
Tahar Rahim, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe, Noémie Merlant, Vassili Schneider… Libéré après 19 ans de bagne pour le vol d’un pain, Jean Valjean décide de changer de vie et de faire le bien autour de lui. Sous une fausse identité, il devient avec le temps un notable respecté de tous. Venant en aide à Fantine, une ouvrière mourante, il promet de sauver sa fille, Cosette, des griffes des cruels Thénardier. Mais son passé le rattrape : l’inspecteur Javert, un policier implacable au passé lui aussi tourmenté, le traque sans relâche afin de le renvoyer au bagne. Dans un Paris en pleine révolution, Valjean doit lutter pour protéger Cosette et achever sa rédemption. L’œuvre de Victor Hugo a été maintes et maintes fois adaptée au cinéma, et ce depuis les prémices du médium (pour la première fois en 1906 dans un film d’Alice Guy : l’Enfant sur la barricade). On compte à ce jour près d’une quarantaine de films, tantôt des adaptations de la totalité du roman (1600 pages, quand même !) tantôt des focus sur un personnage précis (Jean Valjean, Gavroche ou Cosette ont eu chacun un film leur étant dédié). Vous pouvez donc vous demander : qu’est-ce que cette énième proposition peut bien avoir de plus que les autres ? Bien que parmi les précédentes, des choix très intéressants ont été faits, cette adaptation de Fred Cavayé a le mérite d’être particulièrement romanesque, accessible et franchement prenante ! Malgré les quasi 3h, on ne regarde jamais sa montre. Nous voilà face à un film choral aussi généreux que son cousin, Le Comte de Monte-Cristo (2024), dont la durée est reprise à deux minutes près.
Fred Cavayé réussit aussi le pari de rajeunir un vieux classique, que ce soit à travers la mise en scène spectaculaire, le montage dynamique, ou le choix d’un casting de jeunes étoiles montantes du cinéma français. On retrouve parmi cette bande de misérables : Noémie Merlant déchirante en Fantine, Megan Northam en Cosette (une fois adulte) révoltée, Marie Colomb en Éponine prenant d’avantage de place à l’écran que Gavroche (Léonard Signoret) ou encore Vassili Schneider parfait dans le rôle de Marius. C’est aussi donc le pari d’une jeunesse qui s’affirme, rebelle et révoltée, qui ne manque pas de faire inconsciemment écho avec les luttes lycéennes de la rentrée ! Dans le rôle de Jean Valjean, peut-être le plus important dans cette adaptation, c’est Vincent Lindon qui le campe. Un Jean Valjean héroïque et impressionnant, qui réussi à nous marquer aussi bien que Jean Gabin ou Lino Ventura en leur temps dans leurs interprétations respectives du bagnard. N’oublions pas Tahar Rahim en Javert froid, traumatisé par l’abandon de sa mère quand il était enfant… Et surtout, dans le rôle des cruels Thénardier : Camille Cottin et Benjamin Lavernhe, qui réinventent quelque peu les rôles en les nuançant avec une forme de comédie burlesque, qui pourtant n’enlève en rien la noirceur et la cruauté de leurs personnages d’ogres.

Vous l’aurez compris, la version de Fred Cavayé n’a rien à envier aux adaptations précédentes de l’œuvre de Victor Hugo. La dimension politique et les questions de lutte des classes déjà omniprésentes chez Hugo transparaissent nettement ici, et on se rend compte qu’on a encore beaucoup de travail concernant les questions d’égalités sociales…
« À trop vouloir l’ordre on finit par engendrer le chaos » – Victor Hugo.




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