All you need is kill est une adaptation du manga éponyme d’Hiroshi Sakurazaka sur le grand écran par Ken’ichirô Akimoto. Cet artiste assurait les effets visuels lors de ses précédents projets avant de réaliser ce premier film. Son regard ainsi que son savoir-faire technique et artistique expérimenté va être ici un atout largement exploité, que ce soit par les traits des visages ou la gestion visuelle colorée de l’œuvre.

Spoilers

EDGE OF TOMORROW EN ANIMATION

Le film réalisé par Doug Liman : Edge of Tomorrow porté par Tom Cruise et Emily Blunt est sorti la même année que le manga All you need is kill en 2014 tous deux issus de la Science-fiction. Cette similitude en est une parmi tant d’autres.

Tout d’abord, son concept devenu aujourd’hui populaire : celui de la boucle temporelle. Le personnage est enfermé dans ce temps qui se renouvelle (en majorité) après la mort de Rita, qui tout comme dans Edge of Tomorrow, munie d’un exosquelette pour pouvoir combattre la menace extraterrestre incarnée par ces fleurs aux couleurs vives. L’objectif de Rita, accompagné par plus tard par son coéquipier Keiji, avec qui elle va apprendre à connaître alors qu’ils n’étaient pas forcément prédestinés à s’entendre, se servent de ses tentatives usantes, mais nécessaire pour pouvoir espérer sauver l’humanité.

Copyright Hiroshi Sakurazaka / Shueisha, ALL YOU NEED IS KILL Project Film All You Need Is Kill

« C’EST COMME UN JEU VIDÉO »

All you need is kill fonctionne comme un jeu vidéo, par son concept du « Die and retry » qui tout comme pour la progression d’un niveau, permet d’apprendre à franchir ses obstacles peu à peu grâce aux différents essais mis à disposition annoncés par un son guttural. De plus, le jeu vidéo est cité afin de pouvoir assimiler cette anomalie à la réalité ancrée dans la vie quotidienne. Rita va, tout comme un joueur répète des mouvements pour pouvoir trouver les plus optimisés, tout comme le choix de son arme qu’elle sélectionne après en avoir essayé quelques-unes. De plus, Rita va bénéficier de mises à jour afin d’améliorer les capacités de sa combinaison mécanique grâce à Keiji qui, tout d’abord hors du terrain, derrière son ordinateur va façonner son superhéros, son personnage : Rita, en l’aidant à accomplir son objectif. Cependant, ce récit ne se limite pas aux frontières virtuelles, Keiji va donc devoir quitter son écran pour pouvoir combattre aux côtés de Rita.

UNE BELLE JOURNÉE APOCALYPTIQUE

Ces boucles proviennent-elles d’une déformation temporelle ou d’un simple rêve ? Une question qui mérite d’être posée vu le contenu de ces segments redémarrant à partir du réveil qui extirpe Rita de son sommeil. Mais peut-être (et sûrement) que cette boucle temporelle traite d’un sujet plus développé qu’une simple attaque extraterrestre, car elle s’avère selon le développement de l’écriture du personnage de Rita être non pas une boucle, mais une bulle. En effet, Rita a subi un traumatisme, celui de sa mère la jetant dans cette eau étant enfant pour la noyer. La bulle est la métaphore du traumatisme de Rita. Elle va tout d’abord en sortir spirituellement ne serait-ce qu’un instant pour contempler le paysage et d’admirer cette belle journée éclipsée par l’urgence de l’enjeu. Une manière de faire un pas pour sortir de cette bulle qui l’a cloisonne depuis son enfance.

Copyright Hiroshi Sakurazaka / Shueisha, ALL YOU NEED IS KILL Project Film All You Need Is Kill

All you need is kill ne se limite donc pas seulement à sa structure ludique, développant sa comparaison dramaturgique avec son concept par l’écriture du protagoniste à travers un univers inspiré, coloré et techniquement bien animé.