
Réalisé par George Cukor, My Fair Lady est souvent considéré comme l’une des plus grandes comédies musicales de l’histoire du cinéma. Adapté de la comédie musicale d’Alan Jay Lerner et Frederick Loewe, elle-même inspirée de la pièce Pygmalion. Le film raconte la transformation d’Eliza Doolittle (Audrey Hepburn), une modeste marchande de fleurs, en une femme capable d’évoluer dans la haute société grâce aux leçons de phonétique du professeur Higgins.
LE LONDRES EDOUARDIEN
Les décors jouent un rôle essentiel dans ce film, ils illustrent les différences entre les classes sociales. Tout d’abord le marché couvert de Covent Garden, lieu bruyant et populaire aux étals de fleurs et aux couleurs vives reflète le milieu modeste d’Eliza Doolittle.
Arrive ensuite la maison du Dr. Higgins (Rex Harrison), vaste et élégante, remplie de livres. Maison typique de la bourgeoisie Londonienne intellectuelle. S’ajoutent à cela les décors somptueux, du champ de course, de la salle de bal de l’ambassade qui offre des décors luxueux, avec ses dorures, ces grands escaliers, ces miroirs… mettant en valeur la transformation d’Eliza.
À ces décors réalistes et très détaillés du Londres du XXe siècle, s’ajoutent évidemment les costumes. Les tenues de My Fair Lady comptent encore aujourd’hui parmi les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Ayant valu à son créateur Cecil Beaton un Academy Awards de la meilleure direction artistique et celui des meilleurs costumes pour ce film. Mais au-delà du côté esthétique, ils servent également au récit et soulignent notamment l’évolution du personnage d’Eliza Doolittle et les codes sociaux du Londres de cette époque.
En effet, l’on passe pour Eliza de vêtements usés de petite marchande de fleurs, à des tenues plus sophistiquées au fur et à mesure de son apprentissage, pour finir sur une splendide robe de soirée ornée de bijoux lors du bal final signant son entrée dans l’aristocratie britannique.
Cependant, la scène la plus célèbre de ce film reste le passage au champ de courses d’Ascot, avec ses costumes noirs et blancs d’une élégance et d’une sophistication typique de l’aristocratie anglaise avec ses codes et ses règles strictes.

DU CÔTÉ DE LA MUSIQUE
Que serait une comédie musicale sans chansons ? Question rhétorique bien sûr, surtout que dans My Fair Lady les chansons composées par Frederick Loewe (compositeur majeur du XXe siècle) sur des paroles d’Alan Jay Lerner sont l’un des éléments les plus importants du film, elles ne servent pas seulement à divertir, elles font avancer l’histoire et révèlent les émotions et la personnalité des personnages.
- « Wouldn’t It Be Loverly? » : chantée par Eliza au début du film, exprime son rêve d’une vie plus confortable et plus heureuse. Cette chanson montre sa simplicité, son optimisme et ses aspirations.
- « With a Little Bit of Luck » : interprétée par Alfred Doolittle, le père d’Eliza, apporte une touche d’humour et montre son caractère insouciant.
- « The Rain in Spain » : c’est un moment clé du film. Eliza parvient enfin à prononcer correctement les sons difficiles de l’anglais, marquant une étape décisive dans sa transformation.
- « I Could Have Danced All Night » : après ses progrès, Eliza exprime sa joie et son enthousiasme. C’est l’une des chansons les plus célèbres de la comédie musicale.
- « On the Street Where You Live » : chantée par Freddy Eynsford-Hill, évoque son amour sincère pour Eliza.
- « I’ve Grown Accustomed to Her Face » : à la fin du film, le professeur Higgins prend conscience de l’importance d’Eliza dans sa vie, même s’il peine à exprimer ses sentiments.
Toutes ces musiques traduisent les rêves, les doutes, l’humour et les sentiments des personnages. Elles créent aussi des contrastes entre les milieux sociaux, les chansons d’Eliza sont d’abord simples et populaires, tandis que celles de Higgins reflètent son esprit analytique et son éducation. Elles permettent également de nous attacher à eux, de vouloir suivre leur évolution, mais surtout leur mélodie et leur place dans l’intrigue ont largement contribué au succès de My Fair Lady.
RÔLE ET CASTING
Un casting particulièrement réussi où chaque acteur joue son rôle à la perfection et participe grandement au succès de My Fair Lady. Rex Harrison amène au rôle un humour et un charme pince sans rire typiquement britannique et sa façon très naturelle de chanter en parlant. Son interprétation lui a d’ailleurs valu un Academy Awards du meilleur acteur. Audrey Hepburn, apporte au récit une sensibilité et une énergie rafraîchissante, bien que sa voix chantée ait été en grande partie doublée par Marni Nixon, son jeu d’actrice est largement salué par la critique. Les deux comédiens principaux sont secondés par Wilfrid Hyde-White (colonel Pickering), Stanley Holloway (Alfred Doolittle), ce rôle apporte la touche d’humour nécessaire à ce genre de film et enfin Jeremy Brett (Freddy Eynsford-Hill).
My Fair Lady n’est pas simplement un énième conte de fées, le film traite à travers l’histoire d’Eliza Doolittle de thèmes universels comme les inégalités sociales, le pouvoir de l’éducation, la quête d’identité et d’émancipation et des préjugés.

Même si certains voient un déséquilibre dans la relation entre Eliza et Higgins par certains traitements qu’il lui inflige, n’oublions pas que ces deux personnages passent de l’animosité à un respect mutuel. La jeune femme apprend du professeur autant que celui-ci grâce à elle. L’un d’un point de vue intellectuel l’autre d’un point de vue humain. C’est cette richesse thématique et ces évolutions entre les personnages en plus des décors, costumes, chansons qui font que ce film reste une œuvre majeure du cinéma.




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