David Ayer collabore de nouveau avec Brad Pitt après le précédent projet évoluant sur les terrains boueux, à bord d’un tank nommé Fury dans le métrage éponyme sorti en 2014. Dans cette seconde proposition, le cinéaste cite Into the Wild (2007) pour ses décors magnifiques au cœur de la nature. Le récit se déroule, tout comme pour celui réalisé par Sean Penn, en Alaska, loin de la civilisation. Un endroit de repos paisible entrepris par James Belmont (Brad Pitt) et Uber, son berger allemand se prénommant Odin dans le film. Rien de mieux que de se dépayser pour apaiser les images de la guerre qu’ils ont vécue ensemble, ancrée au plus profond de leurs traumatismes.

–Spoilers–

UN PEU CREUX ET UN PEU ÉMOUVANT

Heart of the Beast est porté par une star de cinéma américaine : Brad Pitt, et un chien. Ils se partagent tous deux l’affiche sans que cette icône du septième art ne vienne entacher la performance du canidé. Il ne faut pas oublier que diriger un animal sur un plateau de tournage, qui plus est, alors qu’il est dans quasiment tous les plans, représente un challenge important.

La promenade entre les deux amis va virer au survival, en raison de la douleur physique plongeant James dans une crise cardiaque, causant le crash de son avion. C’est alors qu’il va devoir survivre, accompagné par son fidèle compagnon, à travers ce lieu calme et dangereux. David Ayer va même intégrer de la spiritualité à l’image en passant par la bande originale du film afin de pouvoir nous immerger dans ce purgatoire naturel.

Le casting est donc limité. On aura même le droit à une apparition (pas nécessaire) de J.K. Simmons, interprétant un autre aventurier sous le nom de Walter Boone. Il faudra alors compter sur la traversée du duo de survivants pour espérer être emporté dans leur périple.

Copyright Paramount PicturesStars Brad Pitt, Uber Film Heart Of The Beast

Cependant, Heart of the Beast est restreint par son concept. Un parti pris qui lui vaut d’être assez creux en péripéties et trop linéaire. Il n’en est pas pour autant un mauvais film. Même si, à l’arrivée, il ne sera sûrement pas si marquant. Et le dénouement émouvant ne suffira pas à impacter nos mémoires. Les flashbacks de la guerre, lors du sommeil de James et Odin, sont représentés visuellement de manière assez cheap et illustrés pour répondre seulement à leur fonction dramaturgique. Le seul développement pourrait provenir de cette discussion entre James et Walter, montrant l’amour de l’ancien militaire pour son chien. On est évidemment bien loin de la performance de son homologue Leonardo DiCaprio dans The Revenant (2015) dans le registre du survival. Heart of the Beast est aussi bien en dessous de l’œuvre en termes d’impact, d’écriture et de grandeur, ne prétendant cependant pas être un film de la stature de celui d’Iñárritu. Le métrage rend néanmoins hommage aux 3 000 chiens de guerre déployés. Ils sont amenés par ces humains, leur faisant connaître l’enfer de la guerre, alors qu’en retour ces animaux leur rendent loyauté et amour.