
Le Dîner de cons participe au rayonnement de la comédie française par son humour qui, quasiment trente ans après, continue de faire rire et qui a déjà, au moment de sa sortie, réuni plus de neuf millions de personnes dans les salles de l’Hexagone. La recette de cette réussite provient d’un concept méprisable et d’un duo d’acteurs délivrant une grande performance comique à travers un décor théâtral: celui d’un huis clos.
–Spoilers–
UN HUMOUR MALSAIN
Pierre Brochant (Thierry Lhermitte) participe à des soirées visant à ramener une personne dénuée d’intelligence, appelée plus communément un «con» pour pouvoir se moquer de lui avec ces autres hommes issus de la classe aisée qui organisent en quelque sorte une compétition pour élire le plus idiot des abrutis de la soirée.
Un concept donc toxique visant à se moquer méchamment de personnes à leur insu, avec un propos assez problématique de catégoriser un con sous prétexte qu’il a une passion originale. Et pour couronner le tout, les organisateurs considèrent ces êtres humains comme des objets de divertissement, ce qui contribue à ressentir du mépris envers Brochant, habitant juste en face de la Tour Eiffel, afin d’accentuer la critique en direction de la haute-classe.
C’est alors que Brochant invite François Pignon (Jacques Villeret), son con de la soirée, afin de l’analyser avant d’aller à la soirée.
UN KARMA BIEN MÉRITÉ
L’un des incidents déclencheurs qui va alors cloisonner les personnages dans l’appartement parisien est le blocage au dos de Brochant lors de sa partie de golf, ironiquement causé par un sport codifié «de riches», amorçant le karma, qui va, pour notre plus grand bonheur, prendre de plus en plus de place. C’est alors que, suite à cette blessure et au départ de Christine (Alexandra Vandernoot), le sort va continuer à s’abattre sur ce dernier grâce aux situations hilarantes provoquées par le grand Jacques Villeret qui va délivrer une performance comique hors norme. Entre jeux de mots autour des noms de personnages, informations souhaitées jamais obtenues par le premier appel de Pignon, ne se rappelant jamais de l’objet principal de son appel par le biais d’une mécanique commune: celui de l’appel téléphonique. Cela isole donc Brochant, n’ayant le choix que de se fier à Pignon pour se sortir de ses problématiques et situations compromettantes. Ce qui va être drôle, c’est que ces problématiques vont être malgré lui menées par Pignon, comme pour sanctionner sans le vouloir, tel un karma, permettant de heureusement ne plus donner envie à Brochant de continuer ses agissements malsains, façonnant alors une morale et donc une leçon.
De plus, on nous révèle que la femme de Pignon l’a quitté et que ses constructions en allumettes lui ont servi à s’occuper l’esprit de sorte qu’il ne sombre pas. Ensuite, lors d’un appel, nous nous rendons alors compte que Pignon fait preuve d’intelligence émotionnelle, ce que Brochant ne semble absolument pas avoir. En effet, Pignon a analysé la situation afin de pouvoir aider, malgré tout, Brochant à se faire pardonner auprès de sa femme.

Le Dîner de cons est l’une des meilleures comédies françaises et est la meilleure comédie française selon moi. Un film populaire devenu un classique grâce à ses échanges tellement drôles entre ce duo de personnages principaux et secondaires.




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