
–Spoilers–
Obsession tient sur un pitch simple : celui de vouloir être aimé par la personne qui nous plaît, d’en faire le vœu avant que le souhait ne se réalise dans un cadre horrifique. Curry Barker est un réalisateur méconnu, tout droit venu d’Internet et de la comédie. Il va néanmoins réussir à se faire une place dans le monde de l’épouvante grâce à Obsession, après avoir réalisé son premier long-métrage : Milk & Serial (2024), et s’être entraîné sur pas moins de neuf courts-métrages.
CONSÉQUENCE CAUCHEMARDESQUE NÉE D’UNE FRUSTRATION
Bear (Michael Johnston) veut séduire Nikki (Inde Navarrette), mais peine à y arriver, entre maladresse et difficulté à savoir ce qu’elle pense de lui. Bear décide alors de briser un petit bâtonnet en invoquant son vœu : que Nikki l’aime plus que tout au monde. Cependant, son rêve va devenir un véritable cauchemar. Même s’il n’avait pas conscience des conséquences et ne croyait pas totalement en la véracité de son souhait, il va se retrouver piégé dans son propre vœu, qui va avoir une conséquence encore plus grave : l’enfermement de Nikki dans un corps qui ne lui appartient désormais plus. Cette situation amène une problématique morale, celle du non-consentement. Nikki n’est plus en possession de son libre-arbitre, possédée par l’obsession et la superficialité du désir de Bear.
On ressent certes de l’empathie envers Bear, car il est présenté comme un jeune homme bienveillant, mais on ne peut pleinement en éprouver, surtout à cause de ce passage où Nikki reprend brièvement le contrôle d’elle-même. Dans cette scène, elle lui demande de la tuer, ne pouvant continuer à être enfermée dans ce cauchemar. Bear lui répond égoïstement, et même cruellement : « C’est si dur d’être avec moi ? ». Il est conscient de la situation et de la souffrance de Nikki, mais reste irrémédiablement enfermé dans une frustration malsaine.
IMAGERIE ET VIOLENCE
« Nikki », après que Bear a fait son vœu, se présente pour la première fois sous la forme d’une ombre occultant le personnage emprisonné (Nikki), telle une silhouette obscure. D’ailleurs, Curry Barker va reprendre ce procédé en gardant la présence identifiable, mais peu claire, à travers l’ombre. Il utilise également un procédé très efficace fondé sur le jeu avec la profondeur de champ, plaçant son sujet dans le flou ou au second, voire au troisième plan, afin de l’illustrer comme une figure omniprésente et oppressante.
Le film est interdit aux moins de 16 ans et, même si je trouve le curseur de cette restriction légèrement élevé, on obtient tout de même la justification de cette restriction quand Nikki explose le crâne de Sarah (Megan Lawless) sous les yeux de Bear à travers une scène gore et traumatisante. D’autant plus que Sarah apportait du réconfort à Bear en lui faisant part des réels sentiments qu’elle éprouvait envers lui.

Obsession est un très bon film d’horreur, n’utilisant ni monstres ni fantômes, mais une situation ancrée dans notre société : les rencontres amoureuses, qui représentent sur le papier une expérience plus ou moins positive, un rêve pour celui ou celle qui désire trouver le grand amour. Eh bien, Curry Barker transforme cela en cauchemar, maîtrisant parfaitement son concept, qui va sûrement marquer nos esprits dans le paysage de l’horreur en 2026.




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