Vous l’avez sans doute compris au vu le titre de cet article contrastant avec les différents retours que vous avez sûrement pu voir : j’ai adoré Michael, mais je l’ai adoré seulement en raison d’une reconstitution de la vie d’un artiste qui m’a marqué. Ce titre énonce aussi la prise de conscience qu’objectivement Michael n’est pas un grand métrage, mais je dois bien avouer qu’il brise ma subjectivité par le plaisir de voir le King of Pop sur le grand écran.

DE JULIANO A JAAFAR

Michael a été produit par Graham King, producteur également de la création de Bohemian Rhapsody (2018). Pour ce biopic tant attendu, et pour coller à l’apparence de Michael Jackson, son propre neveu Jaafar Jackson va endosser la silhouette de son oncle. Mais tout d’abord, Juliano Krue Valdi retrace l’enfance qui va poser les bases, par le talent hors norme du futur roi de la pop, mais aussi sur l’oppression toxique de son père Joe interprété par Colman Domingo. En effet, ce dernier inculque la réussite par la terreur et c’est Michael, en première ligne qui va subir cette maltraitance, ne pouvant regarder devant lui par peur de croiser le regard de son père. Joe décide et réfléchit pour ses enfants, ainsi que sa femme : Katherine Jackson (Nia Long) qui représente le seul lien familial bienveillant avec son fils montré par le biais de ces moments passés devant la télévision à regarder des œuvres comme Chantons sous la pluie (1952) inspirant sa passion par le cinéma qui influant sur ses futurs clips musicaux.

Michael n’a pas choisi d’avoir une enfance différente, son père lui a retiré cette étape clé d’un développement personnel sain pour tout être humain. Des amitiés issues seulement par le biais de son cercle professionnel, telles que Quincy Jones ou son garde du corps Bill Bray, mais surtout en se les créant à travers les animaux, avec qui il va s’entourer. L’un d’eux est Bubbles : un chimpanzé. Une situation qui a alors donné le nom d’un syndrome créé par les médias : le « syndrome de Peter Pan » qui va alors être illustré à travers ce livre qu’aime feuilleter Michael pour s’identifier au personnage représentant l’immortalité de l’enfance.

Tout comme dans Elvis (2022), Tom Parker incarné par Tom Hanks, est un individu qui possède une star pour capitaliser sur son image. C’est alors que Michael prend une décision nécessaire et charnière dans sa carrière : celle de licencier son père pour pouvoir espérer se défaire de son emprise pour pouvoir être managé par John Branca (Miles Teller). Cependant, ce n’est pas suffisant pour l’écarter, montrant que son oppression est toujours présente malgré la distance.

De plus, le film Elvis vise à glorifier l’artiste en l’iconisant, tout comme Michael, ne s’attardant pas sur les côtés obscurs qui entourent l’interprète de Thriller. Étant donné que le film s’achève en 1988, on peut espérer, étant donné que le film aura une suite, que la franchise mettra la lumière sur l’obscurité de l’artiste qui débute dans les années 1990. Cependant, la position de Michael et de son prochain film provient du point de vue des producteurs issus de la famille Jackson. Il est donc quasi-impossible que les accusation soient incluses dans le récit de Michael.

Copyright Lionsgate Stars Jayden Harville , Nathaniel Logan McIntyre , Judah Edwards , Juliano Krue Valdi , Jaylen Hunter Film Michael

UNE CARRIÈRE LÉGENDAIRE

Comme tout biopic qui se respecte, les fans du King of Pop vont voir à l’écran les moments qui les ont émerveillés, en devinant facilement les étapes de sa vie intra- et extra-professionnelle, comme la création de son album Thriller (1982) en passant par les backstages de sa création. Le développement de la chorégraphie de titres emblématiques tels que Beat It ou les coulisses du grand clip Thriller qui permet de nous présenter la chorégraphie que nous connaissons tous en l’illustrant à travers l’une des anecdotes de tournage avec Michael qui demande à John Landis, le réalisateur du court-métrage, d’élargir le cadre afin de voir ses pieds, se servant de Fred Astaire, l’une de ses influences pour pouvoir appuyer son propos.

Copyright Lionsgate Stars Jaafar Jackson Film Michael

De plus, nous allons revivre des captations marqueurs dans la carrière de Michael, que ce soit son live en 1983 lors du 25è anniversaire de la Motown (celui de son label) avec la présentation pour la première fois de son pas de danse signature : le Moonwalk lors de sa performance de Billie Jean. Mais aussi revivre des moments de ses concerts en voyant l’intégralité des titres tels que Human Nature ou Bad qui vont être reconstitués en ayant cette fois une plus-value : celle d’avoir des plans inédits qui vont s’affranchir du point de vue du public afin de convenir aux spectateurs de cinéma. En effet, ici la caméra est mobile, elle passe derrière le point de vue du public accompagné par le montage dynamisant les performances.

Le film Michael a subi beaucoup de critiques négatives avec une note de 38/100 sur Metascore ou une note presse sur Allociné de 2,4/5. Même si je trouve ces retours durs, je peux les comprendre, car Michael n’est pas un grand film. Il ne fait que recracher les moments clés de Michael Jackson, ne cherchant pas à, par exemple, développer des voix fortes de sa famille telles que ses frères ou sa sœur qui sont quasiment relégués à la figuration du film.

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Je l’avoue, mon objectivité ne pourra éclipser le plaisir d’avoir vu ce film qui, aujourd’hui je pense, rentre parmi mes films plaisir coupable.