
Les Échos du passé est un métrage réalisé par Mascha Schilinski partageant avec Sirāt le Prix du Jury à Cannes en 2025.
Le film raconte la vie de quatre filles vivant dans la même ferme à travers plusieurs époques : de 1910 à 2020.
–Spoilers–
UN SILENCE PRÉSENTATIF
Tout d’abord, les images de Fabian Gamper vont être l’un des atouts de cette œuvre. Il va travailler des images ternes et austères de manière sublime, tout en apportant des éclairages venant contraster avec la tonalité froide du métrage. Ce qui contribue grandement à l’atmosphère morose du film entre tristesse et onirisme. Ces deux mots clefs représentent les deux thématiques de L’Écho du passé qui sont la mort et les souvenirs à travers le silence.
En effet, la personnalité du film réside dans la particularité et dans la force de nous immerger dans ces récits de manière silencieuse, même avec la présence des dialogues venant illustrer des image présentatives. Elles auront la fonction de nous raconter ces souvenirs incarnés par les personnages féminins : Alma (1910), Erika (1940), Angelika (1980) et Lenka (2020).
Les souvenirs vont à certains moment bouder la mise au point de l’objectif, de sortes à ressentir le manque de clarté que la reconstitution des souvenirs peut provoquer. Des images qui vont même renvoyer à l’horreur, comme cette fille se faisant tirer par une force inconnue dans la pénombre de la grange ou ces derniers plans rentrant dans le fantastique avec ces personnages lévitant, se dirigeant vers le ciel de manière poétique afin de représenter la thématique principale du film : la mort.

LE DÉCÈS À TRAVERS LE TEMPS
Alma est la plus jeune des protagonistes évoluant dans la temporalité la plus ancienne. La notion de la mort est alors pour elle un mystère qu’elle voudra essayer de comprendre. Mascha Schilinski va d’ailleurs représenter les défunts de manière frontale, que ce soit par des gros plans, ou des scènes traditionnelles à l’époque, mais aujourd’hui devenues assez glauque, ce qui sera une manière de montrer la mort sans pudeur. Les fins de vie prématurés et naturels viennent intensifier la dramaturgie, tout comme les pensées noires. Ces tragédies vont unir les décennies, car la mort est l’une des seules thématiques qui n’évoluera pas malgré les millénaires que notre humanité aura parcouru.
Les Échos du passé dresse le portrait de vies tragiques et poétiques en utilisant l’un de nos sens, celui du toucher. En effet le troisième de nos sens va à plusieurs reprises être en contact avec la peau, ce qui pourrait être une manière d’ancrer ces souvenirs dans la réalité, comme pincer des mains pour savoir si nous ne rêvons ou pas.




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