
Le dernier film de Ridley Scott : The Dog Stars est sorti hier au cinéma. Le temps de vous présenter son article prévu pour demain, revenons sur son premier film se présentant dans les salles en 1977. Les Duellistes prend place au XIXe siècle et pose déjà les bases du cinéma du réalisateur en montrant son attirance envers l’Histoire qu’il a bien entendu continuer à mettre en scène au fil de sa carrière.
–Spoilers–
UNE ÉCRITURE QUI VIEILLIT TRÈS MAL
Les deux duellistes sont Keith Caradine dans le rôle d’Armand d’Hubert et Harvey Keitel dans celui de Gabriel Feraud, se confrontant mutuellement jusqu’à obtenir victoire sur l’autre en duel. La raison de la querelle ? S’il en a une, est le rejet du devoir d’Hubert de signaler, en tant que messager, l’arrestation de Feraud en raison de son dernier affrontement, amochant un individu de haut rang. Se sentant touché dans son égo, Féraud se sent déshonoré et provoque donc ce messager, Hubert en duel. Ce dernier ne comprenant pas, n’eut d’autres choix de se défendre et de répondre au caprice de Feraud. Mais là où une mort pouvait être dédiée à l’un des duellistes, la survie de l’un va alors laisser inachevé ce règlement de compte, qui va devenir sans fin. Feraud va alors chasser son adversaire, avide de combats. La raison de ce duel traversant le temps est devenue obsolète, car l’unique mobile de Feraud est de tuer en duel Hubert, alors que ce dernier souhaite l’éviter. Des rancunes provenant de Feraud, entre obsession de l’honneur, immaturité et ego. Il refuse même la main tendue d’Hubert, s’avouant vaincu. Finalement, c’est lui qui provoque Feraud pour enfin mettre un terme à ce conflit sans fin.
Pourtant, les années ont défilé avant cette rencontre finale. Le temps a usé Hubert s’aidant désormais d’une canne pour pouvoir marcher. La menace Feraud semble s’estomper pour pouvoir entrevoir une vie paisible avant que son nom revienne le hanter et réalimenter sa haine pour son éternel adversaire.
Le problème du film est très masculin. Car, même si on veut connaître le dénouement de ce long duel entre les deux hommes, la dramaturgie s’efface pour laisser place à un caprice masculin qui réside finalement non pas en tuant l’autre, mais en le soumettant à son adversaire, ce qui renforce cet aspect de domination rendant l’écriture du métrage superficielle et à peine fonctionnelle, même s’il reste divertissant.

Bien loin du scénario du grand Barry Lyndon sorti seulement deux ans avant Les Duellistes, sa narration prend la forme d’un couloir, en raison de sa linéarité qui manque de développement ainsi que d’écriture, comme le traitement des personnages féminins qui s’arrête seulement à une attache émotionnelle, un soutien, ou à une main à marier. On est malheureusement bien loin du grand Thelma et Louise (1991)…




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