It Follows est un petit phénomène d’épouvante sorti dans nos salles de cinéma en 2014. Le cinéaste David Robert Mitchell, n’ayant réalisé qu’un seul long-métrage avant cela, en 2010, avec The Myth of the American Sleepover, devient un nom à suivre après son succès horrifique. Une réussite qui lui a permis de réaliser un film indépendant nommé Under the Silver Lake (2018) avec Andrew Garfield avant l’arrivée de son dernier film en ce mois d’août 2026 : La Fin d’Oak Street avec en têtes d’affiche : Anne Hathaway et Ewan McGregor !

Spoilers

LA PERSONNIFICATION DES MALADIES SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES

La scène d’introduction nous positionne dans le point de vue de l’ignorance : l’acteur en sait plus que le spectateur, pour finir la séquence sur un plan très graphique, de sorte à nous exprimer l’intensité de ce danger invisible. Jay (Maika Monroe) s’apprête à rejoindre cette chaîne de contamination. C’est elle qui va nous permettre de changer de point de vue. Désormais, nous voyons ce que nous n’avions pas encore pu voir lors de la scène d’ouverture. Ce qui permet, par les yeux de Jay, de voir ces créatures humanoïdes marcher lentement vers leur victime, nous permettant à certains moments de jouer sur l’ironie dramatique en n’en sachant cette fois plus que le personnage.

La bande originale a été créée notamment par ses sonorités au synthé inspirées des années 80. Tout en utilisant l’électro, comme ce thème, ou plutôt ce motif principal qui vient venir percer l’image de manière agressive et impactant.

L’une des raisons de la réussite d’It Follows réside dans son concept aussi simple qu’efficace, original, en donnant une chair à l’invisible, seulement perceptible par les infectés. La transmission se fait par les relations sexuelles, déclenchant alors le slasher. En effet, tout d’abord l’une des essences de ce genre est la découverte de la sexualité à l’adolescence. De plus, le slasher met en scène une créature ou un tueur en série dirigé par un seul objectif : tuer sa cible. Enfin, il est invincible et semble avoir aucun moyens de s’en défaire, tout comme la menace d’It Follows.

Robert Mitchell isole les adolescents, les fragilisant en les regroupant entre eux, sans que les parents puissent les aider. Cela n’est pas anodin, car le cinéaste a une intelligente raison d’écarter les parents de leurs enfants

LA RESPONSABILITÉ DES PARENTS

L’éducation sexuelle doit être sensibilisée par les parents ! Ils doivent parler d’un sujet dit tabou, mais important afin que la sexualité ne devienne pas une thématique interdite, mais nécessaire au bon développement de n’importe quel individu. Ici les parents, sont pointés du doigt pour montrer leurs erreurs de ne pas, par exemple, avoir parlé des risques liés au infections sexuellement transmissibles ou des différentes contraceptions. Pour ce faire, David Robert Mitchell va, tout comme ce plan (ci-dessous), créer un éloignement entre le parent et son enfant. La mère est représentée de dos, excentrée, pendant que les adolescents prennent toute la place du cadre. La poutre en bois, à gauche, est dans la continuité du canapé. vient dessiner une séparation entre la mère et les adolescents. Ensuite, nous retrouvons la mère, cette fois floutée, appuyant sur son travail invisible de mère. Et enfin, le réalisateur va littéralement donner à ses monstres l’apparence des parents, que ce soit pour la mère de Greg (Daniel Zovatto) ou le père de Jay.

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It Follows est un film d’horreur intelligent, pointant du doigt la responsabilité des parents. Une menace invisible, qui va à certains moments provenir au fond du plan pour venir s’attaquer sans relâche au premier plan qui sont ces personnages victimes de ces maladies qui restent encore omniprésentes. Peut-être que d’une certaine façon, le choix de David Robert Mitchell d’en avoir fait un film d’horreur pourrait faire de cette œuvre un film de sensibilisation ?