
Into the Wild réalisé par Sean Penn sera une histoire aussi touchante que nécessaire dans ce monde à l’antipode de ce personnage : Christopher McCandless. Un homme qui a réellement existé, comme cette vie contée dans l’œuvre. Le cinéaste et acteur adapte le roman écrit par Jon Krakauer nommé « Voyage au bout de la solitude« , retraçant la vie hors norme de ce jeune adulte quittant tout afin de vivre dans la nature et d’atteindre son objectif : l’Alaska.
COMPRENDRE LE POURQUOI
Le montage fera en sorte de comprendre pourquoi un homme d’une vingtaine d’années se retrouve seul dans la nature, avec comme unique protection ce bus laissé à l’abandon. Nous serons donc transportés avant son aventure, au moment où Christopher décroche son diplôme. Très vite nous allons nous rendre compte à quel point il est différent de tout ce système codifié personnifié notamment par ses parents et plus particulièrement son père, en partie responsable de son exode par ce qu’ils représentent : le mensonge, l’hypocrisie ainsi que l’image illusoire et donc toujours aussi mensongère de la « vie parfaite ».
Christopher veut quitter cette société empoisonnée par un système qu’il méprise autant qu’il l’étouffe. Il va alors prendre un choix aussi extrême que courageux, celui d’abandonner sa famille pour pouvoir trouver le bonheur en atteignant sa destination. Partir à l’aventure, dans la nature, sera un moyen de respirer et de contempler ces paysages accompagnés par ces animaux qu’il considère autant, voire plus que les êtres humains.
Cette expérience croisera donc la route de personnes qui vont autant apporter à Christopher que Christopher apportera à ses rencontres, même si son aspect volatile crédibilise la liberté du personnage voulant aller seule dans l’État du Nord-Ouest. Il sera certes âgé d’une vingtaine d’années seulement, mais cela ne l’empêchera pas de partager sa liberté à son prochain, même avec une plus grande expérience de la vie. Il va répondre, l’air amusé, à ces personnages qui se questionnent sur le pourquoi des motivations du jeune homme fuyant le mensonge pour atteindre la vérité.
Ce voyage nous permettra de nous identifier au recul pris par McCandless. Une prise de conscience nécessaire pour que nous puissions nous rendre compte du système qui nous cloisonne.

ODE À LA NATURE
Into the Wild est, comme l’illustrent ses premiers mots avant ses premières images, un poème dédié à la nature. Une déclaration d’amour littéraire venant de Christopher, qui devient désormais vivant et heureux grâce à son attraction aux vastes paysages, malgré les difficultés qu’il va subir, dans ce milieu qui reste néanmoins hostile pour l’Homme.
La littérature sera un art prédominant dans Into the Wild, que ce soit par l’adaptation de son support d’origine, par la structure chapitrée du film, ou par les influences de McCandless faisant référence à des écrivains de renom. Un métrage qui va donc appuyer sur un aspect de la littérature : la poésie par sa voix off contée par sa sœur entre souffrance et compréhension. Entendre sa sœur pendant que ce dernier se marginalise, permet de nous rattacher à la réalité que McCandless a décidé de fuir pour en vivre une qui lui correspond parfaitement.
Les paysages seront grandioses, réels. L’équipe a même tourné tout le long de l’année afin d’avoir l’atmosphère de chaque saison de l’Alaska. Un investissement de l’équipe technique qui sera accompagné par la performance d’Emile Hirsch mettant son corps à rude épreuve, en faisant lui-même ses cascades tout en perdant 20 kg lors du tournage.
–Spoilers–
Into the Wild est un symbole de liberté face aux vies conformées d’un système néfaste. Loin des aventures extravagantes hollywoodiennes, Christopher McCandless entreprend donc un voyage philosophique, se concluant vers une fin funeste, injuste, mais ponctuée par un sourire rempli de bonheur.




Laisser un commentaire