
Après Napoleon et Gladiator II, le metteur en scène d‘Alien et de Blade Runner fait son retour dans le genre qui a fait sa renommée : la science-fiction, en réalisant The Dog Stars, un film post-apocalyptique adapté de La constellation du chien, le premier roman de Peter Heller paru en 2012. Pour mieux décortiquer les menaces qui pèsent sur notre société dans un monde post-apocalyptique et s’interroger sur ce que l’on devient lorsque la civilisation s’effondre, Ridley Scott propose une mise en scène immersive grâce à un tournage à caméras multiples et est servi par un casting de luxe, donnant lieu à un film probablement aux antipodes de ce que l’on attendait. Retour sur le dernier long-métrage de Ridley Scott.
Denver, 2035. Alors qu’une pandémie proche de la grippe a éradiqué la majeure partie de la population mondiale, Hig (Jacob Elordi), ancien mécano, s’est retranché dans un aérodrome avec son chien Jasper et son partenaire Bangley (Josh Brolin), un ex-marine. Le premier fait preuve d’empathie, rêvant d’un monde un peu plus optimiste, tandis que l’autre est plus pragmatique et prêt à défendre le campement corps et âme. Ensemble, ils vont tout d’abord lutter dans un monde hostile où tout le monde cherche à survivre. Et en planant à travers les États-Unis à la recherche d’une utopie, après avoir capté une transmission énigmatique en provenance de Grand Junction, Hig va se rendre compte de certaines choses.
Dans un monde post-apocalyptique, rappelant fortement la période Covid qui a mis le monde sur pause pendant plusieurs mois, le scénario de The Dog Stars oppose deux visions du monde à l’aide de ses deux protagonistes principaux. L’un est désabusé (Bangley), ne faisant confiance à personne à part Hig, tandis que ce dernier est plus rêveur mais détruit, rêvant d’un monde meilleur et de véritables connexions.

Que devient-on lorsque la civilisation s’effondre ? Doit-on perdre toute humanité dans le seul but de survivre ? Autant de questions auxquelles Ridley Scott tente de répondre avec The Dog Stars, dans un film qui ressemble plus à une méditation crépusculaire qu’à un film post-apocalyptique débordant d’action ; et c’est peut-être là que Ridley Scott fait mouche. En opposition à ce qui peut être fait dans le genre, la mise en scène de Scott est contemplative, met l’accent sur la nature, avec de magnifiques panoramiques et paysages, mis en scène avec toute la maestria de la caméra de Ridley Scott.
Si le début de The Dog Stars est parfois répétitif de ce point de vue et s’éternise un peu pour poser le contexte et établir ces deux visions diamétralement opposées, le réalisateur américain nous plonge directement dans l’ambiance : un contraste entre une nature immuable, des paysages splendides, et les décors urbains saccagés, délaissés, pour mieux rappeler notre place face à cette même nature.
Mais malgré ces paysages fascinants, cette manière poétique et intimiste de filmer la nature et les relations humaines, la menace dans The Dog Stars est toujours bien présente autour des protagonistes. Des hommes et des femmes à l’état sauvage, tentant de survivre dans un monde qui n’a plus rien à offrir à part de la violence et de la méfiance. Pour Ridley Scott, pas de véritables méchants à proprement parler dans cette adaptation, simplement des gens forcés de s’adapter, désespérés. Les scènes d’action sont peu nombreuses mais sacrément réussies (on pense notamment à une séquence de nuit dans l’aérodrome, qui flirte entre Mad Max Fury Road (2015) et Mission : Impossible : (1996-2025) et intenses, mettant en valeur les capacités d’adaptation de chacun.
Au final, The Dog Stars ressemble plus à un road-trip d’une jeunesse en quête de connexion plutôt qu’à un film catastrophe. Un long-métrage qui peut désarçonner par son approche, mais qui surprend agréablement. Ridley Scott remet l’humain et ses connexions intimistes au centre de son récit, dans une nature sublimée et qui reprend ses droits : pas ce à quoi l’on s’attendait, et ça fait du bien.




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