
Je ne suis pas un grand fan de slashers. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, Halloween, Vendredi 13, Destination Finale… Bref, je vous épargne la liste complète. Cependant, au début des années 2010, alors que je découvrais mes premiers films d’horreur, j’ai eu la bonne surprise de tomber sur ce film au tueur tout vêtu de noir et muni d’un masque blanc dont le menton rappelle la forme d’une lame meurtrière qu’il utilisera d’ailleurs pour éventrer ses victimes. Ce tueur qui, avant d’attaquer ses victimes, les appelle au téléphone pour leur poser la question fatidique « What’s your favorite scary movie ? » (« Quel est ton film d’horreur préféré » Pour les anglophobes).
Ma découverte de la saga Scream fut aussi excitante qu’étrange, j’avais environ 11 ans à cette époque-là et je n’étais pas fan de Transformers ou d’Iron Man, j’étais fan de Sidney Prescott. Inutile de vous dire qu’à ce moment-là tout ce qui comptait, c’était la survie de mes personnages favoris et non pas la qualité des films qui passaient devant mes yeux. Quand j’ai su que j’aurais à écrire un article sur le septième volet de la saga, il m’a fallu replonger dans la petite ville de Woodsboro afin de redécouvrir les films qui faisaient tant d’effets au gamin que j’étais. Votre temps étant précieux, voici mon avis de chaque film en une ligne chacun.
- Scream (1996) : un classique, toujours fun et toujours efficace, il a toujours ce petit charme d’époque.
- Scream 2 (1997) : une bonne suite quoiqu’un peu lourde, beaucoup dans la redite, reste agréable.
- Scream 3 (2000) : une erreur de parcours TRÈS étrange que l’on doit probablement au changement de scénariste, la coupe de Courteney Cox est et restera à jamais un mystère.
- Scream 4 (2011) : un faux « revival » qui peine à trouver son chemin et dont les dernières minutes sont assez insupportables.
- Scream (5) (2022) : le vrai « revival » de la saga, ramène deux nouveaux personnages principaux assez attachants mais le côté méta trop poussif rend le film imbuvable et les tueurs sont super nazes (oui, même Mikey Madison désolé).
- Scream 6 (2023) : une suite assez minable qui n’a plus rien à raconter, devient une caricature de lui-même. Cela dit, le film contient des séquences originales pour un film Scream, notamment la supérette et le métro, qui sont appréciables.
Ce sont ces deux derniers films qui vont nous intéresser pour le moment puisqu’en 2022 lors de la sortie du reboot de Scream c’est un tout nouveau casting présenté par la licence.
Le slasher slashé.

C’est Melissa Barrera qui jouera le rôle de Samantha Carpenter et Jenna Ortega dans le rôle de sa petite sœur Tara. Un duo accompagné par Neve Campbell et Courtney Cox pour assurer le passage du flambeau. Le film engrangera environ 130 millions de dollars pour un budget estimé à 25 millions, un résultat très satisfaisant qui donnera logiquement naissance à une suite.
Courant juin 2022, 6 mois après la sortie du film, Neve Campbell (Sidney Prescott) annonce quitter la franchise suite à un désaccord budgétaire entre elle et les producteurs, un faux problème pour ces derniers qui se raviront de retravailler avec Jenna Ortega qui venait d’exploser dans le monde entier grâce à son rôle dans la série Wednesday. En avril 2023 sort donc en salle Scream VI là encore, un véritable carton qui ira jusqu’à toucher les 170 millions de dollars, et ce même sans la présence de Sidney.
Aux yeux des fans, les sœurs Carpenter sont crédibles et véritablement capables d’assumer la franchise à elles seules et donc, quelques semaines après la sortie du 6, Scream 7 entre en phase de pré-production. À la fin de l’année 2023, après quelques mois très calmes niveau communication du côté de Spyglass (la boîte de production), l’info tombe : Melissa Barrera est dorénavant virée du projet. La faute à un repost sur ses réseaux concernant le génocide en cours en Palestine. Les producteurs diront plus tard qu’ils estimaient que ses posts allaient plus loin que de l’information et dérivaient carrément sur de l’antisémitisme et de l’appel à la haine.
Scream VII se retrouve donc sans sa tête d’affiche et il ne faut pas plus de quelques heures pour qu’une deuxième annonce tombe : Jenna Ortega ne reviendra pas pour Scream 7. Prétextant un problème d’emploi du temps à cause de la saison 2 de Wednesday, la comédienne avouera plus tard dans une interview pour The Cut qu’elle ne voulait simplement plus faire partie du projet sans l’équipe d’origine. Une décision logique venant d’une personne qui utilise également beaucoup ses réseaux pour informer de la situation en Palestine.
Le film n’a donc plus aucune personne pour le faire tourner et entame donc une marche arrière en rappelant Neve Campbell alors même que le scénario était déjà écrit et tournait évidemment autour des sœurs Carpenter. Proposant une somme décente, Campbell accepte de revenir pour Scream 7 et le film doit être repoussé pour réécrire entièrement son scénario en perdant au passage son réalisateur Christopher Landon à cause de nombreuses menaces de mort reçues à son encontre après le licenciement de Melissa Barrera.
Maintenant que le contexte est posé, il est temps pour moi de vous parler du film pour lequel vous avez cliqué sur cet article. Scream VII, retour en arrière ou nouvel élan ? (Attention, le prochain chapitre contient du spoil).
Tu nous as manqué, Sidney.

Réalisé par Kevin Williamson (le scénariste du film original) Scream 7 revient sur la vie de Sidney « Evans » Prescott dorénavant mariée et mère de trois enfants. Loin de Woodsboro, cette dernière sera pourtant à nouveau frappée par Ghostface. Cette fois-ci, elle devra non seulement protéger sa fille du tueur, mais aussi se lancer dans une enquête qui l’aidera à déterminer si OUI ou NON Stuart Macher (premier tueur de la saga interprété par Matthew Lilliard) est bel et bien toujours en vie.
Le film ramène également Gale Weathers (Courteney Cox) et les deux jumeaux Meeks insupportables apparus pour la première fois dans Scream (2022). Avec ça, rajoutez une petite bande d’amis prêts à se faire découper dont fait notamment partie McKenna Grace (comédienne sympathique bloquée dans des rôles médiocres du cinéma d’horreur) et la convaincante Isabel May dans le rôle de Tatum Evans, la fille de Sidney.
Si le long-métrage contient une très bonne scène d’introduction, ni trop lourde ni trop longue et un charmant début qui introduit la nouvelle vie de famille de Sidney. Il peine tout de même à convaincre sur la longueur, son réalisateur n’est jamais dans le mauvais, mais jamais dans le bon non plus. Je pense qu’il aurait gagné à prendre un peu plus de risques d’autant plus que sa pseudo-critique sur l’IA n’est jamais réellement assumée à tel point qu’il est même difficile de dire s’il se moque de l’IA ou s’il se moque des gens qui seraient contre l’IA.
Au final, le film fait le travail et à mon grand étonnement n’est pas plus médiocre qu’un Scream 2 ou 6, mais n’est-ce pas là le cœur du problème ?
Mon film d’horreur préféré ? Pas Scream 7 en tout cas.

Scream est presque un anti-slasher et je pense que c’est pour ça qu’il m’a tant plu par rapport aux autres licences, mais être conscient de ses propres codes ne fait pas de lui un film meilleur. C’était déjà ma critique concernant les précédents opus et celui-là n’échappe pas à la règle.
Sa médiocrité vient principalement de son scénario léger et sa mise en scène plate et d’autant diront que ce n’est pas le but d’un slasher, que la véritable expérience du genre vient principalement de ses scènes de meurtres et non de ses dialogues. Je ne suis pas d’accord, un film est un tout. C’est le résultat d’un scénario, de performances de comédiens, de mise en scène et j’en passe. Si le tout n’est pas réuni, alors ce n’est pas un bon film. Dans le cas de Scream 7, aucun de ces critères n’est réuni.
La saga Scream n’est depuis bien longtemps plus que l’ombre d’elle-même. Consciente de sa condition, cela ne l’a pas empêchée de sombrer comme toutes les autres. Un constat bien amer dont je me serais passé volontiers.




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