Voici un énième film traitant de la Seconde Guerre mondiale en abordant l’une de ses opérations les plus déterminantes pour l’issue de ces années de terreur : le Débarquement sur les plages de Normandie le 6 juin 1944. Pressure est intéressant, car il va justement ne pas se fondre dans la masse de cette flopée de métrages sur le sujet. En effet, le développement du récit se centralise ici sur l’importance des décisions menées par les météorologues.

UNE DÉCISION POUR L’HISTOIRE

L’Oscarisé du meilleur acteur pour un premier rôle en 2023: Brendan Fraser endosse l’uniforme d’une figure politique et militaire incontournable de la Seconde Guerre mondiale : celui d’Eisenhower. Il partage non seulement la tête d’affiche, mais aussi et surtout la décision finale qui aura pour enjeu de remporter la guerre faisant rage pendant six ans. Le personnage le plus important porte un nom ainsi qu’une compétence méconnue, mais décisive. James Stagg incarné par Andrew Scott est un météorologue talentueux devant faire équipe avec un autre confrère qui s’oppose à lui : Irving P. Krick (Chris Messina). Ce dernier donne le feu vert pour que le débarquement ait lieu, tandis que Stagg prévient du contraire, restant fermement campé sur sa position de ne pas y aller en raison d’intempéries qui mettraient à l’eau l’attaque des Alliés. La colère de la météo existe. Elle nous nourrit, nous détruit et peut nous envahir. C’est pour cela que cette décision sous-représentée dans ce genre doit être prise dans la plus grande des considérations, car en cas de doute, les soldats doivent rester confinés pour éviter que leur objectif fuite jusqu’aux oreilles de l’ennemi.

C’est donc à travers un thriller qu’Anthony Maras nous plonge dans les bureaux élaborant la stratégie pour vaincre les nazis. Une tension oppressante prenant fin lorsque le territoire fut contrôlé par les membres du débarquement. Un hommage adressé aux combattants morts pour la liberté, avec cette reconnaissance d’Eisenhower, devenu le 34e président des États-Unis entre 1953 et 1961, mettant en lumière l’une des raisons de la victoire en ayant notamment déclaré : « Nous avions de meilleurs météorologues que les Allemands. »

Copyright Alex Bailey – STUDIOCANAL SAS Film Pressure

EN DESSOUS DE SES PRÉDÉCESSEURS

Même si Pressure est un bon film, il n’est pas pour autant au niveau de ces deux grandes œuvres auxquelles on peut se référer. En effet, pour le côté guerrier de l’ombre, on peut se rappeler du grand Imitation Game (2014). Cette fois ce ne sont pas les messages qu’il faut décrypter, mais la météo. Ensuite, nous avons bien entendu Il faut sauver le soldat Ryan (1998) pour cette reconstitution légendaire du Débarquement avec l’arrivée des forces alliées sur les côtes normandes également illustrée dans Pressure, de manière plutôt correcte. Enfin, si je pouvais émettre une petite critique négative, je trouve que le métrage ne s’attarde pas assez sur les phases techniques pour que l’on puisse suivre l’acheminement vers la prise de décision des météorologues, qui est certes présent, mais pas assez approfondi.

Copyright Alex Bailey – STUDIOCANAL SAS Stars Brendan Fraser et Andrew Scott Film Pressure