Spoilers

Satoshi Kon est le réalisateur du devenu culte Perfect Blue (1997) avant Paprika (2006), son dernier film, qui deviendra l’une de ses œuvres presque aussi influente que la première citée, mais tout aussi inspirante, surtout pour le cinéma américain et pour un certain film que vous connaissez plutôt bien : Inception (2010). Vous l’aurez compris, Paprika traite du rêve sur plusieurs facettes, d’ailleurs le nom du film est porté par le double du Docteur Atsuko provenant tout droit de son subconscient.

Copyright D.R. Film Paprika
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LES PRÉMICES D’INCEPTION ?

Dès la première scène d’ouverture, le policier Konagawa voit plusieurs individus portant le même visage que lui qui vont le saisir comme des anticorps s’attaquent à un virus, ce qui revient à protéger le subconscient du rêveur pour éviter qu’un intru s’y glisse exploité dans Inception. De plus, certains plans ont été comparé au film de Nolan, à commencer par le couloir déformé qui rappelle la scène d’action dans l’hôtel avec le personnage de Joseph Gordon-Llevit.

L’ascenseur pris par ce policier le ramène toujours à son traumatisme, comme un motif qui se répète et qui hante son subconscient, comme la présence de Marion Cotillard à travers le récit. Enfin, un miroir se fissure dans Paprika comme cette scène culte du personnage d’Elliot Page qui révèle une multitude de reflets avant de pouvoir le briser, Même si cette idée du miroir sur le pont Bir-Hakeim a été prise à la dernière minute, on ne peut s’empêcher, étant donné le sujet traité, de le comparer à l’œuvre portée par Leonardo DiCaprio.

LE RÊVE QUI SE PROPAGE TEL UN VIRUS

Contrairement à Inception, Paprika va directement nous présenter un univers imaginaire, dès cette première scène, là où au contraire Inception se sert des rêves pour créer un monde réel afin de dissimuler la vérité.

Paprika utilise les rêves pour soigner psychologiquement ses patients, avant que le DC mini : un outil devenant une arme permettant de naviguer dans les rêves a été volé, ce qui engendre l’enjeu de le retrouver, car entre de mauvaises mains, les conséquences peuvent être catastrophique.

Pour représenter la fascination, l’étendue infinie et toute la complexité du rêve, Satoshi Kon va utiliser un objet : le miroir qui tout comme l’utilisation de la porte permet de donner sur un autre monde communiquant entre eux comme le Docteur Atsuko dialogue avec son double, Paprika, à travers ses multiples reflets transmettant des différentes dimensions de rêves qui vont finalement se franchir pour se confondre avant de briser la frontière de la réalité et faire d’Atsuko et Paprika deux entités concrètes.

L’animation va tout comme la réalité et le subconscient s’opposer avec un trait réaliste pour dessiner les personnages contrastant avec celui qui donne vie à l’étrangeté des rêves. Par exemple, le Docteur Tokita élit domicile dans un robot avec sa tête projetée sur l’écran du corps mécanique.

Copyright D.R. Film Paprika
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L’antagoniste Inui veut contrôler cette arme regrettant l’époque où les rêves n’étaient qu’une manière de visualiser ses objectifs. De plus, il émet l’utilité du DC mini qui permet de rêver et de fuir ce monde inhumain ainsi que cet ère technologique.

Les papillons bleus sont comme un totem subtil pour nous permettre de nous annoncer qu’il s’agit bien d’un rêve. Le film va également emprunter de célèbres récits afin d’assimiler ses personnages réels ou imaginaires à de la fiction. La mythologie est citée, Pinocchio également et bien évidemment aussi le cinéma qui constitue une part importante de l’écriture de Konagawa.

Paprika est marqué par sa densité visuelle servant un sujet imaginaire permettant à l’animation de se libérer du réalisme afin de se déployer par son esthétique ainsi que par sa réflexion.