affiche de supergirl

Supergirl est le deuxième film de l’univers DC désigné par James Gunn. Approfondissant l’histoire de Kara Zor-El aperçue dans Superman (2025) : ce film confirme-t-il les espoirs d’une saga cohérente et surtout de qualité ?

Warner a eu beaucoup de mal à relancer la machine DC Comics… Après les échecs successifs de Shazam 2 (2023), The Flash (2023), Blue Beetle (2023) et Aquaman et le royaume perdu (encore 2023), le studio a mis fin au DC Extended Universe (le grand projet de films DC censé concurrencer Marvel). Pour le relancer, Peter Safran fait appel à James Gunn qui a brillé chez Marvel avec sa trilogie Les Gardiens de la Galaxie (2014, 2017 et 2022), a su réaliser un des rares bons films de la fin du DCEU avec son excellent The Suicide Squad (2021) et a écrit/produit Peacemaker (2022-2025) : une très bonne série axée autour d’un personnage de The Suicide Squad.

James Gunn est donc à la tête du projet : il choisi les réalisateurs et co-écrit les scénarios pour donner une cohérence au tout. A ce jour, il n’y avait que son Superman (et des séries) dans son DC Universe, Supergirl est donc le deuxième film à intégrer cette saga et à ne pas être réalisé par James Gunn ! Comment cet ensemble tient-il lorsque son créateur n’est pas aux manettes ?

Un film inabouti

Difficile de passer à côté du premier problème majeur de Supergirl : les effets visuels sont ratés… Les fonds verts/bleus se voient à des kilomètres, beaucoup de scènes se finissent dans des nuages de poussières numériques pour masquer tant bien que mal des rendus non terminés… C’est extrêmement dommageable car Rob Hardy à la photographie arrive parfois à tirer de très belles images (notamment avec les différentes couleurs de soleils), mais qui sont instantanément gâchées par des VFX mal finis.

Outre l’aspect technique, Supergirl s’enlise dans un scénario prévisible, déjà vu et lourd… Comme dans Superman, il faut sauver le chien Krypto et en plus de cela, Kara devra (comme dans les comics) aider Ruthye Marye Knoll à tuer Krem, un brigand qui a tué ses parents. La jeune orpheline est d’ailleurs un véritable poids pour le scénario et ne sert presque à rien de tout le film… tout comme les brigands qui ne sont qu’une pâle copie de méchants piochés dans la saga Mad Max (1979-2024).

À la rigueur, avoir des bikers en cuir qui se battent avec des véhicules roulants post-apocalyptiques sur une planète désertique pourrait passer, mais le film reprend aussi certaines thématiques comme Krem qui kidnappe des femmes pour les féconder et entretenir sa planète exclusivement masculine. Bien sûr, le pont entre Fury Road (2015) est évident, mais là où le bât blesse c’est que Supergirl n’en fait jamais rien. C’est mentionné… et c’est tout : dommage.

Que ce soit dans les visuels ou dans l’écriture, ce deuxième métrage du DCU laisse un grand goût d’inachevé et d’opportunité manquée.

Supergirl vole avec des VFX moches
Copyright Warner Bros. Stars Milly Alcock Film Supergirl

Quelques bonnes idées

Supergirl laisse d’autant plus un goût d’opportunité gâchée que tout n’est pas à jeter dedans et que, quelque part, il y avait surement un bon film à faire.

Milly Alcock est très convaincante en Kara Zor-El ! Certes, il n’y a pas de grandes scènes d’émotions à jouer, mais l’actrice australienne s’en sort à merveille dans l’action et manie habilement le ton burlesque du film. Autre acteur qui tire son épingle du jeu : Jason Momoa. Clairement venu se racheter après le fiasco du second Aquaman, Jason Momoa réussi à voler toutes les scènes dans lesquelles il apparait et incarne clairement le (très bon) comic relief du film.

C’est aussi grâce à ce film qu’on en apprend un peu plus sur Krypton. Grâce à quelques séquences de flashback, Kara explique ce qui est arrivé à sa planète natale et permet d’enrichir à la fois son passé mais aussi celui de Superman : il y avait d’ailleurs peut-être un peu plus à raconter de ce côté que les histoires de brigands de l’espace…

Enfin, film chapoté par James Gunn oblige : la bande originale est parsemé de morceaux vintages marquants ! On peut regretter l’absence d’un thème original puissant, mais cette accumulation de hits permet aussi à Supergirl de gagner en rythme et en efficacité.

Supergirl et Krem
Copyright Warner Bros. Stars Milly Alcock , Matthias Schoenaerts Film Supergirl

Supergirl n’est pas un mauvais film dans l’absolu, mais rate très souvent ce qu’il entreprend et ne se donne pas les moyens d’égaler son prédécesseur (Superman). Il en ressort un film inégal sans véritable parti pris qui n’est ni jamais vraiment décevant, ni vraiment réussi… Il prend tout de même le soin d’introduire des nouveaux personnages – Supergirl et Lobo – qui sont réellement les points forts du film et que l’on prendre plaisir à retrouver dans la suite du DCU.