Avez vous déjà vu Knock At The Cabin (2023) de M.Night Shyamalan ? Si vous avez aimé, Sacrifice est fait pour vous. Si vous n’avez pas aimé, ne vous en faites pas, ça n’a absolument rien à voir. Ce qui peut apparaître comme une absurde contradiction cache en fait un film tout à fait agréable, prenant, surprenant à bien des égards, et plutôt ‘’confortable’’ sur pas mal de points. Parlons en sans plus attendre !


Réalisé par Romain Gavras, le fils de qui vous savez, à qui on devait en dernier lieu un certain Athéna (2022), Sacrifice réunit une belle brochette d’acteurs et d’actrices au service de son propos : Anya Taylor Joy, Chris Evans, Salma Hayek, Vincent Cassel, Charli XCX, et … John Malkovich. C’est pas mal, on va pas se mentir. Mais comme tout le monde le sait (sauf peut-être les deux en fond de classe qui n’écoutent jamais rien), un bon casting ne fait pas un bon film. Dieu merci, ce n’est pas le cas.


Sacrifice s’intéresse à une certaine idée de la fin du monde, portée par une secte menée par Joan (Anya Taylor-Joy). S’immisçant en compagnie de son frère et de sa sœur dans un gala caritatif mené par un certain Ben Bracken (Vincent Cassel), la ‘’vérité’’ va être rapidement mise sur le tapis : il sera nécessaire de sacrifier trois personnes en les jetant dans un volcan pour sauver le monde d’un apocalypse inévitable. Rien que ça.

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Si le pitch de départ semble un peu classique, c’est parce qu’il l’est. Cependant, de ce point de départ, Romain Gavras propose un film assez contrasté, oscillant entre satire sociale et thriller mystique. Servi par une réalisation assez ample dans sa proposition, très léchée et quelque peu clipesque (sans que ce soit aucunement péjoratif, on y reviendra), l’histoire se suit avec plaisir, guidé par un rythme très bien maîtrisé, ponctué d’un humour absurde quelque peu inattendu de la part du monsieur derrière la caméra. Et quelque part… Pourquoi pas ?

C’est vraiment la question qui reste à la fin du film : pourquoi pas ? Pourquoi pas ce thème, pourquoi pas cette fin, pourquoi pas cette proposition, pourquoi pas cette réalisation ? Pour revenir sur la problématique de la réalisation qu’on pourrait qualifier de ‘’clipesque’’, c’est quelque chose qui ne vient aucunement desservir l’idée d’un tel projet. En ‘’esthétisant’’ l’ensemble, le coté satirique s’en trouve quelque part rehaussé, dans une sorte de décalage donnant à cet univers les allures d’une sorte de cauchemar halluciné. C’est assez frappant si on est sensible à la chose.

Parce que oui, ce n’est pas forcément ce film qui fera aimer le travail de Romain Gavras. Il est assez facile d’accès en soit, mais porte bien trop les traces de son auteur pour ne pas se mettre à dos les détracteurs habituels. Tant pis diront certains, tant mieux rétorqueront d’autres. Quelque part, et peut être même dans une majorité des cas, on se renseigne toujours un minimum sur ce que l’on se prépare à voir.

Que les curieux et les curieuses n’hésitant toutefois pas à tenter ce petit moment avec Sacrifice. Le sujet est d’actualité, forcément, le casting est bon, la mise en scène, la réalisation et la musique sont à l’avenant. On peut ne pas adhérer et c’est bien normal, mais en prenant un peu de recul, il semblerait assez difficile de nier les qualités du projet… On va quand même pas se mettre à croire que Malkovich signerait n’importe quoi non ? Si ? Il l’a déjà fait… Soit, personne n’est parfait et ce film n’a jamais prétendu le contraire… Laissez-vous tenter que diable !

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