
Lorsqu’on évoque les adaptations difficiles au cinéma, Resident Evil est un cas d’école. La première remonte à 2002 et fut réalisé par Paul W.S Anderson et sera suivie de cinq autres suites. Malgré la nostalgie, ces films furent très mal accueillis à la fois par la critique et par les fans, lui reprochant un récit peu clair, une proportion pour l’action bien plus marquée que l’horreur et une envie d’oublier le matériel d’origine. La licence aura eu droit à deux nouvelles tentatives d’adaptation, Resident evil : Welcome to Raccoon City (Johannes Roberts, 2021) qui sera retenu comme une fusion absurde des deux premiers jeux dictés par un fan service mal fait ainsi qu’une série Netflix non renouvelée qui essaie d’attirer un nouveau public en vain. Le principal problème est que le jeu d’origine s’inspire trop du cinéma de série B, compliqué de faire une bonne histoire quand ton inspiration principale est les films moyens et les nanars. Cependant, les studios confièrent cette quatrième tentative à un jeune talent du cinéma d’horreur, Zach Cregger, repéré grâce à Barbarian (2022) avant de confirmer dans Weapons (2025). La stratégie étant de faire confiance à un jeune auteur et non pas à un yes man.
–Spoilers–
Ici il n’y a pas de Léon, de Chris ou encore de Claire. On suit Bryan (Austin Abrams), un coursier médical, qui se voit confier un colis de grande importance à livrer à l’hôpital de Raccoon City. À l’abord de la ville, il percutera une femme qui s’avèrera être infectée par un virus zombie. S’ensuit une course pour la survie de Bryan. Il sera amené à affronter toutes sorte d’infectés au comportement étrange, tout en devant réfléchir sur sa place de futur père.
Le maître mot de cette adaptation est l’ambiance. Cregger souhaite reproduire l’atmosphère survival horreur des jeux tout en créant quelque chose de nouveau. Bryan est un personnage simple et a des réactions proches du public face à ce genre de situation. Cela a comme principale conséquence de partager son stress mais surtout de rendre le film comique. Lorsqu’il rate une cible avec son fusil ou qu’il n’arrive pas à mettre les balles dans le chargeur, il crie « fuck » et se met à râler. Ce genre de passage est fréquemment utilisé, démontrant que la comédie et l’horreur sont différenciables que par leur rythme. En parlant d’horreur, le bestiaire du film est composé principalement de créatures nouvelles, dont la principale qui est une réussite visuelle sur son build-up et sa conclusion. Celle-ci est particulièrement surprenante et en contre-pied des autres films et de la licence Resident Evil.
Cette adaptation ne fera sûrement pas l’unanimité, le film est bien trop loin du lore des jeux et les références sont peu nombreuses et cachées. Ce qui ne l’empêche pas d’être l’itération la plus proche des jeux originaux. En quittant l’horreur/action des films et jeux à partir du quatrième, Cregger nous donne l’impression d’être comme Claire dans Resident Evil 2, livrés à nous-mêmes et traqué par une menace informe, telle une épée de Damoclès. Sans compter qu’elle ose des choses, un passage dans les dernières vingt minutes rappellera des souvenirs à ceux ayant vu Alien vs. Predator : Requiem (Colin Strause et Greg Strause, 2007).

Je retiens de ce film une envie d’offrir à Resident Evil une adaptation hommage, en faisant table rase de tous les écueils dans lesquels sont tombés les précédents films. Cependant, ce film ne sera sûrement pas synonyme de saga, et cela fait sacrément plaisir de voir un stand-by.




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