
En attendant Bojangles est l’adaptation du roman éponyme d’Olivier Bourdeaut paru en 2016. Un métrage réalisé par Régis Roinsard réunissant le couple star d’acteurs français Virginie Efira et Romain Duris à travers une idylle dramatique où leur vie réside dans leur propre imaginaire.
–Spoilers–
UNE ROMANCE ANTI-CONFORMISTE
C’est à l’aube des années 60 que se passe la majorité du métrage, au plein cœur des hautes sphères de la société. Georges (Romain Duris) rencontre une apparition hypnotique dansant sous les traits de Virginie Efira interprétant Camille (parmi tant d’autres noms). Cette première séquence traduit avec justesse le propos du film : se moquer de la conformité, en l’occurrence les rencontres mondaines et des riches trop occupés à étendre leurs égos et leurs privilèges inintéressants, pendant que George se présente sous différentes vies, différents récits repoussant la réalité pour vivre dans un imaginaire qu’il va partager avec Camille. Cette rencontre à part va venir s’opposer aux codes de la société. Tout comme :
- Gary qui quitte l’école pour sortir d’un système représenté comme toxique.
- Le compagnon animalier : une grue de Numidie domestique.
- Manger sur le sol avec sa famille occidentale.
Seulement vivre dans une utopie n’est pas sans risque, et la dramaturgie de l’incident déclencheur le prouve. En effet, les parents ont désormais un enfant appelé Gary (Solan Machado-Graner), qui prolonge la philosophie de son père et de sa mère de vivre à travers les récits et l’imaginaire. La famille rencontre un problème majeur : les soucis financiers alertent la venue de l’huissier, venant littéralement rappeler qu’« on n’échappe pas à la réalité ». C’est alors que l’imagination rencontre ses limites, plongeant ses rêveurs dans la folie.

LA NÉVROSE DE L’IMAGINAIRE
Camille plonge donc dans une folie, brisant cette utopie. Deux opposés et conséquences se confrontent à l’intérieur même de sa tête : le bonheur et le malheur, l’imaginaire et la folie, le rêve et le cauchemar. C’est d’ailleurs dans ces antipodes que se noiera Camille (de manière un peu trop soudaine). Des dualités retranscrites par cette phrase de Camille : « J’adore regarder le ciel en écoutant le bruit des profondeurs, j’ai l’impression d’être partout à la fois« . Un imaginaire qui permet de rendre sans doute le(s) deuil(s) moins douloureux, tout comme une grande œuvre réalisée par Roberto Benigni, La vie est belle (1997).




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