
La Loi de Téhéran (2019) est l’œuvre qui a révélé Saeed Roustaee au grand public. Un grand film qui a également présenté l’impressionnant Payman Maadi porteur d’une aura marquante. Un acteur qui accompagne le cinéaste depuis Life and a Day (2016) jusqu’à Leila et ses frères (2022) et donc Woman and Child : le nouveau film de Saeed Roustaee.
–Spoilers–
UNE FEMME CONTRE LE CONFORMISTE
Le cinéaste poursuit ses récits sociaux après son précédent métrage en mettant en scène la plus grande force de son œuvre : Parinaz Izadyar (Mahnaz). Cette femme iranienne s’apprête à s’unir avec Samad (Payman Maadi). Cependant, cette dernière est plutôt réfractaire à l’idée du mariage qui représente une étape conformiste de la société, malgré l’insistance de Samad. Mahnaz élève ses deux enfants : Aliyar (Sinan Mohebi) et Neda (Arshida Dorostkar) sans leur père décédé.
Cette union va malheureusement être la cause du drame que va subir la famille de Mahnaz, perdant Aliyar un enfant turbulent qui va mourir injustement avec ses troubles (sûrement en raison de la perte de son père) va être au courant du projet de mariage de sa mère. L’enfant va alors s’enfuir passant par la fenêtre causant sa chute. Cependant, nous allons avoir une révélation comme quoi il essayait en réalité de fuir son grand-père en train de le battre pour le canaliser.
Même si l’annonce du mariage n’est pas ce qui a provoqué la réaction d’Aliyar, il en reste tout de même un message engagé qu’adresse Roustaee sur l’oppression de la société traditionnelle, liant une autre dominance malsaine qui s’avère être finalement le fil conducteur du propos de Woman and Child : celle du patriarcat.

SOUS L’OPPRESSION DES HOMMES
Samad est un homme salissant le respect envers celle qu’il était censé « aimer » : Mahnaz en voulant se marier finalement avec sa petite sœur : Mehri (Soha Niasti). Une trahison dans la famille qui va finalement être admise auprès de sa mère et finalement Mehri qui va néanmoins éprouver énormément de culpabilité envers la souffrance qu’elle a causé à sa sœur. Mahnaz éprouve logiquement du dégoût plus que justifié à l’égard de son ex-partenaire, d’être trompée avec sa sœur de 25 ans alors que ce dernier est beaucoup plus âgé.
Même en ayant perdu son fils, cela ne va pas empêcher la masculinité de menacer Mahnaz de la priver de sa fille.
La culpabilité partagée à travers les responsabilité des différents personnages va venir nourrir la colère et la justice que réclame Mahnaz face à ses hommes. En effet le responsable est le grand-père usant de la violence pour s’imaginer imposer son autorité malsaine. De plus, le membre de la direction de l’école excluant Aliyar pendant une semaine, va être la raison pour laquelle Mahnaz a confié son fils au principal responsable du meurtre.
Place aux regrets, venant alimenter la colère du deuil que Mahnaz va largement porter et subir avec force et hargne voulant la justice auprès de ces hommes en particulier par cet avocat appliquant conformément la loi, ne pouvant l’aider à répondre justement au drame de son fils. Elle va alors se rendre justice elle-même en adoptant la vengeance.
Woman and Child présente un grand casting. Évidemment démarqué par la grande performance de Parinaz Izadyar donnant vie à la mise en scène plus que solide de Saeed Roustaee se permettant des plans zénithaux inspirés à travers sa réalisation subtilement engagée et très efficace.




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