Affiche du film Peninsula

Sorti en 2020, Peninsula était particulièrement scruté notamment à cause de son premier opus (un chef-d’oeuvre tout simplement), mais a-t-il su répondre aux attentes ?

En 2016, Yeon Sang-Ho surprenait tout le monde avec Dernier Train pour Busan (2016) ! Véritable chef-d’oeuvre, ce film donnait à l’époque un second souffle aux films de zombies en étant à la fois horrifique, touchant et inventif. Ainsi, lorsque les premières annonces d’une suite sont sorties, tous les amateurs du genre se sont dressés en attendant le retour de Yeon Sang-Ho derrière la caméra…

Malheureusement, le résultat ne fut pas totalement au rendez-vous et Peninsula n’a que très peu convaincu à sa sortie. Toutefois, il est très loin d’être aussi raté que ce que la vague de haine/déception qu’il a reçu pourrait laisser supposer.

Quelques très bonnes idées

Avant de plonger dans les défauts de Peninsula, il convient de souligner ses qualités : car, oui, il y en a !

Le premier quart d’heure du film est juste parfait. Il y a tout d’abord, une scène en voiture où un groupe de survivant doit laisser sur le bord de la route une petite famille (apparemment non mordue), car cela serait trop risqué pour eux de les prendre et rappelle directement le contexte rude dans lequel sont plongés les personnages. Puis, cette séquence est suivie par (probablement) la meilleure du film : la survie dans le bateau.

En bonne suite de Dernier Train pour Busan, Peninsula nous propose durant une dizaine de minute un spin-off Dernier Bateau pour Busan ! Un espace clos et des zombies : le cocktail parfait qui avait fait le succès du premier réitéré ici et ça marche ! La tension est là, les enjeux sont forts, les pertes sont palpables, on retrouve tout le talent de Yeon Sang-Ho à la réalisation ! Malheureusement ça ne durera pas tout au long du film, mais ces séquences ont le mérite d’être là et rien que pour elles : Peninsula vaut le coup d’être vu.

Enfin, il y a tout au long du film quelques bonnes idées comme l’arène de « gladiateurs » (et toutes les séquences qui s’y déroulent) ou la petit voiture électrique pour attirer les zombies. Ce n’est pas grand chose, mais ces petites pointes d’inventivité relancent l’intérêt pour le récit qui a tendance à s’embourber dans ses 1h55…

Peninsula prenait également le pari risqué de ne pas recopier l’opus précédent. Ici, l’infection a commencé 4 ans plus tôt et l’on suit un groupe qui revient sur la péninsule confinée pour récupérer de l’argent. Il s’agit clairement d’un scénario de série B voué à ne pas calquer le succès de Dernier Train pour Busan en proposant quelque chose de drastiquement différent : il faut saluer la prise de risque.

Arène de gladiateur de Peninsula

Un changement très (trop) brutal

Commençons par l’éléphant dans la pièce : c’est moche ! Certaines séquences comme celle du bateau ou l’arène de gladiateur profitent d’une très belle photographie, par contre celles en ville et plus particulièrement en voiture sont tout simplement affreuses. Que ce soit la nuit américaine hyper factice qui ruine le sentiment de réel ou les horribles effets spéciaux des véhicules : rien ne fonctionne.

Le développement de personnage est également problématique… Au-delà du personnage principal, Peninsula présente de nombreux personnages secondaires (dont un papy et une enfant sortis tout droit d’une comédie de boulevard) qui ne matchent pas du tout avec le ton du film. Dans l’ensemble, Yeon Kang-Ho réalise un film de zombie horrifique, sanglant et triste : comme en témoigne les nombreux passages musicaux tristes, mais d’un autre côté le film regorge de personnages loufoques…

C’est presque comme s’il y avait continuellement 2 films qui se battaient entre eux et n’arrivaient jamais à cohabiter… L’une des conséquence majeure de ce conflit est qu’on ne peut que difficilement s’attacher aux personnages et leur témoigner un quelconque intérêt.

la famille de peninsula

Peninsula n’est évidemment pas la suite que les fans de Dernier Train pour Busan attendaient… Et même s’il possède de très nombreux défauts, ce film n’en reste pas moins une suite osée, qui a pris des risques parfois payant et qui mérite le coup d’oeil malgré sa qualité inégale !