
–Spoilers–
La trilogie de Sam Raimi s’achève avec Army of Darkness, faisant suite à cette fin complètement barrée d’Evil Dead II (1987), plongeant le protagoniste Ash (Bruce Campbell) dans un portail temporel qui le transporte jusqu’à une arène bien loin de l’obscurité de la forêt ainsi que du cloisonnement du chalet en bois. En effet, ce dernier se voit faire son apparition en plein soleil dans une vaste étendue extérieure à des siècle passés. C’est au Moyen Âge, que le récit prend donc place, avec comme objectif similaire à celui de Retour ver le Futur 3 (1990) : quitter l’époque passée pour rejoindre sa temporalité, pour ce faire il va devoir ramener le Livre des morts appelé le Necronomicon au Sage (Ian Abercrombie). D’ailleurs, tout comme l’œuvre de Robert Zemeckis, Sam Raimi assimile à son personnage principal une voiture qui sera customisée lors de la bataille finale, de quoi faire écho à la DeLorean du Dr Emmett Brown.

NE PAS AVOIR PEUR DU RIDICULE
Le dernier volet de cette saga horrifique est progressivement passé de l’épouvante pure avec Evil Dead (1981) à la comédie burlesque d’horreur avec Army of Darkness. Ce qui est aussi déroutant que satisfaisant à suivre, surtout en étant personnellement fan de cinéma de frisson et beaucoup moins de comédie. Néanmoins, je dois bien l’avouer : Evil Dead III–Army of Darkness est mon préféré de la franchise (Evil Dead Burn (2026) compris).
Bruce Campbell endosse un personnage de série B. Déjà par son character design : une tronçonneuse à la place de la main droite suffit amplement pour placer ce film dans cette catégorie. De plus, le burlesque cheap du métrage ajoute un charme à l’épouvante grâce aux idées cartoonesques que met en scène Sam Raimi. La séquence qui anime le plus ce propos est celle de ces mini-Ash s’évadant des éclats de miroir pour pouvoir attaquer leur copie grandeur nature amenant une scène loufoque, témoignant de la liberté créative de son réalisateur jusqu’à ses visages déformés qui peuvent faire penser à The Mask (1994), même si ce dernier est sortie plus tard. Une comparaison surprenante montrant à quel point Evil Dead s’engouffre dans un sens contraire au métrage de 1981, proposant même de l’action pour son dernier acte avec cette bataille de fin de métrage.
TECHNIQUEMENT FIDÈLE À L’ARTISANAT
Sam Raimi, tout comme le début de la carrière de Peter Jackson, use de l’artisanat pour pouvoir confectionner leurs monstres. Pour voir l’étendue des techniques utilisées, nous allons surtout nous intéresser à l’armée des squelettes. Pour les animer, nous aurons des effets spéciaux permettant de leur donner vie en les gesticulant comme des marionnettes. Ensuite, le maquillage FX, ainsi que les prothèses notamment utilisées pour Evil Ash (la version monstrueuse de Bruce Campbell). Enfin, l’équipe technique utilise en plus une autre technique largement utilisée dans l’animation : le stop-motion afin de pouvoir élargir le cadre et voir les squelettes se déplacer « sans artifice ».

Vous l’aurez compris, Evil Dead III – Army of Darkness est un bon film de série B, restant dans le charme de l’artisanat, malgré le budget mis à disposition pour Sam Raimi passant de 375 000 $ pour le premier film de la trilogie à 11 millions de $ pour Army of Darkness ! Une manière de prouver la grande réussite économique de la série de films ouvrant la voie à d’autres cinéastes, continuant à véhiculer l’esprit de la saga en la modernisant.




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