Evil dead 2013 affiche

Saga culte créée par Sam Raimi, Evil Dead n’avait pas vu de film sortir depuis 1992 ! C’est en 2013, que son créateur la relance sans réaliser l’opus et en confie la direction à Fede Álvarez – un jeune réalisateur uruguyen.

Sam Raimi – le célèbre réalisateur derrière les Spiderman avec Tobey Maguire (2002 – 2004 – 2007) – a débuté sa carrière en créant Evil Dead ! Le concept est simple : un groupe de jeunes s’en va dans une cabane en forêt, tombe sur un mystérieux livre, lit des passages en latin et se retrouve maudit, possédé et finiront par s’entretuer. Le tout est baigné dans un ton à la fois gore, trash et loufoque qui donne une teinte unique à la saga !

Alors que Sam Raimi semblait parti sur d’autres projets, Evil Dead revient en 2013 avec un nouvel opus réalisé par Fede Álvarez. Ce jeune réalisateur uruguyen – qui c’était fait remarquer avec des courts-métrages et confirmera son grand talent ensuite avec notamment Don’t Breathe (2016) ou Alien : Romulus (2024) – se retrouve derrière une saga cultissime du cinéma d’horreur avec pour mission de la relancer 21 ans après ! Comment conserver la patte de Sam Raimi sans le singer ?

Un soft reboot bien hardcore

Le premier point, qui saute aux yeux, est que Fede Álvarez s’est laché en termes de violence. Ce « soft reboot » est de loin le plus gore et trash de la saga (en attendant celui de Sebastien Vaniček). Tous les curseurs sont au maximum que ce soit pour les effusions de sang (notamment dans le dernier acte) ou dans les circonstances dégueulasses que s’amuse à créer le film. Rien que dans l’introduction, le nouveau réalisateur capture tout son amour pour la saga de Sam Raimi en créant un condensé de tout ce qu’a fait la saga dans une scène d’exorcisme où un père doit bruler puis fusiller sa fille possédée.

La photographie joue d’ailleurs un grand rôle dans cet opus jouant sur deux teintes très distinctes. La teinte non possédée désaturée qui tend vers le gris/blanc et la teinte possédée sur-saturée qui met en avant le rouge à outrance. Ce choix vient trancher avec le reste de la saga qui uniformisait son image afin de conserver un côté grand guignolesque, mais ici Fede Álvarez fait le choix de tout miser sur l’horreur pure.

Bien sur, il reste quelques touches comiques, mais celles-ci sont moins évidentes et constituent plus des rires jaunes que des grandes bouffonades.

Evil Dead mia possédée
Copyright Sony Pictures Releasing Film Evil Dead

Entre tradition et modernité

La marque de fabrique d’Evil Dead est son ton humoristique, un peu kitsch qui rend drôles les scènes atroces. À ce compte, Fede Álvarez s’en sort très bien grâce à deux ressorts novateurs pour conserver la patte de la saga.

  • Le too much : lorsque cet Evil Dead bascule dans le gore, il y va vraiment à fond. Découpage à la tronçonneuse, poignardage dans les yeux, c’est objectivement trop et même beaucoup trop ! À tel point que ces scènes deviennent amusantes à regarde.
  • Un style volontairement cartoonesque : les gestuelles et animations des personnes possédées sont comme saccadées, mal faites… Si l’on prend la scène où un des personnages poignarde le visage d’un autre à l’aide d’un éclat de miroir, le mouvement du bras est comme saccadé/mécanique et renvoie une impression de fausseté qui détache le spectateur du côté purement horrible de l’action.

Grâce à ces deux techniques, Fede Álvarez conserve habilement le ton iconique de la saga et tout en le modernisant ! On peut également noter le choix fort effectué à l’écriture de se passer d’Ash (Bruce Campbell) comme personnage principal. Le héros iconique de la franchise n’apparait pas et n’est pas mentionné durant tout le film. Cet Evil Dead ne mise pas du tout sur la nostalgie comme le font de (trop) nombreuses sagas aujourd’hui.

pluie de sang dans Evil dead
Copyright Sony Pictures Releasing Film Evil Dead

Dans ce véritable bac à sable horrifique qu’est Evil Dead, Fede Álvarez crée un film extrêmement gore et graphique teintée de comédie noire qui parvient habilement à jongler entre hommage et innovation. Son soft reboot du chef-d’œuvre de Sam Raimi fut une grande réussite qui permet aujourd’hui de voir d’autres suites se produire et de laisser l’opportunité à de jeunes réalisateurs talentueux d’expérimenter comme ils le veulent au cœur d’une des saga les plus réputées du cinéma horrifique.