Le Corset est le résultat d’un travail intimiste mené par le réalisateur Louis Clichy qui s’inspire de sa propre enfance. Et ce n’est pas tout, car tel un héritage, le cinéaste partage son œuvre avec son propre fils Gary, qui prête sa voix au personnage principal : Christophe. Le métrage est récompensé au Festival international du film d’animation d’Annecy, lauréat du Prix du Public ainsi que celui du Jury, rien que ça. Louis Clichy donne naissance à son nouveau film, huit ans après son dernier métrage en collaboration avec un certain Alexandre Astier dans Astérix : Le Secret de la potion magique (2018), succédant à Astérix : Le Domaine des dieux (2014). Sans oublier qu’il a également effectué un passage prestigieux dans le studio légendaire à la lampe en participant à l’animation de Wall-E (2008) et Là-Haut (2009).

–Spoilers–

UNE ENFANCE DIFFICILE POUR UN AVENIR INCERTAIN

Christophe est un garçon de cinquième vivant avec sa famille dans une ferme. L’agriculture est l’environnement dans lequel il grandit. Seulement, un événement va venir bousculer la vie du protagoniste. À l’instar d’un autre très bon film sorti cette année : Plus fort que moi (ou I Swear en version originale), le personnage découvre une anomalie visible venant prévenir de l’handicap changeant son mode de vie contre son gré. Christophe va devoir porter un corset pour soutenir sa tête qui ne peut tenir droite sans la structure métallique. Il est comme emprisonné par son propre corps, rigidifié par son handicap qui l’impact bien évidemment. Christophe est en colère. La différence est perçue par ses camarades de classe, se moquant de ce qui ne leur ressemble pas. Cette incommodité va également, tout comme dans Plus fort que moi, devenir une épreuve pour la famille et surtout pour le père qui délaisse son fils ne comprenant pas sa difficulté, son ressenti, le coupant de toute communication avec Christophe.

Il va devoir s’échapper pour ne pas s’enfermer davantage. Se tester à la piscine pour pouvoir muscler son dos, mais c’est surtout là qu’il rencontrera sa copine Clara (Brune Moulin). Ensuite, l’art va lui permettre de partir de la ferme pour rentrer dans une bulle paisible derrière les différents claviers de l’orgue. Instrument atypique qui va lui être enseigné par Michel joué par… Alexandre Astier.

La notion de choix est traité. Entre celui de Christophe de vouloir jouer lors de son concert qui lui tient à cœur au même moment que sa famille se démène pendant la moisson afin de récolter le plus possible pour pouvoir se sortir de cette situation précaire… En vain, plus ou moins, car cela appartient à ce fameux avenir incertain. Pourtant, Christophe montre que l’on a tous le choix et que l’un n’empêche pas l’autre. Une manière de ne pas se laisser ronger par le regret, comme son père qui a décidé qu’il n’avait pas le choix de prendre les rênes de la ferme plutôt que de s’adonner à ce qui l’animait : la menuiserie.

UNE ANIMATION MAGNIFIQUE

Maintenu par son corset, dès que Christophe penche sa tête, son handicap va devenir un pouvoir. Celui de défaire la gravité pour pouvoir alléger tous ses soucis le temps de quelques secondes dans une imagerie féerique, sortant du réalisme et enrichissant l’esthétisme

Quand on voit les dessins issus de l’aquarelle, on ne peut s’empêcher d’admirer le travail prestigieux de Louis Clichy et de ses équipes. L’image est sublime ! L’animation est maîtrisée ! Comme des peintures pour façonner les plans du métrage entre les contours noirs marquant les silhouettes et les plans larges révélant des œuvres à elles seules. Le Corset, avec un scénario digne de son image vient se hisser, selon moi, à la place du meilleur film d’animation de l’année 2026 !

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