
Sugarland Express (1974) est un métrage méconnu issu de la filmographie populaire de Steven Spielberg n’ayant que 26 ans pendant le tournage en 1973. Il s’agit non seulement de son premier long-métrage distribué au cinéma, mais aussi de la première grande collaboration entre le cinéaste et John Williams, juste avant Les Dents de la mer (1975) qui va alors propulser le réalisateur dans la cour des très grands, et ce n’était que le début…

–Spoilers–
L’EMPATHIE ENVERS LA FAMILLE
Mais avant le récit sur le Grand requin blanc tueur, Sugarland Express voit le jour après un métrage similaire : Duel (1971) qui est au départ un téléfilm développé pour ABC. En effet, nous allons revoir un road movie et plus précisément une course poursuite nous tenant en haleine pendant toute la durée du film.
Le récit s’inspire d’une vraie histoire prenant place en 1969 au Texas. Lou Jean (Goldie Hawn) ayant purgé sa peine, vient forcer l’évasion de son mari Clovis (William Atherton), au centre de réinsertion, afin de pouvoir récupérer leur enfant placé dans une famille d’accueil. Déjà l’un des thèmes principaux de Spielberg est exposé dans ce film : celui de la famille. Ce couple est prêt à tout pour récupérer leur fils afin de reconstituer leur cadre familial, ne voulant pas utiliser la violence, malgré le fait qu’ils soient prêt à tout pour pouvoir récupérer Langston. Évidemment, ils vont rentrer dans un engrenage qui ne va pas se passer comme prévu, car ils vont devoir prendre en otage un des officiers de police : Slide (Michael Sacks). Ce ne sont pas des criminels organisés. Leur unique mobile est de seulement d’aller chercher leur enfant. Une affaire qui rassemble de nombreux membres des forces de l’ordre et qui est alors médiatisée, ce qui provoque l’empathie du peuple par leur touchante situation, encourageant ce couple à accomplir leur objectif, les acclamant comme des stars.
De plus, ce qui va renforcer l’empathie est la manière dont laquelle le couple de ravisseur traite leur otage. Lou Jean et Clovis vont s’attacher à Slide, qui en retour verra en eux une certaine bienveillance, même s’il reste menotté. Un paradoxe de braquer un individu tout en développant de la confiance va jusqu’à nous faire oublier qu’il est retenu par le couple par ces moments amicaux passés avec ces derniers.
Le Capitaine Tanner (Ben Johnson) représente la justice. C’est lui qui dirige l’opération menant à arrêter les fugitifs et de sauver Slide. Il doit empêcher le jeune couple de récupérer leur enfant, mais ne reste pas moins insensible envers le fond de leur agissements, comme le prouve cette scène où il explose le matériel de ces chasseurs qui ont cernés le duo de protagoniste ayant comme volontés de l’abattre. Le Capitaine a réussi à mener à bien toutes les affaire lors de sa carrière sans tuer quelqu’un, et il ne compte pas changer cette performance. Cela permet de justifier que la prise de risque est réduite, ce qui complexifie la situation de ne pas utiliser la violence malgré la détermination des poursuivis.
Si les citoyens sont du côté des « délinquants », c’est en raison de la valeur qu’ils défendent et que Spielberg revendique : la force de la famille qui est un pilier des valeurs humaines. Les Américains ne vont pas hésiter à être contre la justice, car la justice est paradoxalement l’antagoniste du récit, car elle oblige le Capitaine à arrêter le couple à les empêcher de mener à bien leur mission familiale.




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