, poursuit le récit de la France libre et du parcours de Charles de Gaulle pendant la guerre. Il est conçu dès l’origine comme la seconde partie du même ensemble cinématographique plutôt que comme une suite développée après le premier film.
Les deux volets permettent à Baudry d’aborder les différentes dimensions du parcours gaullien pendant le conflit : relations avec Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt, construction politique de la France libre, engagement des résistants et des militaires, rapports avec les territoires français et évolution progressive de la position de de Gaulle auprès des Alliés.
Avec ce diptyque, le réalisateur retrouve à une échelle historique les questions de pouvoir qu’il avait observées directement durant sa carrière diplomatique. Il ne transpose cependant plus son expérience personnelle comme dans Quai d’Orsay : il s’appuie sur des travaux historiques et sur une importante documentation afin de construire sa représentation des événements.
Une méthode fondée sur l’immersion et la documentation
Les différents projets d’Antonin Baudry montrent une attention récurrente aux milieux professionnels et institutionnels. Cette caractéristique est directement perceptible dans Quai d’Orsay, dont la matière provient de son expérience au ministère des Affaires étrangères. Elle se retrouve ensuite dans Le Chant du loup, dont la crédibilité repose en partie sur l’apprentissage des procédures et du vocabulaire propres aux sous-mariniers, puis dans La Bataille de Gaulle, construit à partir d’une importante documentation historique.
Baudry a expliqué à plusieurs reprises son intérêt pour la réalité concrète des lieux de décision. Son expérience diplomatique lui a notamment appris que les grandes décisions historiques ou politiques se construisent dans des espaces de travail occupés par des individus soumis à des contraintes, des rapports hiérarchiques et des incertitudes. Cette observation nourrit son approche narrative sans signifier que ses films doivent être considérés comme des restitutions documentaires.
Son parcours scientifique joue également un rôle dans son rapport aux sujets techniques. Le Chant du loup mobilise des notions liées à l’acoustique, à la stratégie nucléaire et aux systèmes militaires, tandis que sa formation littéraire accompagne son intérêt pour le dialogue, l’écriture et les récits historiques. Ces différentes dimensions de sa formation se rencontrent dans une œuvre cinématographique encore resserrée en nombre de films mais développée autour de projets particulièrement documentés.
La diplomatie comme expérience du récit
La carrière diplomatique d’Antonin Baudry ne constitue pas seulement une première vie professionnelle séparée de son travail artistique. Elle fournit directement la matière de Quai d’Orsay et influence plus largement son intérêt pour les mécanismes de décision, les rapports entre individus et institutions et la circulation de l’information.
Dans la bande dessinée puis dans son adaptation cinématographique, l’écriture d’un discours devient ainsi une action dramatique à part entière. Les conseillers débattent de formulations, les événements internationaux modifient en permanence les priorités et le langage politique devient un instrument d’action. Le fonctionnement interne d’un ministère, rarement placé au centre d’une fiction, constitue la matière principale du récit.
Avec La Bataille de Gaulle, Baudry retrouve les relations diplomatiques à travers des personnages historiques. Les rapports entre de Gaulle, Churchill, Roosevelt et les différents représentants des Alliés constituent une partie essentielle du contexte dans lequel la France libre doit trouver sa place. Le cinéaste aborde donc à nouveau des négociations internationales, mais cette fois dans un cadre historique qu’il n’a évidemment pas vécu et qui nécessite une reconstruction fondée sur les sources.
De l’écriture dessinée à la mise en scène
Le passage de la bande dessinée au cinéma constitue une autre continuité importante du parcours d’Antonin Baudry. Avec Christophe Blain, il apprend à organiser une histoire à travers des séquences, des personnages et un rythme visuel. L’adaptation de Quai d’Orsay avec Bertrand Tavernier lui permet ensuite de participer à la transformation de cette matière en scénario de cinéma.
Cette expérience précède directement son travail de réalisateur. Dans Le Chant du loup, Baudry écrit un scénario original conçu pour exploiter les possibilités propres au cinéma, en particulier le son. La mise en scène doit rendre perceptible un environnement sous-marin dont une grande partie des informations échappe au regard. Le film repose ainsi sur un rapport entre ce qui est entendu, interprété et finalement décidé par les personnages.
La Bataille de Gaulle lui impose un autre type de construction. L’enjeu consiste cette fois à organiser une grande quantité de personnages, de lieux et d’événements historiques tout en conservant une progression dramatique. Le choix du diptyque répond notamment à l’ampleur de cette matière.
Distinctions dans la bande dessinée et le cinéma
Avant même de devenir réalisateur, Antonin Baudry reçoit plusieurs distinctions importantes comme auteur de bande dessinée. Le premier tome de Quai d’Orsay obtient notamment le Grand Prix RTL de la bande dessinée et le prix Saint-Michel du meilleur album francophone en 2010. Le second tome reçoit en 2013 le Fauve d’or du meilleur album au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême ainsi que le prix Micheluzzi de la meilleure bande dessinée étrangère.
Son passage au cinéma lui apporte également plusieurs reconnaissances. Pour l’adaptation de Quai d’Orsay, il partage avec Christophe Blain et Bertrand Tavernier le prix du meilleur scénario au Festival international du film de Saint-Sébastien en 2013. Le trio est ensuite nommé au César de la meilleure adaptation en 2014.
En 2020, Le Chant du loup vaut à Baudry une nomination au César du meilleur premier film. Le long métrage est également distingué pour son travail sonore. En 2026, La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer est sélectionné hors compétition au Festival de Cannes, constituant la première présence d’un de ses films dans la sélection officielle cannoise.
Un parcours entre institutions et création
Peu de cinéastes français contemporains ont suivi un itinéraire professionnel comparable à celui d’Antonin Baudry. Son passage au cinéma intervient après une formation scientifique et littéraire, plusieurs années de diplomatie, des responsabilités dans la coopération culturelle et une première carrière d’auteur de bande dessinée menée initialement sous pseudonyme.
Cette succession ne signifie cependant pas que chacune de ces périodes remplace totalement la précédente. La culture scientifique et technique réapparaît dans Le Chant du loup. La connaissance des institutions et de la diplomatie nourrit Quai d’Orsay puis trouve un écho différent dans La Bataille de Gaulle. Son intérêt pour la littérature et le récit traverse quant à lui la bande dessinée, le scénario et la réalisation.
Son œuvre cinématographique reste relativement concentrée : entre son premier crédit de scénariste au cinéma avec Quai d’Orsay en 2013 et le diptyque La Bataille de Gaulle en 2026, Baudry privilégie un nombre limité de projets. Chacun nécessite cependant une préparation importante et l’immersion dans un univers spécifique.
Une carrière cinématographique toujours active
Au 21 septembre 2026, Antonin Baudry poursuit son activité de réalisateur et de scénariste. Sa carrière cinématographique professionnelle attestée commence en 2013 avec l’adaptation de Quai d’Orsay, même si son activité d’auteur avait débuté plusieurs années auparavant avec la bande dessinée publiée sous le nom d’Abel Lanzac.
Son parcours au cinéma comprend à cette date trois étapes principales. Quai d’Orsay lui permet de découvrir l’adaptation cinématographique aux côtés de Christophe Blain et Bertrand Tavernier. Le Chant du loup, sorti en 2019, constitue son premier long métrage comme réalisateur et scénariste. Enfin, les deux volets de La Bataille de Gaulle en 2026 installent son travail dans le registre de la grande fresque historique.
De la crise diplomatique transposée en bande dessinée aux profondeurs océaniques du Chant du loup, puis aux enjeux politiques et militaires de la France libre, Antonin Baudry construit ainsi une œuvre encore resserrée mais liée par un intérêt constant pour les situations où l’information, la décision et la responsabilité individuelle peuvent avoir des conséquences collectives. Son passage de la diplomatie à la création n’a donc pas effacé son expérience antérieure : celle-ci constitue au contraire l’une des principales sources documentaires et intellectuelles d’un parcours devenu pleinement cinématographique.
Célèbre pour (2)
Réalisations (2)
La Bataille de Gaulle – Partie 2 : J’écris ton nom (2026)
Biopic, Drame, Guerre, Historique, Thriller
Entre 1943 et 1944, Charles de Gaulle poursuit depuis l'étranger son combat pour libérer la France. Alors que la Résistance intérieure doit être unifiée et que les rapports avec les Alliés restent difficiles, il cherche à imposer la légitimité de la France libre et à préparer le retour du pays parmi les nations victorieuses.
La Bataille de Gaulle – Partie 1 : L’Âge de fer (2026)
Biopic, Drame, Guerre, Historique, Thriller
En juin 1940, alors que la France s'effondre, Charles de Gaulle refuse l'armistice et rejoint Londres. Il entreprend de rassembler les forces de la France libre et de convaincre les Alliés de poursuivre le combat, soutenu par des résistants et des volontaires.
