
Trois ans avant d’avoir remporté le prix spécial du jury pour Resurrection, Bi Gan a réalisé deux court-métrages : Shards of Moon en 2023 et donc A Short Story en 2022. Un court-métrage de quinze minutes débutant par la rencontre entre un chat noir et un épouvantail…
LONG LONG TIME AGO
Les court-métrages servent parfois de brouillon, sans être un papier que l’on chiffonne, mais plutôt une maquette qui sert à la version en grandeur nature : le long-métrage. Cela a déjà été fait comme par exemple la première version de Saw (2003) ou Whiplash (2013). A Short Story, quant à lui ne sera cependant pas un brouillon pour Resurrection. C’est une œuvre à part, qui va tout de même servir à entretenir les thématiques ainsi que les formes présentées dans le chef-d’œuvre de Bi Gan. En effet, dans ce court-métrage nous avons : le rêve par la poésie, la forme atypique du chat anthropomorphe à la silhouette titubante faisant référence au rêvoleur ainsi que le récit séparé en plusieurs histoires différentes. Dans A Short Story, tout commence par cette interrogation : « Quelle est la chose la plus précieuse au monde ? » L’épouvantail n’ayant pas la réponse, le chat noir se lance alors dans une quête onirique pour pouvoir y répondre.
Le film prend la forme d’un conte, que ce soit par ses premiers mots « Long Long Time Ago » ou par son allure fabulatoire. En effet, Bi Gan utilise les animaux comme personnages pour faire progresser son récit, tel une fable, tout en créant la poésie caractéristique du cinéaste chinois. Il va d’ailleurs reprendre quelques détails qu’il a émis dans son dernier long-métrage : Un grand voyage vers la nuit (2018), par l’histoire du chat ainsi que par ce train nommé s’ouvrant sur les rails. Un poème récité à travers l’une des trois histoires de A Short Story avec cette femme à la mémoire courte après avoir rencontré un robot et avant la découverte de Demon, un ancien magicien en quête de réelle magie.

Bi Gan marque une nouvelle fois sa mise en scène entre plan poétique, plan retourné, nous surprenant avec le prochain plan contrastant avec le précédent qui paraît n’avoir aucun lien comme des images aussi différentes qu’isolées que l’on feuillette pour vivre cette poésie.




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