
Avec une liste de long-métrages déjà longue comme le bras (cinq films, sans compter la série Ash vs. Evil Dead (2015-2018), génialement kitsch), la saga comico-horrifique Evil Dead revient avec un sixième épisode, Evil Dead Burn, réalisé par Sébastien Vaniček. Sam Raimi, le créateur de la franchise lancée en 1981, a été fasciné par le précédent film de Vaniček, Vermines (2023), et a choisi lui-même le jeune cinéaste français. Ce dernier a coécrit le scénario avec Florent Bernard et va ici tenter d’insuffler une French touch à la franchise américaine présente depuis plus de quarante ans, tout en essayant de rester fidèle à l’esprit de la saga caractérisé par son mélange d’épouvante, de gore et d’humour noir guignolesque.
Une jeune femme, Alice (incarnée par Souheila Yacoub, immense), se retrouve chez sa belle-famille pour partager un repas dans une grande et vétuste maison isolée, ancien théâtre de son mariage avec Will (George Pullar). La suite, bien évidemment, va tourner au désastre.
Au menu de ce sixième long-métrage de la saga, des tripes, de l’hémoglobine, de la violence pure, brutale et viscérale. Même si la proposition de Vaniček introduit des personnages un peu creux, les thématiques abordées sont fortes. Là où l’avant-dernier film de la saga, Evil Dead Rise (2023), abordait des sujets comme la maternité, Evil Dead Burn s’attaque à des thèmes bien plus durs : les violences conjugales et familiales, la masculinité toxique et l’emprise dans les relations. Tournant autour de ces thématiques, le réalisateur n’hésite pas à déployer toute la violence possible pour les développer (parfois même un peu trop). Il interroge les raisons qui poussent chacun à tolérer la violence quotidienne qu’il subit.

Peut être un peu moins gore que ces prédécesseurs, Evil Dead Burn est indéniablement plus violent, autant physiquement que mentalement (la séquence du dîner est un sommet de tension). Le cinéaste français est le plus inspiré dans sa mise en scène, avec une caméra virevoltante, brutale et inventive dans ses mouvements (on pense à une scène impliquant un miroir ou une autre dans une baignoire). Avec beaucoup plus de moyens que pour Vermines (Evil Dead Burn affiche un budget de 20 millions de dollars, contre 5 millions d’euros pour Vermines), Sébastien Vaniček laisse exploser son style : tout en respectant le matériau de base, il bouscule la franchise, lui apporte une autre identité visuelle et livre un volet engagé, plein de rage et d’inventivité dans un (quasi) huis clos domestique ultra-violent.
S’il y a peut être une chose à reprocher cet opus, c’est qu’il plonge parfois dans la répétitivité. La dernière partie d‘Evil Dead Burn se laisse aller dans des scènes à rallonge, et le rythme dantesque qui était imposé avant s’essouffle un peu. En résulte un long-métrage qui peut paraître un poil long, contrairement aux autres films de la franchise (1 h 50 pour Evil Dead Burn, quand les autres tournent autour d’1 h 30). Les deadites sont également un peu moins terrifiants, là où Ellie dans Evil Dead Rise avait marqué les esprits. Mais c’est à peine perceptible tant la volonté et l’énergie de Sébastien Vaniček suinte à travers l’écran, bien aidé par le montage énervé et explosif de Maxime Caro. Un résultat généreux, plein d’énergie, parfois même très drôle, jouissif et communicatif : dans la digne lignée de la saga.




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