
Un phénomène est ressorti en salle depuis le 29 juillet 2026. Une opportunité pour ceux étant passés à côté de cette grande œuvre ou voulant la revoir, de la découvrir quatre ans après sa première sortie en 2022. RRR (Rise Roar Revolt) impacte par sa grande participation au rayonnement du cinéma indien dans le monde, de par sa culture artistique et cinématographique menée par l’industrie de Tollywood, celle qui s’occupe des métrages en télougou. Un film qui vient traverser les frontières pour franchir celles des occidentaux et venir élargir la cinéphilie de ces derniers. D’ailleurs, RRR a comme intention de briser les chaînes de l’oppression occidentale britannique lors de l’occupation dans les années 1920, montrant qu’ils valent bien plus qu’une simple balle de fusils ennemie. Les deux personnages Raju (Ram Charan) et Bheem (N.T. Rama Rao Jr.) endossent donc le rôle d’icônes ainsi que de porte-étendards de la résistance et donc de la liberté pour le peuple indien.
–Spoilers–
UN SPECTACLE CINÉMATOGRAPHIQUE
S.S. Rajamouli expose l’oppression de la colonisation représentée par les méchants britanniques. Ils s’installent sur les terres indiennes, les privent de libertés et leur retire Malli (Twinkle Sharma), une enfant du peuple Gond, enlevée par les hauts gradés britanniques. L’enjeu est de la récupérer tout en combattant l’armée européenne pour libérer leur peuple. Raju et Bheem vont donc se rencontrer, formant une forte amitié lors du sauvetage d’un enfant, les iconissant en tant que messie à travers les cascades aussi inspirées que rocambolesques, mais surtout inventives ! Un plaisir coolesque de suivre ces scènes qui représentent avec la musique et la danse la plus grande force du film.
Que ce soit combattre seul des centaines de révolutionnaires, affronter un tigre et un loup enragé ou parcourir le décor à dos de cheval ou sur une moto, les chorégraphies pour mettre en scène ces images sont à l’antipode de ce que les Occidentaux pourraient proposer. Les combats impressionnants sont exagérés, certes, mais loin d’être ridicules (ce qui est un tour de force). Les performances physiques sont hors-normes, animées par une frénésie folle, couplées par un montage très dynamique, parfois clipesque (surtout pour les passages musicaux), mais tout en ayant une lecture claire, jouant notamment avec la fréquence d’images, entre saccadé, ralenti et retour au 24 FPS. Cela permet de suspendre les mouvements très cool et d’admirer les poses des personnages, toujours loin du ridicule, car RRR assume et glorifie les codes du cinéma indien en les portant avec fierté et crédibilité. De plus, nous allons aller plus loin que ce que nous nous attendons à voir, que ce soit par le développement des scènes d’action ou par exemple ce travelling arrière gigantesque permettant de nous montrer qu’un personnage en a perdu un autre dans la foule. La caméra aurait très bien pu se satisfaire d’un plan très large, et bien non, le mouvement recule encore bien plus loin, mettant les personnages hors de la visibilité du champ. Une manière de briser les standards du cinéma auquel nous sommes habitués à voir.

Ce soldat indien sous uniforme britannique va devoir prouver sa crédibilité auprès des occidentaux pour pouvoir gagner leur confiance. Il va notamment être chargé de retrouver une cible et couvrir la trahison qui s’avère être seulement d’apparence. Un background du personnage venant parfaire son écriture du parfait révolutionnaire. Pendant ce temps Bheem entretient une idylle avec Jennifer (Olivia Morris) sur le papier impossible, qui comme Roméo et Juliette sont issus de deux mondes qui les opposent : les opprimés et ceux qui oppriment. Une dramaturgie venant s’abattre sur Bheem, car il devra avant tout sauver Malli. Un arc narratif qui amène à la meilleure séquence du film, laissant place à la comédie musicale, à la danse bollywoodienne dans l’incroyable scène d’une immense énergie communicative accompagnés par la chanson « Naatu Naatu » composée par M. M. Keeravani qui lui aura valu ni plus ni moins que le Golden Globes ainsi que l’Oscar de la meilleure chanson originale en 2023 ! Des prix prestigieux décernés par les américains, plus que mérités qui récompensent la culture indienne.
RRR est un film aussi grandiose que jouissif permis grâce au savoir-faire indien réunissant le grand public tout en impressionnant les cinéphiles découvrant la fierté indienne qui s’affranchit de ses propres frontières pour venir briller à l’international et concrétiser sur sol étranger, sans le coloniser, mais en lui offrant ce bijou nécessaire !





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