Jackie Chan dans The Shadow's Edge, un thriller d'action survolté et hyperbolique.
Jackie Chan dans The Shadow’s Edge, un thriller d’action survolté et hyperbolique. Copyright Space Odyssey

Écrit et réalisé par Larry Yang, The Shadow’s Edge est un thriller d’action survolté et marque le retour en forme de Jackie Chan qui, à 71 ans, prouve qu’il est encore l’un des maîtres du cinéma d’action chinois.

Avec son énorme succès en Chine, The Shadow’s Edge montre que Jackie Chan est toujours une force à reconnaître dans le paysage cinématographique mondial et l’une des têtes de gondole du cinéma d’action hongkongais, après quelques années où on l’avait un peu perdu de vue, à force d’enchaîner les films moyens, voire carrément nanardesques.

L’action du film nous emmène à Macao : un mystérieux mafieux (Shadow) et ses sept fils adoptifs manipulent et ridiculisent la police chinoise, en piratant le système de surveillance de la ville, dans le but de récupérer une fortune en cryptomonnaies. La police, devenue impuissante malgré un système de surveillance boosté à l’intelligence artificielle, choisit une méthode à l’ancienne : rappeler un ancien expert au passé torturé, Wong Tak-chung (joué par Jackie Chan), qui va s’associer à une jeune policière avec qui il possède un lien fort, He Qiuguo (Zifeng Zhang), et créer une équipe de surveillance pour faire tomber Shadow. 

Les Insaisissables, version survitaminée

Vous l’aurez compris, rien de nouveau sous le soleil en termes d’intrigue. La force du film réside ailleurs : Larry Yang nous embarque dans un tour de prestidigitateur virevoltant, où un vieux briscard affronte sept jeunes mafieux et leur père adoptif (Tony Leung Ka-fai, incroyablement charismatique) devenus maîtres dans l’art du déguisement et de l’imposture. Le réalisateur chinois s’amuse à multiplier les terrains de jeu (hôtel, ascenseur, buildings, etc.) pour rendre cet affrontement entre deux générations encore plus excitant et palpitant.

On peut d’ailleurs y voir un intéressant parallèle entre ancienne et nouvelle génération, où les méthodes à l’ancienne affrontent la réalité actuelle (ultrasurveillance, intelligence artificielle, cryptomonnaies, monde hyperconnecté), où les sept frères se meuvent avec grâce et légèreté (mais non sans brutalité et violence), en comparaison avec deux briscards (Jackie Chan et Tony Leung Ka-fai) forcément moins mobiles mais toujours aussi impressionnants et violents.

Brutal et généreux à souhait

Larry Yang renoue avec le plaisir communicatif et jouissif des films d’action à la hongkongaise, avec sa maîtrise époustouflante des scènes d’action et des espaces réduits, qui rappelle le fabuleux et surpuissant City of Darkness (réalisé par Pou-Soi Cheang), sorti l’année dernière. À l’aide de chorégraphies millimétrées et d’un montage rodéThe Shadow’s Edge ne nous laisse aucun répit de la première à la dernière seconde.

Jackie Chan dans The Shadow’s Edge. Copyright Space Odyssey

Lors des scènes d’action et de baston, Larry Yang fait quasiment toujours évoluer ses personnages dans des espaces restreints : l’intérieur d’un ascenseur, un petit appartement, une ruelle sombre, etc. En minimisant l’espace autour de ses protagonistes, le cinéaste chinois nous délivre des séquences impressionnantes, hyperboliques mais toujours jouissives, à la tension maximum.

Le cinéaste chinois s’en donne à cœur joie pour laisser transparaître toute la brutalité et la violence de son œuvre. Sa mise en scène est d’une redoutable efficacité : chaque coup porté, chaque impact se ressent avec une force monumentale. Même si certains rebondissements paraissent parfois tirés par les cheveux, on ne boude pas notre plaisir devant ce déluge de scènes d’action survitaminées.

On l’avait un peu perdu de vue depuis quelques années, Jackie Chan revient en force avec The Shadow’s Edge, thriller d’action et d’espionnage made in Hong Kong grandiloquent et hyperbolique dans ses scènes d’action, mais d’une maîtrise impressionnante et jouissive dans sa mise en scène. Même à soixante et onze ans, Jackie Chan prouve qu’il est toujours en forme et frappe fort avec un film d’action tonitruant.