Un personnage nommé Robehod ou Hobbehod au XIIIe siècle inspire le célèbre Disney incarné par un personnage devenue anthropomorphe : Robin des bois en 1973. Les années suivantes proposent d’autres versions parmi la multitudes d’adaptations sur cette légende britannique qui voit son premier film sortir en 1908 ! : Robin Hood and His Merry Men.

Robin Hood and His Merry Men1908

Spoilers

Robin des Bois s’est alors modernisé, avec le métrage de Ridley Scott adaptant cette aventure médiévale en 2010 avant celle d’Otto Bathurst en 2018 et celle de Michael Sarnoski en 2026, porté par Hugh Jackman. La version qui nous intéresse ici est celle mettant en scène Russell Crowe comme justicier du peuple opprimé par la royauté ainsi que par la classe aisée.

LE RETOUR DE CROWE DANS L’HISTOIRE PAR SCOTT

Ridley Scott est un habitué du genre historique, ayant notamment adapté 1492 : Christophe Colomb (1992), Kingdom of Heaven (2005), Le dernier Duel (2021), Napoléon (2023) et Gladiator 2 (2024). Sans oublier l’une de ses trois grandes œuvres : Gladiator (2000) offrant à Russell Crowe l’Oscar du meilleur acteur l’année suivante. Ce dernier retrouve donc Ridley Scott dans un film historique après trois autres projets marquant la longévité de la collaboration de Crowe et Scott avec notamment American Gangster (2007). Une manière de raviver la flamme des fans du grand Péplum, même si le niveau reste assez loin de ce qui a été fait dix ans auparavant. En effet, le film montre une scène de bataille d’entrée, avant d’exposer le personnage de Russell Crowe comme le meneur en quête, cette fois non pas de vengeance, mais de liberté pour les pauvres. Les similitudes avec Gladiator qui ne s’arrêtent pas là. La mort du roi amène à la proclamation d’un nouveau règne mené par un personnage rappelant celui de Commode. D’ailleurs, le tout début du thème principal du film émet une légère ressemblance avec l’immense thème issu de la bande originale d’Hans Zimmer.

L’archer de Sherwood a bien changé depuis 1973. En effet, tout comme Blanche-Neige et le chasseur (2012), Disney va avoir le droit à une blockbusterisation de ses films d’animation. Un nouveau visage épique, plus sanglant, plus sérieux et dans le cas de Robin des bois (2010) plus ancré dans la reconstitution historique, de par ses costumes et décors qui sont sans surprise visuellement très crédibles.

« LE TEMPS DU MENSONGE EST RÉVOLU »

Le métrage se sépare en deux axes avant de se rejoindre. Le premier est celui de Robin Longstride se faisant passer pour Loxley auprès de sa famille, étant bien consciente qu’il n’est pas celui qu’il prétend être. Parallèlement à ça, nous aurons une phase beaucoup plus militaire sur les trahisons menant à la menace française sur le sol britannique.

En effet, après la mort de Richard Cœur de Lion, c’est au tour de Jean (Oscar Isaac) d’imposer sa tyrannie sur le peuple anglais, balayant l’espoir de permettre à la population d’être libre par les droits revendiqués par Robin Longstride. Ce dernier sera donc déclaré hors-la-loi par Jean, apeuré par ce qu’il peut provoquer sur le peuple qu’il manipule, devenant un paria ou plutôt un symbole de justice et de liberté. La trahison et la corruption continuent donc de préserver un état malveillant, même après ce qu’aura subi le récit plus tôt. Une conspiration menée par l’opportuniste Sir Godfrey (Mark Strong) pour que les français puissent envahir l’Angleterre et profiter de cette collaboration, pour son propre intérêt.

Le mensonge est donc de mise par la trahison, pendant l’usurpation menée par Robin Longstride, se faisant passer pour un ancien combattant. Il va alors se fondre dans l’apparence d’un chevalier, tout en incarnant à travers son arc caractéristique (« une arme moins noble que celle d’une épée ») la force du pauvre par sa valeur contre le riche.

Copyright Universal Pictures International FranceStars Russell Crowe Film Robin des Bois

Robin des bois reste un film plutôt moyen avec Russell Crowe qui fait du Maximus, mais avec un arc et des flèches. Un métrage qui rentre trop dans l’esprit du blockbuster classique, se reposant sur son divertissement et sa fonctionnalité au détriment de l’impact qu’aura pu semer l’œuvre à laquelle il fait référence.