
Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne sort en 2011 et représente surement un des plus gros projets d’animation jamais réalisé.
Le saviez-vous ? Si Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne existe, c’est en partie grâce à la France et, plus précisément, aux critiques de cinéma françaises ! (Cocorico)
Retour en 1981. Steven Spielberg sort (Indiana Jones) Les Aventuriers de l’arche perdue (1981). Véritable succès mondial, le film est plébiscité par la presse et le public (c’est le plus gros score au box-office de cette année-là) et son réalisateur lit les critiques de la presse mondiale. Si tous les médias internationaux s’accordent sur le grand sens de l’aventure, l’aspect comique et l’action grandiose, un nom revient sans cesse dans les critiques françaises : Tintin !
Intrigué, Steven Spielberg s’intéresse donc au jeune reporter belge, achète ses BD et se rapproche d’Hergé en 1983 pour en faire une adaptation au cinéma. Malheureusement, Hergé décède peu de temps après et, bien qu’il ait eu son accord pour réaliser son projet, Spielberg peine à écrire un film qui mettrait à l’honneur le travail de son dessinateur. Quels acteurs choisir pour un film en live action ? Quel ton adopter ?
Le projet reste en suspens et Spielberg part sur d’autres films… Alors comment est-on passé d’un projet mort à un des plus grands films d’aventures pour petits et grands ?
Un projet de passionnés
20 ans après avoir obtenu les droits d’adaptation pour Tintin, Steven Spielberg voit Le Seigneur des Anneaux (2001-2003) et en particulier Gollum ! Il contacte alors Peter Jackson avec pour idée de relancer le reporter belge au cinéma dans un film live action (avec des acteurs physiques) et un Milou en performance capture.
Peter Jackson, fan de Tintin depuis qu’il est petit, accepte et réalise des premiers tests dans ses studios en Nouvelle-Zélande.

Le résultat plait à Steven Spielberg et lui plait tellement qu’il propose de tout faire en performance capture ! Le projet est relancé et les deux réalisateurs décident de travailler ensemble à l’écriture mais surtout à la réalisation.
Steven Spielberg sera le réalisateur traditionnel, sur place avec les acteurs, derrière la caméra (à Los Angeles), alors que Peter Jackson supervisera les effets visuels, les conceptions de décors numériques et la gestion de l’espace à distance (depuis Wellington). Le deal étant que Spielberg réaliserait le premier et que Peter Jackson s’occuperait de la suite (qu’on attend toujours).
Initialement, ils avaient préparé 2 scénarios pour Tintin. L’un s’axait autour du Crabe aux pinces d’or (1941) et l’autre autour du Secret de la Licorne (1943), mais les deux étaient trop légers pour un film complet. Ils font alors appel à un autre passionné de Tintin reconnu pour son écriture à Hollywood : Edgar Wright (Shaun of the Dead (2004), Hot Fuzz (2007)), qui appellera également Steven Moffat (un des principaux auteurs de Dr. Who (2005-2022)). Leur rôle ? Fusionner les deux histoires pour créer un très grand film d’aventure.

Un casting incroyable !
Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne n’est pas qu’un « simple » film d’animation où les acteurs viennent poser leur voix. Ici, ils ont dû enregistrer leur performance physique, travailler des gestuelles typiques de la BD ou du dessin animé. Le casting a donc été fait tant pour le timbre vocal de l’acteur que pour sa physicalité.
Ainsi, on retrouve Jamie Bell (Billy Elliot (2000), Snowpiercer (2013)) dans le rôle de Tintin, car il fallait à la fois dégager une énergie de jeune homme sans être trop juvénile non plus et pouvoir être extrêmement physique sans être trop costaud. De par son gabarit mais aussi son jeu, il est l’acteur parfait pour le rôle. D’autant qu’il a pu compter sur le très expérimenté Andy Serkis (Gollum dans Le Seigneur des Anneaux) en Capitaine Haddock pour l’aiguiller durant les heures de tournage en performance capture.
Autre véritable point fort : Dupond et Dupont ! Pour ce duo iconique de l’univers Tintin, c’est un autre duo comique qui a été choisi. Simon Pegg et Nick Frost, amis dans la vraie vie et se partageant l’affiche dans de nombreux films (la trilogie du Cornetto mais aussi Paul (2011)), jouent ici chacun un des deux policiers burlesques et le moins que l’on puisse dire est que leur complicité réelle se ressent à chacune de leurs interventions !
Impossible de pas mentionner Daniel Craig qui joue parfaitement Ivan Ivanovitch Sakharine, le grand méchant du film, avec un flegme et une agressivité tout en retenue que l’on peut retrouver dans ses James Bond. (Petits clins d’œil aux superbes performances de Gad Elmaleh et Toby Jones dans des rôles très secondaires, mais qui participent à l’ambiance et au charme de l’univers).

Une aventure effrénée
Si Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne marque autant, c’est avant tout grâce à son rythme très soutenu ! À partir du moment où Tintin achète la maquette du bateau : le film s’accélère et ne ralentit jamais ! Attaques, complots, enlèvements, braquages, le tout en sautant d’un pays à l’autre et en visitant des lieux majestueux, Steven Spielberg tient en haleine son spectateur et ravive continuellement son désir d’aventure/d’exploration.
La patte de Steven Moffat se ressent à l’écriture sur certaines séquences en jonglant entre plusieurs temporalités et sont parfaitement mises en image grâce à la technologie de WETA Studio.
En effet, si le film a un rythme aussi soutenu, c’est aussi grâce à ses conditions de tournage ! Grâce à la 3D room (une grande pièce pour la performance capture équipée d’une soixantaine de caméras), Steven Spielberg a pu créer des plans uniques sans aucune contrainte physique. Il multiplie donc les plans-séquences vertigineux qui auraient été impossibles avec de vrais acteurs, comme une course-poursuite folle dans les rues de Bagghar ou un récit du capitaine Haddock switchant constamment entre le présent et le passé d’une grande bataille pirate !
L’ensemble du film est rythmé par l’excellente bande originale de John Williams, dont le générique rappelle quelque peu celui d’Arrête-moi si tu peux (2002), et qui reste surtout en tête bien après le visionnage du film.
Un film pour petits et grands !
Tout comme son homologue de papier, Tintin au cinéma est une œuvre pour toute la famille ! L’aventure est drôle, pleine d’action, de mystère, de personnages haut en couleur qui plairont aux plus jeunes, mais qui comporte aussi son lot d’éléments sérieux pour les adultes.
Fait rarissime dans un film « pour enfants » le capitaine Haddock est un alcoolique notoire. Certes, sa dépendance est clairement pointée comme néfaste et Tintin le recadre fréquemment, il n’empêche que bon nombre de séquences n’hésitent pas à montrer une consommation décomplexée d’alcool. Le film s’axe également autour de la question d’héritage matériel mais aussi de valeurs : est-on forcément comme nos ancêtres ? Peut-on réparer le passé ?
Ses questionnements retentiront davantage chez les adultes, mais sont déjà une piste de réflexion pour les plus petits.

Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne est un des meilleurs films d’animation. On y retrouve toute la sève du matériau original sublimée par la réalisation parfaite de Steven Spielberg et d’une équipe de rêve autour de lui pour aboutir à un des plus grands films d’aventure !




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