Spoilers

David Michôd revient 6 ans plus tard son dernier (bon) film : Le Roi (2019) avec cette fois un message d’engagement sur la toxicité masculine tyrannique envers les femmes victimes de cette violence.

Christy, interprétée par Sydney Sweeney, est une boxeuse qui se découvre un talent, une voie pour pouvoir espérer combattre non pas seulement ses adversaires sur le ring mais ses propres démons ainsi que ceux qui insufflent de la haine injuste envers la jeune femme. Cela commence en effet avec l’exposition du cadre familiale de Christy dotée d’une ouverture d’esprit primitive. En effet, Christy fréquente Rosie (Jess Gabor) et l’interdiction de la voir décidée par la famille couplée par les insultes homophobes mènent à sa colère, mais surtout à sa perdition.

LA PREMIÈRE IMPRESSION EST SOUVENT LA MEILLEURE

Le potentiel de Christy ne passe pas inaperçu et cela va lui valoir une collaboration avec Jim Martin incarné par un Ben Foster méconnaissable. Leur rencontre sera finalement l’enclenchement d’une bombe à retardement avec ce mépris de cet homme envers cette future championne. Cependant, cela va être le début d’une « équipe » qui va rapporter des résultats prolifiques, mais cette réussite va en réalité cacher la toxicité de son entraîneur malsaine contrôlant Christy, qui a enfin trouvé un domaine qui lui plaît. Elle va tellement se combler dans la boxe qu’elle va baisser sa garde hors du ring face à la violence de Jim Martin qui deviendra le mari de Christy. En effet, la première ellipse ne va pas nous plonger dans un moment heureux du couple. Une manière de résumer toutes ces années par cette scène alarmante montrant le machiavélisme de cet homme.

Il va alors littéralement dévier Christy de Rosie incarnant la bienveillance saine et sereine. Une ordure qui va en quelque sorte éclipser le combat de Christy d’être une championne de boxe même en étant amoureuse d’une autre femme, tel le biopic sur Billie Jean King sous les traits d’Emma Stone dans Battle of the Sexes (2017). Une collaboration qui va aussi faire penser à celle présentée dans Elvis (2022) de par la toxicité du manageur envers la star. Sans oublier la plus grande inspiration du film de boxe féminin : Million Dollar Baby (2004) mentionnée dans le métrage.

Copyright Black Bear Pictures Stars Sydney Sweeney , Ben Foster Film Christy

La situation dramatique nous révolte d’autant plus quand on voit les images d’archives montrant que ce récit est tiré d’une histoire vraie. Une œuvre portée par le personnage d’une grande Sydney Sweeney qui n’affronte pas seulement ses démons, mais un démon qui s’est accroché à Christy. Un film qui ne va pas seulement être très bon, mais qui va aussi permettre d’adresser un message sur la main tendue que beaucoup de victimes doivent saisir pour pouvoir survivre aux dominations violentes masculines.

Christy apporte une figure féminine forte sur et en dehors du ring. Et même auprès de sa propre famille et plus particulièrement la monstruosité de sa mère nous renvoyant à nouveau au chef-d’œuvre de Clint Eastwood. Ces électrons négatifs gravitant autour de cette jeune femme voulant parasiter son credo : « Je suis une femme normale qui met des K.O. » Une manière de résumer sa personnalité simplement et sereinement.