
Eruption met en scène la popstar Charli XCX dans un poème vivant, dont les premiers vers se devinent à travers le nuage de fumée du volcan en éruption.
DEUX MODES DE VIES POUR UN CŒUR À PRENDRE ?
Rob (Will Madden) et Bethany (Charli XCX) vivent ensemble depuis quasiment un an. Rob est très organisé. Il souhaite faire sa demande en mariage à sa compagne dans un endroit qu’elle juge romantique : Varsovie, en Pologne. Un couple normal, au un mode de vie calme, qui va néanmoins susciter certains doutes pour Bethany, ayant découvert la bague de Rob bien avant leur arrivée dans la capitale polonaise. Des questionnements retranscrits à travers le caractère évasif de Bethany, qui erre avec ses doutes. Le réalisateur Pete Ohs les transmet en éloignant progressivement la complicité du couple, que ce soit lors d’une phrase prononcée par Rob, attendant une réponse de Bethany, en vain, ou ce dialogue dans l’ascenseur, mais filmé de l’extérieur, hors champ. Comme si tout cela était fait pour nous désolidariser de cette relation qui, malgré tout, est fondée sur la stabilité. Trop solide pour Bethany, qui préfère se laisser porter par l’inattendu. Elle suit la rage de l’Etna, ce volcan italien en phase d’éruption. C’est alors que la magie opère, chaque fois qu’un volcan gronde. Un incident déclencheur, ou plutôt une coïncidence appelant d’autres coïncidences, vient troubler la situation des différents personnages. Cependant, cette catastrophe naturelle est paradoxalement une bonne nouvelle pour elle, car elle représente une occasion d’éprouver à nouveau le besoin de retourner dans son rêve, ne devant rien à personne, libre de ses désirs.
Elle retrouve alors Nel (Lena Góra), qui elle aussi semble ne pas être une adepte de la stabilité. Nel et Bethany revivent ce rêve après la dernière éruption qu’elles ont vécue. De l’ambiguïté à la subtilité, dans une relation pudique, avec juste le plaisir de passer du temps ensemble, de se lire des poèmes, avant que le réveil ne vienne rompre cette histoire éphémère, mais à jamais inachevée.
Eruption est un film indépendant, à certains moments expérimental, avec ses palettes de couleurs prenant la forme de cartons ou de filtres se posant sur les images représentant le volcan, par exemple. Un métrage qui souffre pourtant, selon moi, d’un rythme un peu ennuyeux, malgré sa force poétique et visuelle. Cela ne suffit donc malheureusement pas à faire d’Eruption une réussite. Cela tient peut-être à la méthode de travail atypique de Pete Ohs, qui consiste à tourner sans scénario achevé au préalable, préférant le créer au fil du tournage.





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