Hokum se veut être plus intelligent que la plupart des films d’horreur se reposant simplement sur leurs jumps scare stériles. Un récit et plus particulièrement un développement sur l’écriture du personnage d’Ohm (Adam Scott) vont être alors élaborés. Cet écrivain retournant sur la terre de ses parents, logeant dans un hôtel, tout en continuant son activité d’écrivain mis en scène lors de l’introduction.

Spoilers

LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE NUPTIALE

Un film d’horreur avec comme arène un hôtel, ce n’est pas la première fois que l’on en voit. Ce décor est même celui de chefs-d’œuvre d’épouvante tels que Psychose (1960) et Shining (1980).

Ohm, un personnage antipathique, mais avec un discernement humain est sur l’écriture de son nouvel ouvrage : une tragédie, mettant en scène des personnages souffrants, ce qui pourrait s’apparenter à une autobiographie, étant donné le vécu d’Ohm, hanté par l’accident qu’il a causé, tuant sa mère alors qu’il n’était qu’un enfant.

Son arrivée au Bilberry Woods Hotel va être accueillie par ce bouc (symbole démoniaque) amorçant l’intrigue qui plane sur cet établissement. Le folklore qui l’entoure est animé par la présence d’une sorcière qui aurait été enfermée dans la chambre nuptiale, scellée, mais ne passant pas inaperçue auprès de la curiosité de l’écrivain.

Ce dernier est voué à un destin similaire à celui des personnages qu’il écrit. Le choc, par la surprise, de voir le film oser s’attaquer si tôt à son protagoniste, va néanmoins permettre de mettre en lumière l’espoir occulté par la dramaturgie : L’intuition. Celle de Fiona (Florence Ordesh) avant celle de Jerry (David Wilmot) qui vont alors se sacrifier pour permettre à Ohm d’avoir une seconde chance pour modifier sa fin tragique en un happy end.

LE POINT FORT DU FILM

La première scène d’horreur est bien loin de ce que produira Hokum plus tard : Une silhouette dans l’obscurité, certes plutôt bien gérée, mais se terminant sur un jump scare classique. C’est en effet par la photographie de Colm Hogan ainsi que par la manière dont Damian McCarthy se sert de cette image pour parfaire ses scènes d’horreur que Hokum se démarque. Cela va se prouver dès la première apparition de la sorcière, montrée par ce visage englouti par la pénombre, faiblement et subtilement éclairé, de sorte à la rendre terrifiante.

Ensuite, le film va avoir un côté huis clos lorsque Ohm est enfermé dans la chambre nuptiale et que nous sommes plongés dans ce décor de maison hantée avec un décor et une imagerie très crédible recouverte par cette obscurité afin de construire une ambiance réussie. Ce n’est pas pour rien que la meilleure scène du film est celle où la sorcière remonte à la surface pour poursuivre Ohm à travers la suite nuptiale constituée d’une force horrifique puissante, toujours menée par cette idée de montrer très peu sa créature. À l’inverse, il va nous présenter un personnage de télévision assez glauque de manière ultra frontale afin de nous plonger dans une autre forme dérangeante en utilisant un programme enfantin pour faire peur. D’ailleurs, c’est là d’où provient le terme « Hokum » : une forme grotesque servant à divertir le public.

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Hokum reste néanmoins inégal, par cette première partie moyenne, même s’il est doté, dans l’ensemble, de fulgurances permettant de rendre tout de même le film intéressant par sa manière de représenter l’horreur ainsi que par sa volonté de produire un film d’épouvante sérieux.