
1968 est l’année qui nous présente le créateur des codes de l’un des genres de la branche horrifique : le cinéma de morts-vivants (zombies). En effet, George A. Romero dévoilera son premier long-métrage à la fin des années soixante : La Nuit des morts-vivants, le premier d’une filmographie impactant le cinéma en raison de sa contribution pionnière au genre.
LES DÉBUTS D’UN CRÉATEUR
Dans les années 30-40, White Zombie (1932) et I Walked with a Zombie (1943) sont des propositions davantage centrées sur le vaudou, ces croyances haïtiennes empoisonnant les morts pour leur redonner vie. Romero va se servir du zombie pour faire tout autre chose, en utilisant des mécaniques (des codes) qu’il va décliner dans nombre de ses films. De plus, il va se servir de ces créatures pour personnifier sa vision politique marquée à travers ses métrages.
Tout commence dans l’arène de prédilection du mort-vivant : le cimetière, lieu funeste où Barbara se rend accompagnée de son frère Johnny, avant que le deuxième mécanisme ne survienne. Il s’agit d’une radio intervenant sur une anomalie soudaine. Juste après, une silhouette boitante vient semer la peur et l’incompréhension. Cette introduction à l’allure de slasher mènera alors au lieu de l’intrigue : une maison abandonnée, assiégée par ces monstres.
Ce groupe de personnages, que l’on aura plus tard l’habitude de voir, sera largement présenté dans le cinéma d’horreur. Le conflit les divisera, surtout lors de la rencontre entre Ben et Harry. De fortes personnalités incompatibles devront collaborer pour survivre, malgré leurs divergences stratégiques.
Évidemment, nous serons dans ce métrage très loin du design moderne des morts-vivants. Les créatures auront très peu de prothèses, et pour certaines aucune, et seront quasi dépourvues de monstruosité, toujours humaines, mais avec le regard vide.

LES CONSÉQUENCES DE LA GUERRE FROIDE
Comme énoncé précédemment, Romero utilise ses monstres pour politiser son métrage. Dans La Nuit des morts-vivants, la dénonciation porte sur la guerre entre les États-Unis et l’Union soviétique. En effet, nous sommes en 1968, en pleine guerre froide (1947-1991). Pendant ce conflit, le rapport de force entre les nations rivales s’illustre à travers différentes démonstrations, notamment la course à l’espace.
Le cinéaste critique cette guerre en la rendant responsable des événements du film : dans le récit, un satellite en route vers Vénus sème des radiations après son explosion. Le résultat est dramatique, tout comme les conséquences de ce conflit sur l’humanité, qui est contaminée par les radiations.
La Nuit des morts-vivants est le premier opus de la « Dead Trilogy » réalisée par George A. Romero. Ce dernier installe donc les codes qui permettront de populariser et moderniser le genre, repris plus tard notamment par Zack Snyder ou par des œuvres influentes comme The Walking Dead (2010-2022), adaptation des comics de Robert Kirkman.
Le premier film de Romero n’est donc pas qu’une histoire de monstres s’attaquant à des êtres humains, luttant pour survivre, mais une critique de ce que les États-Unis traversent face aux Soviétiques. Cet avant-goût donne ainsi un aperçu du potentiel du réalisateur américain, qui se confirmera par la suite avec le reste de sa filmographie.




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