
Quand on parle de science-fiction on pense à James Cameron, Stanley Kubrick, Ridley Scott ou même Christopher Nolan, mais n’oublions pas un nom tout aussi impactant dans le genre, celui de Paul Verhoven, auteur notamment de RoboCop (1987) et Starship Troopers (1997).
–Spoilers–
Juste avant Terminator 2 -Le Jugement Dernier (1991) réalisé par le premier cinéaste cité, Arnold Schwarzenegger va porter une autre grande œuvre de la science-fiction : Total Recall. Une question va venir saisir notre intérêt ainsi que notre questionnement à travers le mystère du récit :
Un rêve peut-il être une trace de la réalité ou juste un fantasme irréel ?
Tout commence par un rêve. Celui de Douglas Quaid (Arnold Schwarzenegger) sur Mars avec une femme qui, à son réveil semble pourtant inconnue. Cet imaginaire (?) implanté dans le sommeil de ce dernier va pourtant susciter son obsession d’aller sur Mars. Pour pouvoir se rapprocher de cet espace qui a insufflé son désir d’en savoir plus (le rêve), il va alors mettre à contribution les services de Rekall offrant des vacances à leurs clients de sorte à éviter les problèmes logistiques ou autres que peuvent subvenir lors de vrais vacances. La promesse de cette entreprise est donc de façonner des vacances ou plutôt des rêves parfaits. Pour ce faire, tel un jeu vidéo, Douglas Quaid va énoncer ses fantasmes, son imaginaire, afin de pouvoir retourner dans ce rêve qui n’a rien d’anodin.
Un procédé futuriste qui permet aussi d’échapper à la réalité comme dans Inception (2010) qui par le rêve permet de fuir la réalité du deuil en maintenant l’esprit de la femme du personnage principal. En effet, Quaid travaille sur les chantiers et va, comme sûrement d’autres personnes vouloir vivre dans un rêve, et donc rentrer dans le capitalisme du futur, tout comme le « Johnny Cab » qui propose des services autonomes de taxi.

ENTRE LUMIÈRE ROUGE ET ÉCLAIRAGE NATUREL
Sur Mars, l’imaginaire est concrète, car Quaid y est enfin. Cependant, le métrage vient quand même nous questionner sur : « Est-ce que tout ça est un rêve ou non ? » ce qui préserve le doute tout comme dans Inception. Pour ce faire, l’utilisation d’outils seront utilisés tels que la présence de la femme du protagoniste : Lori (Sharon Stone) que l’on retrouve sur Mars. De plus le visuel va ludiquement venir personnifier ce doute par l’hologramme que va utiliser Quaid pour se défendre, retransmettant une image irréelle à partir de lui-même. De plus, la colorimétrie animé par la lumière rouge de Mars viendra consolider l’imaginaire, contrairement au plan final où la tonalité rougeâtre laissera sa place à la lumière naturelle nous renvoyant donc à la réalité. Même avec ces indications, la fin ne nous révélera pas la nature imaginaire ou réelle de son récit avec cette réplique de Quaid disant : « Si ça n’était vraiment qu’un rêve ? »
Ensuite, nous pouvons nous questionner sur le point de vue. Total Recall met en scène l’ego-trip de Quaid, même si après tout, il est peut-être en train de rêver. Seulement si c’est le cas, nous sommes censés avoir exclusivement le point de vue du protagoniste alors que dans le récit nous avons aussi celui de l’antagonisme interprété par Richter (Michael Ironside) ainsi que celui qui gouverne : Cohaagen (Ronny Cox) de manière dictatoriale en ayant le pouvoir de supprimer le besoin primaire de la population : l’oxygène.
Le film aborde l’angle politique, traitant de la guerre civile sur la planète rouge entre l’oppression du gouvernement et les rebelles, se battant pour leur liberté. La résistance est largement représentée par leurs formes atypiques. Ils vont aider Quaid dans sa quête, tout comme Melina (Rachel Ticotin) qui est littéralement la femme de ses rêves.

Total Recall est une grande œuvre de la science-fiction qui, tout comme pour Terminator, ne manquera pas d’utiliser la force physique du bodybuildeur à travers plusieurs scènes d’action permettant de nous offrir un divertissement intelligent dans des univers artistiques tout en nous questionnant sur la menace de l’évolution.




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