
La Grande Vadrouille, réalisé par Gérard Oury, figure parmi les plus grands succès de notre cinéma avec notamment un chiffre marqueur : 17 267 607, qui équivaut au nombre d’entrées dans les salles françaises. Il n’a été ni plus ni moins que le numéro un des meilleures entrées en France du XXᵉ siècle et est encore en 2026 le quatrième film le plus vu au cinéma en France. Un impact donc colossal permis grâce à certains leviers comme le contexte historique du récit, seulement une vingtaine d’années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, un traumatisme encore frais dans l’esprit des Alliés. Et nous aurons bien évidemment le duo de comiques français légendaires avec Louis de Funès et Bourvil. Ces deux célébrités s’étaient d’abord rencontrées dans cette scène culte de La Traversée de Paris en 1956 avec Jean Gabin pour compléter le trio, avant de partager l’affiche un an avant La Grande Vadrouille dans Le Corniaud (1965) avec déjà Gérard Oury à la réalisation.
PEUT-ON RIRE DE TOUT ?
Cette problématique fait évidemment débat encore aujourd’hui, mais elle sera exposée bien évidemment, avec notamment La Grande Vadrouille étant une comédie sortie peu de temps après l’un des plus grands traumatismes de l’humanité, et particulièrement celui de la France en 1942 pendant l’occupation allemande. Un message de légèreté pour pouvoir assouvir ce lourd passé est l’une des raisons pour lesquelles ce métrage existe, et qui de mieux que ce duo d’acteurs pour pouvoir assurer cela avec respect par la comédie ?!
UN DUO DEUX CARACTÈRES
Le film s’ouvre sur un avion militaire britannique, ne survolant pas la destination ciblée, atteinte par les Allemands ; ses occupants sont parachutés dans la capitale et tombent littéralement sur l’un des protagonistes principaux : Augustin Bouvet (Bourvil). Il va devoir, tout comme pour Stanislas Lefort (Louis de Funès), quitter son quotidien pour pouvoir le rendre meilleur. Ils vont donc être embarqués dans des situations qu’ils ne peuvent donc refuser s’ils ont un brin d’humanité et d’envie de liberté.
Augustin et Stanislas vont se rencontrer à travers la chanson iconique Tea for Two : le signal pour pouvoir rejoindre (anciennement) Big Moustache (Terry-Thomas). De là, les premiers échanges comiques vont se déployer entre Louis de Funès et Bourvil, différenciés par des personnalités différentes ainsi que par des cadres de vie divergents. En effet, Augustin est peintre, ravaleur de façade, un métier manuel et modeste, tandis que l’adorateur d’Hector Berlioz, Stanislas, est chef d’orchestre, une activité artistique plutôt connotée comme prestigieuse. Stanislas (comme nous a habitué les prestations précédentes de Louis de Funès) est caractériel, c’est un assisté qui va user de la naïveté, de la (trop) gentillesse d’Augustin, lui cédant ses chaussures, son vélo (référence au Corniaud) et finissant même sur ses épaules à travers la scène la plus culte du film (illustrée ci-dessus).

La Grande Vadrouille est un film réconfortant, familial, qui s’est enfoui dans nos foyers. Ce classique a l’objectif de ridiculiser les soldats allemands à partir de leur oppression. Déjà, par son occupation amenant à son omniprésence et pouvant surgir n’importe où : d’une armoire à s’immiscer même dans le lit des Français, mais tout cela en provoquant le rire.





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