La comparaison de Grease avec Pulp Fiction (1994) paraît surprenante ! Pourtant, hormis la présence de John Travolta dans les deux films, nous retrouvons, dans un contexte différent, cette ambiance très « Pulp » pour parfaire cette fiction, de par ces adolescents devant eux-mêmes créer un personnage pour pouvoir être « cool », ce qui veut dire aussi sans parents. Ensuite, Randal Kleiser utilise l’essence de la comédie musicale : de la naïveté et de la magie pour pouvoir nous faire rêver. Un film profondément américain cochant largement tous les codes du teenage movie, tentant de redonner le sourire à l’Amérique, elle qui est en train de se relever de leur défaite lors de la guerre du Vietnam qui s’est achevé en 1975, soit trois ans seulement avant la sortie de Grease.

Spoilers

« AMOUR DE VACANCES, AUCUNE IMPORTANCE », VRAIMENT ?

Le métrage s’ouvre d’abord sur un instant de rêve, celui d’une idylle pendant des vacances entre Sandy (Olivia Newton-John) et Danny (John Travolta) qui se séparent, laissant derrière eux une histoire d’amour parfaite. Cependant, Les deux adolescents se retrouvent dans la même école, au Rydell High School. Seulement, ils ne sont plus ici seuls sur une plage baignée par le coucher de soleil, mais au milieu d’une « civilisation » appelée l’adolescence. Des groupes se différencient, à l’instar de West Side Story (1961) avec ces clans rivaux. Nous avons déjà les Scorpions représentés en conduisant cette cabriolet tuné au flamme arpentant les extrémités de la carrosserie. Mais aussi deux groupes opposés par le genre, que ce soit les garçons à l’allure de bad boys portant un blouson noir avec écrit sur le dos « T-Birds » ou les filles portant une veste rose avec l’inscription au dos : « Pink Ladies ».

Sandy, pour s’intégrer, rentre dans un groupe qui représente la tentation : le sexe, fumer, boire de l’alcool. Cela est menée par l’effet de groupe qui transforme les influencés, à commencer par Danny, devenant pathétique, différents en présence de son groupe de pote étant selon lui « un personnage », alors que son objectif est de retrouver celle qu’il aime. Il est alors son propre antagoniste comme la pression que se mettent ces lycées entre eux ou aux autres pour être tout simplement cool, qui est finalement l’objectif du film.

D’un côté, c’est ce que les adolescents établissent pour se cacher lors du fameux parcours de la quête d’identité en devenant un personnage. Une transition sociétale majoritairement retranscrite à travers les très bonnes chansons et musiques composées entre musiciens et paroliers : Barry Gibb, John Farrar, Jim Jacobs et Warren Casey. Ces musiques déclenchent alors un personnage qui s’animent à travers les chorégraphies ainsi que par les voix avant de finir sur la plus connue : You’re The One That I Want, qui vient clore le métrage.

UNE FRESQUE SUR L’ADOLESCENCE AMÉRICAINE

Grease est exagéré, kitsch, cliché, mais le genre dans lequel il s’illustre permet de rendre ces adjectifs logiques, car l’une des caractéristiques de la comédie musicale est l’exagération. Le film s’en sert très bien devenant culte, par ses chansons, son couple d’acteurs ainsi que par ses tableaux iconiques qui transpirent la jeunesse américaine, que ce soit les diners, les drive-in ou le fameux bal qui contribue à l’aura de Grease comme Grease contribue à glorifier le cadre cool de l’adolescent américain.

Ensuite, le rêve que veulent vivre les résidents de Rydell prend forme à travers sa sélection pour une émission de télévision visant à mettre en lumière leur performance de danse en couple. Une manière pour ces jeunes personnages de se montrer, pour leur plus grand bonheur. D’ailleurs, le rêve se matérialise aussi via la séquence de fin voyant Sandy et Danny s’envoler au volant de leur voiture.

Cependant, il faut le souligner : Grease comporte quelques scènes problématiques à partir des personnages qu’il vise à rendre cool. Que ce soit par l’harcèlement scolaire subi par Eugène (Eddie Deezen) par les T-Birds, Vince Fontaine, présentateur de télévision, draguant une lycéenne ou Danny qui pendant le drive-in ne semble pas être renseigné sur le principe du consentement…

Copyright D.R. Stars Randal Kleiser , John Travolta , Olivia Newton-John Film Grease

Toujours est-il que malgré l’époque aux limites loin d’être aussi établies qu’en 2026, Grease reste l’une des figures cultes, et à juste titre, de la comédie musicale ainsi que du feel-good movie.