
La Nuit du 12 nous a présenté une enquête à travers le point de vue des enquêteurs contribuant au succès du métrage ayant remporté le César du meilleur film en 2023. Le prochain projet de Dominik Moll sera donc assez attendu, surtout dans une fiction basée sur des faits réels à l’allure similaire de son précédent film.
Dossier 137 mettra en lumière une enquête visant à reconstituer les faits qui ont mené à la blessure de Guillaume, victime d’un tir de LBD (flashball). Pour mener l’investigation, Stéphanie, interprétée par Léa Drucker, membre de l’IGPN (Inspection générale de la Police nationale), interrogera le parti de la victime pour recueillir leur témoignage ainsi que les explications des policiers afin de pouvoir sanctionner leurs gestes.
Dès le début, nous allons avoir l’exposition du professionnalisme de Stéphanie ainsi que de son humanité qui vont venir se croiser et alimenter son point de vue humain voulant rendre simplement justice.
Le premier plan présente un policier regardant l’écran d’un ordinateur, l’illustrant en train de jeter un pavé dans la foule de manifestants. Il est mis devant le fait accompli, coupable indéniable de son geste. Malgré le professionnalisme pouvant s’apparenter au ton froid de Stéphanie, on va la voir juste après discuter par téléphone de la prise de conscience du policier de sorte à alléger son jugement. Cela montre que le film ne vise pas à dégrader l’image de la police. Le métrage veut mettre en lumière une violence policière visible à travers une preuve vidéo claire.
En effet, Stéphanie ne sera dans aucun camp. Elle se fera détester par la police, car elle enquête sur eux dans cette affaire mettant en cause un groupe des forces de l’ordre blessant Guillaume à la tête, mais elle se fera également détester par le parti de la victime, même si sa sensibilité se penchera logiquement vers elle.
L’importance de la mission de Stéphanie se révèle lors de la discussion avec son ex-mari, faisant prendre conscience du ménage qui doit être entrepris entre les bons et les mauvais policiers, pour éviter que les bons partent en raison de la haine de la population envers la profession causée par les mauvais policiers.
–Spoilers–
Le contexte de cette affaire prend place pendant les manifestations des gilets jaunes. Tout comme dans La Nuit du 12, une enquête visera à rendre justice à la victime dans un dénouement qui finira par nous consterner ou plutôt par nous frustrer de l’injustice vécue par les victimes ainsi que par les enquêteurs, car même si le personnage de Léa Drucker ne travaillera pas d’une manière aussi obsessionnelle que la protagoniste jouée par Marina Foïs dans Une Intime Conviction, elle sera déterminée, allant au-delà du cadre de ce qui lui est permis afin de pouvoir trouver des réponses à ses questions.




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