
The Mandalorian and Grogu est le premier film de l’univers Star Wars depuis 2019 après Star Wars IX. Après les mauvais retours du dernier opus et l’échec de Solo : a Star Wars story (2018) : ce film peut-il redorer le blason de la franchise au cinéma ?
Ces dernières années, l’univers Star Wars a bien plus rayonné sur le petit écran que sur le grand ! Que ce soit via les séries live action comme Andor (2022-2025) ou les séries d’animation comme Rebels (2014-2018), la franchise se porte bien mieux loin du cinéma. Pourtant, Disney relance sa poule aux œufs d’or dans les salles obscures en 2026 avec un film issu d’une de ses séries à succès : The Madalorian (2019-2023) !
Précurseur technique grâce à ses murs LED qui facilitent énormément les tournages (notamment pour l’incrustation de décors et la prise en compte de lumière pour les VFX), la série The Madalorian s’est créée une véritable notoriété auprès des fans et des cinéphiles – sans compter le grand capital sympathie pour sa mascotte Grogu et sa star Pedro Pascal.
Seulement, le défi pour Jon Favreau et Dave Filoni avec The Madalorian and Grogu est de justifier ce passage sur grand écran et surtout le déplacement de ses spectateurs dans une salle payante ! Est-ce que ce film est réellement un film de cinéma ou juste un très long épisode de série ?
Il était une fois, dans un récit moyen… très moyen
Le premier problème de The Madalorian and Grogu est qu’il ne raconte pas grand chose… Mando (Pedro Pascal) est envoyé chercher un Hutt dont la récompense sera la récolte d’informations sur un mystérieux M. Coin convoité par les rebels… Sans grand spoil, le Mandalorien retrouve sa cible finale (à la moitié du film ???) et quelles en sont les conséquences ? Aucune, si ce n’est qu’il sera traqué par les Hutt pour avoir trahi le deal initial.
À la toute fin du film la rebelle incarnée par Sigourney Weaver explique que Coin menait un double jeu avec les Hutt et que les deux comptaient arnaquer les rebels, mais avait-on réellement besoin de cette mission pour le savoir ? Les Hutt sont des mafieux et le M. Coin un sympathisant de l’ancien empire ! L’information acquise durant ce film semblait évidente dès le début…
Bref, la première quête ne sert à rien et la deuxième moitié du film est la traque puis la survie de Mando en territoire Hutt. Une partie un peu plus divertissante notamment grâce au segment complet dédié à Grogu, mais encore une fois, lorsqu’il se fini : il n’y a pas de grandes conséquences.
Le film se divise donc en deux grandes parties sans incidences sur l’univers de Star Wars et il n’est pas difficile d’imaginer qu’à la base, il devait s’agir de deux scripts pour deux épisodes de série qui ont été fusionnés pour faire un film de 2h.

Une mise en scène plate
The Mandalorian (la série) était louée pour sa prouesse technique (notamment son mur LED) !
- Les avantages de ce mur LED sont qu’il permet de beaucoup changer de décors, de prendre en compte les lumières durant le tournage et ainsi faciliter le travail des VFX et à l’acteur de mieux se situer dans un décors concret.
- Les inconvénients sont que l’on se retrouve souvent avec des paysages vides et un ou plusieurs acteurs au premier plan, que cela limite la mise en scène à des plans moyens ou serrés et que l’acteur à une liberté de mouvement réduite (car il ne peut pas traverser le mur LED).
Dans une série, où le budget est restreint, il est facile de pardonner ou de passer au-dessus de quelques défauts/limitations techniques, mais au cinéma, sur grand écran, ce n’est pas possible d’avoir le même rendu qu’une série TV.
Il n’y a aucun plan large, aucun grandiose… Jon Favreau semble limiter par des contraintes de télévisions alors qu’il dispose d’un budget de 166 millions de dollars ! Il s’agit certes du plus petit budget pour un film Star Wars, mais ça reste un sacré paquet d’argent pour un film.

Jamais beau, parfois très laid
Enfin, The Madalorian and Grogu a une photographie parfaitement oubliable… Que ce soit son plan d’introduction dans une salle en contre-jour et embrumé, ou ses scènes de batailles qui finissent toujours dans la poussière et la fumée : tous les visuels sentent le cache misère… Cette méthode est en elle-même dommageable, car cela veut dire qu’un bon tiers de l’image n’est que de la fumée durant tout le film, mais à la rigueur, il serait possible de passer outre.
Cette technique sert surtout à masquer des effets visuels pas fini et parfois : il n’y a pas cette brume pour les cacher… Lorsque Mando et Grogu fuient un AT-T qui s’écrase ou lorsqu’ils se battent dans le repère des Hutts, c’est tout simplement hideux.
Dans la même rubrique d’astuces pas chères : les règles de vie des Mandaloriens. Certes, ils n’ont pas le droit de montrer leur visage, mais on sent également qu’au-delà d’être une règle de vie, il s’agit aussi d’une astuce de production pour ne pas exploser le budget en limitant les vraies apparition de Pedro Pascal… Sur 2h de film, il doit être visible 10 minutes au maximum : ça fait cheap.

Peut-être que les fans de la série seront heureux, mais dans l’ensemble, The Mandalorian and Grogu n’est pas un bon film… et en réalité, ce n’est même pas un film. C’est un assemblage grossier de deux épisodes de séries et parfois :
Quand c’est écrit comme une série TV, que c’est réalisé comme une série TV, que ça a les effets visuels au rabais d’une série TV, c’est peut-être qu’on regarde un épisode de série TV : sauf qu’ici, ça coute le prix d’un ticket de cinéma.




Laisser un commentaire