
Aucun autre choix est le 12ᵉ film de la carrière de Park Chan-wook. Après le succès critique de Decision to Leave, son retour était très attendu : est-ce une réussite ?
Park Chan-wook est un des plus grands réalisateurs coréens de ces dernières années ! Avec les succès d’Oldboy, Mademoiselle et Decision to Leave, le metteur en scène était particulièrement attendu pour son retour. Supposé sortir en 2025, Aucun autre choix a finalement été repoussé à 2026 et vient à peine de sortir sur nos écrans.
Adapté du roman de Donald E. Westlake, Aucun autre choix raconte comment un homme qui a perdu son travail et qui cherche à obtenir un nouveau poste sera poussé à éliminer ses concurrents. Véritable satire de notre époque, Park Chan-wook déploie tout un attirail comique qui, sans être une nouveauté dans son cinéma, n’a jamais été aussi présent.
Une comédie noire efficace
L’une des grandes qualités d’Aucun autre choix est son humour grinçant. De par les situations qui sont montrées, mais surtout par le talent de Lee Byung-hun, le film jongle constamment entre l’absurde, la gêne intense et l’horreur.
Park Chan-wook offre également une belle part de sa mise en scène à ses rôles secondaires, notamment Son Ye-jin (la femme du personnage principal), qui incarne un excellent contrepoint à son mari. Très présente durant tout le métrage, elle profitera d’une scène toute en nuances et presque sans mots pour montrer toute la profondeur et la noirceur de son personnage.

Une vraie modernisation
Écrit en 1998, le roman partait du principe qu’une fusion entre deux entreprises créerait des licenciements. Puis en 2005, Costa-Gavras réalise Le Couperet (avec José Garcia), où le personnage est licencié suite à une délocalisation de son usine en Roumanie. Aujourd’hui, Aucun autre choix raconte la même histoire, mais à cause de la mécanisation des métiers, l’arrivée de l’IA et des machines pousse les sociétés à licencier des ouvriers et il est intéressant de voir qu’à travers deux décennies, le motif de licenciement a évolué mais que la finalité reste la même…
Cette modernisation se traduit également dans la mise en scène de Park Chan-wook qui, depuis Decision to Leave, accorde une part importante de son cadre aux écrans et à la multiplication des canaux. Quasiment toute l’intrigue de son précédent film s’axait autour de la communication par téléphone et Aucun autre choix passe également par là.
L’un des enquêteurs fait d’ailleurs la remarque sur l’importance des téléphones : « Ils recueillent toute notre vie, qui on appelle et aussi qui on n’appelle pas. » Plus qu’une modernisation du roman, ce film traduit aussi une modernisation de la mise en scène de Park Chan-wook.

Une mise en scène trop parfaite et complexe
Au fil des années, Park Chan-wook s’est construit une patte d’auteur, un style particulièrement identifiable. Que ce soit par ses zooms et dézooms fluides, sa composition de cadre, le choix des couleurs ou par un ensemble de jeux sur la mise au point : le réalisateur coréen n’a rien perdu de sa superbe et Aucun autre choix n’est particulièrement stimulant à regarder.
Toutefois, ce style montre peut-être ici une limite, car avec tous ses plans très travaillés et chirurgicaux, on perd parfois en puissance émotionnelle et comique… Le film semble parfois trop froid, distant de ses personnages ou de la situation, comme s’il se complaisait à faire de belles images plutôt qu’à montrer ce qui doit l’être.

Dans l’ensemble, Aucun autre choix reste un excellent film (comme d’habitude avec Park Chan-wook), même s’il ne s’agit pas de sa plus grande réussite.




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