
Quand on pense au cinéma d’action, le vrai cinéma d’action, le bon. Le constat est très souvent sans appel : L’Asie est absolument imbattable. Dans les années 80-90, alors que le cinéma Hongkongais produit des films à la chaîne, une poignée de réalisateurs parviennent à se démarquer grâce à des films d’action qui jouent principalement sur les corps et les chorégraphies, permettant des mises en scènes lisibles et dynamiques en évitant le syndrome des trois cuts à la seconde pendant une scène de combat.
De cette époque ressort une myriade de noms dont Tsui Hark, John Woo et Jackie Chan, trois passionnés d’arts martiaux qui marquent le cinéma d’action au fer rouge. Une influence telle qu’aujourd’hui encore, la plupart des films d’action (notamment hollywoodiens) reposent sur les fondations bâties durant cette période.
Pourtant, malgré cette influence mondiale, rares sont les films occidentaux à parvenir à reproduire ce qui faisait la force de ces œuvres : une action lisible, inventive et portée avant tout par le mouvement. Une philosophie que The Furious semble avoir parfaitement comprise.
Un petit bobo

L’héritage de cette époque est aujourd’hui partout puisque chaque année, des dizaines de productions tentent de reproduire cette recette avec plus ou moins de succès. Pourtant, malgré un synopsis qui pourrait faire penser à un énième film d’action Amazon Prime, The Furious parvient rapidement à se démarquer grâce à une identité visuelle particulièrement soignée.
Dès ses premières minutes, le film de Kenji Tanigaki plonge le spectateur dans une ville baignée de néons et de lumières artificielles. Sans jamais tomber dans l’excès, la photographie profite pleinement d’ambiances réussies de jour, comme de nuit. Une direction artistique qui n’est pas sans rappeler certaines productions asiatiques contemporaines, où l’esthétique vient constamment soutenir l’action sans jamais lui voler la vedette.
Malheureusement, tout n’est pas aussi maîtrisé. Certains effets numériques sont un peu cradingues et contrastent parfois avec le soin apporté au reste de l’image. Rien de dramatique cependant. Ces quelques maladresses restent anecdotiques face à la qualité générale de la mise en scène.
Là où The Furious montre davantage ses limites, c’est du côté de son écriture. L’intrigue remplit correctement son rôle mais peine réellement à surprendre. Les personnages sont fonctionnels, les enjeux restent clairs et l’ensemble avance à un rythme suffisamment soutenu pour ne jamais devenir ennuyeux. En revanche, difficile de retenir grand-chose de cette histoire une fois la séance terminée. Cependant, l’histoire oubliable semble être une faiblesse comprise du film qui préfère mettre les gros moyens dans ses scènes de combat.
ATR Challenge

Sur ce point, difficile de lui reprocher quoi que ce soit. Si les affrontements sont déjà particulièrement lisibles et bien chorégraphiés, c’est surtout leur verticalité qui leur permet de sortir du lot. Les personnages utilisent constamment leur environnement, mais également leurs adversaires, comme des appuis improvisés. Certains enchaînements donnent presque l’impression d’assister à une acrobatie permanente où chaque corps devient un élément du décor.
Cette approche apporte une dynamique rafraîchissante aux combats et permet aux cascades de pleinement s’exprimer. The Furious laisse respirer son action et fait confiance au travail de ses cascadeurs. Une décision payante qui transforme tous ses combats en véritable défouloirs très satisfaisants à regarder.
The Furious est un excellent divertissement. Ses combats sont inventifs, ses cascades impressionnantes et inspirée pour offrir plusieurs séquences mémorables. Pendant près de deux heures, le film remplit parfaitement sa mission première : divertir.

Hélas, il est difficile de fermer les yeux sur les faiblesses de son récit. Si l’action constitue évidemment le cœur du projet, elle ne peut pas tout porter à elle seule. Le cinéma d’action reste avant tout du cinéma, et l’écriture demeure un élément essentiel pour transformer un simple bon moment en une œuvre réellement marquante. En se reposant parfois un peu trop sur ses qualités techniques, The Furious laisse finalement l’impression d’être un très bon film d’action que l’on apprécie sur l’instant, mais qui peine à laisser une empreinte durable une fois sorti de la salle.
Reste néanmoins une démonstration de savoir-faire particulièrement solide qui devrait ravir tous les amateurs (dont je fais partie) de bourre-pif et rappeler, une nouvelle fois, que le cinéma d’action asiatique reste une référence dans le genre.




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