Le Vertige est le deuxième film de Quentin Dupieux de 2026. Initialement prévu pour les plateformes de streaming, l’œuvre est finalement sortie au cinéma en clôture de la Quinzaine des cinéastes au festival de Cannes 2026

Le film s’ouvre avec le plan d’une ruelle parisienne. Jacky, joué par Alain Chabat, vient alors à la rencontre de son ami Bruno, joué par Jonathan Cohen, avec un constat simple : le monde n’est qu’une simulation. Cette interaction constitue le point de départ de l’aventure dont le twist principal est qu’il s’agit d’une animation 3D ! 

Le film, aussi court (1h07) que son concept est simple et très amusant. Il est certes minimaliste, mais reste très efficace dans ses gags portés par le sérieux des deux protagonistes. Ce n’est pas une œuvre intellectuelle majeure mais en même temps, il ne prétend pas l’être. Le style graphique polygonal peut paraître rebutant mais ne dérange pas très longtemps. Assez rapidement l’œil s’habitue et finit par oublier, en grande partie grâce à des mouvements de caméras très « cinématographiques ».

La manière de « filmer » suit les codes d’un cinéma tout ce qu’il y a de plus classique. Le film ne nous donne pas l’impression d’être dans une cinématique de jeu-vidéo mais bien dans une histoire qui aurait vraiment pu être tournée sur un plateau. L’œuvre n’a d’ailleurs pas été réalisée sous la forme d’une animation traditionnelle puisque c’est l’univers qui a été modélisé en premier. Les mouvements de caméras ont été simulés par la suite et, en suivant des mouvements physiques, donnent cette sensation d’espace réel. Cette particularité peut paraître insignifiante mais elle change en réalité énormément la perception du film, surtout lorsqu’il est aussi laid. Cette manière « réaliste » rend par ailleurs le gag de la simulation encore plus amusant. 

Mais alors que penser de cet absurde latent ? Vouloir analyser et travailler sur la signification du film est assez tentant. La Silicon Valley n’a d’ailleurs pas attendu la sortie du film en salles pour se poser la question. Voir Chabat et Cohen parler d’une simulation comme reflet d’un miroir en tant que réalité alternative à la nôtre semble à première vue une piste intéressante. Il n’y a cependant pas grand-chose d’autre à en tirer puisque ce n’est là pas l’objectif du film, qui n’utilise cette pseudo-réflexion que comme prétexte pour faire rire. Il me paraît important de ne pas attendre quelque chose d’une histoire qui n’a pas pour projet de le donner.

Je recommande ce film pour ce qu’il est, c’est-à-dire un joli gag. N’espérez pas trouver de réponse au sens de la vie, mais si vous avez juste pour projet de rire alors laissez vos attentes de côté et acceptez le métrage comme il est.

Le Vertige, Alain Chabat et Jonathan Cohen