
“130 millions de personnes prennent la route chaque année. 15 400 d’entre elles disparaissent pour ne plus jamais être revues.” Un slogan accrocheur, un trailer qui promettait un film angoissant et terrifiant : réalisé par André Ødreval, très peu connu du grand public, Passenger est un road trip qui semblait, sur le papier, être rempli de promesses, mais qui fait l’effet d’un pétard mouillé au visionnage. Retour sur un film d’horreur à côté de la plaque.
–Spoilers–
On a tous déjà rêvé de tout plaquer, afin de partir dans un road trip libérateur avec sa moitié, là où les routes et les paysages s’offrent à nous à perte de vue. C’est précisément ce que le réalisateur norvégien André Ødreval tente de mettre en scène avec Passenger, en voulant transformer une situation idyllique en un véritable cauchemar éveillé, sur les routes des États-Unis.
L’intrigue suit un jeune couple, Tyler (Jacob Scipio) et Maddie (Lou Llobell), qui décident de tout quitter pour partir à l’aventure en van. Un soir, en pleine route forestière, ils sont témoins d’un épouvantable accident causant la mort du conducteur. Une course contre la montre s’enclenche alors, dictée par des règles de survie importantes : ne pas conduire, ne pas s’arrêter, sous peine de voir l’entité démoniaque, appelée Passenger, surgir sur le bord de la route. Ils vont alors tout faire pour se débarrasser de cette malédiction.
Un sujet assez classique des films d’horreur donc, et Passenger ne déroge pas vraiment à la règle. C’est dans l’exécution où on l’attendait le plus, et si le long-métrage déçoit, il reste quelques fulgurances à sauver. On pense notamment à une séquence quelque peu claustrophobe en plein air, sur un parking, une scène sous haute tension témoignant de la gestion de l’espace du réalisateur norvégien.

Sans doute une des séquences les plus réussies du long-métrage, avec une autre assez intense dans les bois qui implique un rétroprojecteur. En filigrane, les qualités de metteur en scène du réalisateur norvégien sont présentes dans ces deux séquences, et donnent par moments la sensation étrange d’un film qui n’exploite pas la pleine mesure de son potentiel.
Car malheureusement, c’est dans l’exécution que le bât blesse ; le long-métrage ne décolle jamais vraiment, et peine à convaincre. Le scénario de Passenger, écrit par Zachary Donohue et T. W. Burgess, souffre d’un manque de crédibilité et enchaîne les facilités scénaristiques aussi farfelues les unes que les autres. Les deux personnages principaux enchaînent les décisions incompréhensibles, et il est difficile de ressentir de l’empathie pour eux : une certaine impassibilité s’en fait ressentir, qui va même jusqu’à un total détachement, quel que soit le sort des protagonistes.
Et, pire encore, c’est dans l’horreur que le film déçoit le plus : à part les deux séquences décrites un peu plus tôt, le reste du long-métrage recycle jusqu’à la moelle, sans inspiration, les codes usés du langage cinématographique horrifique. Résultat, Passenger repose le plus souvent de son temps sur des jump scares : rien de plus cliché en termes de mise en scène. Ces derniers sont parfois tellement prévisibles qu’ils en deviennent comiques, provoquant l’effet inverse.

En termes d’atmosphère et de ton, Passenger ne sait pas non plus où se situer : par moments, l’impression de regarder une comédie lambda empêche toute tentative d’immersion totale. Le film ne semble jamais vraiment assumer son statut de film d’horreur et en devient complètement hybride. En comparaison cette année, on est à des années-lumière en termes de qualité de l’oppressant malaise d’Obsession ou du huis-clos claustrophobe d’Hokum.
En fin de compte, Passenger n’apporte absolument rien de nouveau au genre horrifique, et s’enfonce même dans les clichés les plus faciles et les jump scares les plus prévisibles pour tenter d’exister. Anecdotique à souhait et une immense déception.
Bref, pour les amateurs et amatrices de films d’horreur : allez plutôt voir Obsession.




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